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Italie: Giorgia Meloni tente de rebondir avec une réforme électorale
information fournie par AFP 31/03/2026 à 09:13

La Première ministre italienne Giorgia Meloni salue ses partisans à la fin d'une meeting en faveur du "Oui" au référendum sur la justice, le 12 mars 2026 à Milan ( AFP / Stefano RELLANDINI )

La Première ministre italienne Giorgia Meloni salue ses partisans à la fin d'une meeting en faveur du "Oui" au référendum sur la justice, le 12 mars 2026 à Milan ( AFP / Stefano RELLANDINI )

Bousculée par sa défaite lors d'un référendum sur la justice mi-mars, la Première ministre italienne Giorgia Meloni cherche à se relancer avec une nouvelle réforme présentée au Parlement mardi.

Elle veut tourner la page en changeant le mode de scrutin, qui pourrait accroître ses chances de rester au pouvoir à l'issue des législatives de 2027.

La coalition gouvernementale dispose toujours d'une confortable majorité au parlement, mais le premier véritable revers enregistré depuis son arrivée au pouvoir en 2022 a sapé l'autorité de Giorgia Meloni et déstabilisé ses alliés.

"Meloni est en difficulté et montre d'indéniables signes de faiblesse", analyse pour l’AFP Giovanni Orsina, politologue à l'université Luiss de Rome.

Les démissions de deux ministres n’ont pas suffi à enrayer les spéculations sur l’avenir du gouvernement. Certains commentateurs estiment que Giorgia Meloni pourrait même être contrainte de provoquer des élections anticipées, même si elle a répété qu’elle irait jusqu'au bout de son mandat.

Si elle démissionnait une fois la loi électorale adoptée, elle pourrait déclencher un scrutin en octobre et profiter d’une gauche divisée.

Le vice-Premier ministre Matteo Salvini, chef de la Ligue d’extrême droite membre de sa coalition, a promis lundi que le gouvernement "irait au terme de la législature sans aucun doute ni hésitation", même s’il est lui-même affaibli par une scission au sein de son parti.

Forza Italia, le parti de centre droit du vice-Premier ministre Antonio Tajani, moteur du référendum, est lui aussi sous pression.

Sollicités, les services de la cheffe du gouvernement ont refusé tout commentaire.

- Effet boomerang? -

Une démission de la Première ministre reste "hautement improbable", juge cependant Giovanni Orsina, mais l’enjeu est désormais d’enrayer "l’effet boule de neige" déclenché par la défaite au référendum.

Manifestation contre le gouvernement de la Première ministre italienne Giorgia Meloni et deson  référendum sur la justice, le 14 mars 2026 à Rome ( AFP / Filippo MONTEFORTE )

Manifestation contre le gouvernement de la Première ministre italienne Giorgia Meloni et deson référendum sur la justice, le 14 mars 2026 à Rome ( AFP / Filippo MONTEFORTE )

La présidente du conseil a besoin d’un nouveau projet pour remobiliser son camp. Mais son parti Fratelli d’Italia (extrême droite) est divisé sur l’opportunité de pousser la réforme électorale, écrivait lundi le commentateur Ilario Lombardo dans le quotidien La Stampa.

"D’un côté, ils voient (dans la réforme) le seul moyen d’éviter un déclin potentiellement irréversible", écrit-il. "De l'autre, ils craignent qu'insister sur la loi électorale ne sonne faux dans un moment d’incertitude mondiale, avec la guerre, les prix de l'énergie qui s’envolent, la crise du coût de la vie et un allié à Washington sur lequel on ne peut pas compter".

Et même si les partis de la coalition gouvernementale restent en tête dans les sondages, le nouveau mode de scrutin pourrait se transformer en boomerang électoral.

Le système actuel attribue des sièges au scrutin majoritaire uninominal à un tour mais aussi à la proportionnelle, à la Chambre des députés comme au Sénat.

La réforme ferait passer l’Italie à un système entièrement proportionnel, avec un bonus de sièges dans les deux chambres pour la coalition qui obtiendrait plus de 40% des voix.

Une simulation réalisée en février par l’institut de sondage YouTrend a montré que, dans le cadre du système actuel, ni le centre droit ni le centre gauche n’obtiendraient de majorité parlementaire lors des élections de 2027.

- "Lourde charge" -

Avec le nouveau système, le centre droit remporterait probablement les sièges bonus.

Mais une simulation publiée lundi par le sondeur Nando Pagnoncelli a montré que le centre-gauche pourrait aussi récupérer ces sièges bonus si le bloc de droite venait à perdre le soutien du tout nouveau parti dissident d’extrême droite Futuro Nazionale.

La gauche ne fait pas front commun sur les grands dossiers et manque d’un candidat d'union à la tête du gouvernement, mais elle a été revigorée par sa victoire au référendum.

Salvatore Vassallo, professeur de Sciences politiques à l’université de Bologne, estime que le principal problème de Giorgia Meloni est sa proximité avec le président américain Donald Trump, considérée aussi par les sondeurs comme un handicap grandissant.

Cette relation "risque de devenir un lourd handicap, à la fois en raison de l’embarras suscité par les choix et les méthodes de Trump, et en raison de leur impact potentiellement dévastateur sur l’économie italienne", dit-il à l’AFP.

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