Combinaison d'images créée le 28 octobre 2026 avec à gauche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Jerusalem le 27 octobre 2026 et à droite le leader du parti Yashar, Gadi Eisenkot, à Tel Aviv le 28 octobre 2026 ( POOL / Jewel SAMAD )
Le président israélien a appelé mercredi les partis politiques à "tout faire" pour former une coalition gouvernementale et éviter un retour aux urnes, aucune majorité ne se dessinant pour l'heure après les élections législatives marquées par une percée spectaculaire des partis arabes.
Avec 85% des bulletins comptabilisés, le Likoud (droite) de M. Netanyahu et ses alliés ont une courte avance sur le bloc principal de l'opposition emmené par le centriste Gadi Eisenkot, avec un nombre de sièges estimé à 54 contre 49 pour le camp adverse. Soit loin des 61 nécessaires pour obtenir une majorité au Parlement.
Les résultats définitifs sont attendus d'ici vendredi matin. Puis le président Isaac Herzog , au rôle habituellement largement honorifique, recevra les chefs des différents partis avant de désigner l'un d'eux pour tenter de former un gouvernement.
En cas d'échec, un nouveau scrutin serait "inévitable", a averti le chef d'Etat qui veut, au vu de la participation massive des électeurs, éviter ce scénario récurrent dans l'histoire d'Israël.
Cible préférée de Benjamin Netanyahu pendant la campagne, les partis arabes - Raam (Liste arabe unie, islamiste modéré) et la Liste unifiée (extrême gauche) -, s'imposent de plus en plus comme potentiels faiseurs de rois. Ils semblent en passe de rafler 17 sièges, un record.
"Beaucoup de suspicion et de peur"
Yousef Jabareen, à Nazareth le 27 octobre 2026, en Israël ( AFP / Ahmad GHARABLI )
Le chef de la Liste unifiée, Youssef Jabareen, a appelé à conclure un "véritable partenariat judéo-arabe" pour faire tomber M. Netanyahu, 77 ans dont 19 à la tête du gouvernement, une longévité inégalée en Israël.
Comme le dirigeant de Raam, il s'est dit ouvert à une alliance avec M. Eisenkot pour former une majorité - une idée que le centriste avait juré ne pas envisager pendant la campagne.
Car un tel partenariat est loin d'être évident dans un pays où la minorité arabe, près de 20% de la population, est fortement discriminée et où l'idée de travailler avec ses représentants est inacceptable pour une partie de la population juive.
"La participation arabe a augmenté de façon vraiment spectaculaire, au point de transformer le paysage" politique, analyse Gideon Rahat, politologue à l'Université hébraïque de Jérusalem.
Mais le 7-Octobre a généré "beaucoup de suspicion et de peur" au sein de la majorité juive envers la minorité arabe, dit-il à l'AFP.
Le chef de la gauche - aujourd'hui largement minoritaire en Israël - Yaïr Golan, membre du bloc emmené par Gadi Eisenkot, a été le seul à ce stade à appeler de ses vœux une telle alliance.
"Nous ne devons plus accepter la division raciste de Netanyahu entre les voix juives et les voix arabes", a-t-il écrit mercredi sur X. "Nous avons une responsabilité. Et nous avons l'opportunité de former un gouvernement de changement en partenariat avec les citoyens arabes d'Israël".
Menaces sur l'Iran
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu salue ses partisans lors de la soirée électorale, après l'annonce des premiers sondages de sortie des urnes, le 28 octobre 2026 à Jérusalem ( AFP / Jalaa MAREY )
L'issue du scrutin est observée au-delà des frontières d'Israël, pays qui fait face à des critiques croissantes sur la conduite de sa guerre dévastatrice à Gaza et l'explosion de violences en Cisjordanie occupée.
Elle pourrait aussi avoir un impact sur la suite du conflit au Moyen-Orient, Benjamin Netanyahu ayant multiplié les menaces d'une nouvelle campagne militaire contre l'Iran ces derniers jours.
Pour l'heure, et malgré une mobilisation au plus haut depuis plus d'un quart de siècle lors de ce premier scrutin depuis le 7-Octobre, les résultats dessinent surtout un paysage fracturé, et laissent augurer d'intenses tractations dans les semaines à venir.
Sarah Confino, une retraitée de 78 ans habitant à Tel-Aviv, se dit "très déçue", car elle espérait "une victoire décisive de Gadi Eisenkot".
Un peu plus loin, Ben Tzion Vayolid, employé dans la métallurgie et partisan du gouvernement sortant qui selon lui "se préoccupe vraiment du peuple d'Israël", qualifie de "très positifs" les résultats initiaux.
Si l'absence de majorité se confirme une fois les résultats définitifs connus et si la paralysie s'installe, la situation profiterait dans l'immédiat à M. Netanyahu : il restera Premier ministre par intérim jusqu'à la formation du prochain gouvernement.
A l'issue du précédent scrutin en 2022, il lui avait fallu 58 jours pour bâtir une coalition.

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