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Israël : le camp de Netanyahu cible les partis arabes après leur score historique
information fournie par AFP 29/10/2026 à 18:50

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'adresse à ses partisans lors d'une soirée électorale après l'annonce des premiers sondages à la sortie des urnes, le 28 octobre 2026 à Jérusalem ( AFP / Jewel SAMAD )

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'adresse à ses partisans lors d'une soirée électorale après l'annonce des premiers sondages à la sortie des urnes, le 28 octobre 2026 à Jérusalem ( AFP / Jewel SAMAD )

Le camp de Benjamin Netanyahu a accentué ses attaques jeudi contre les partis arabes israéliens, en mesure d'aider l'opposition à obtenir la majorité à l'issue des élections législatives, les accusant d'avoir reçu des fonds du Qatar.

Les mis en cause ont rejeté ces allégations qui n'ont pas été étayées à ce stade, tout comme Doha.

Après le dépouillement de plus de 99% des voix, le camp de M. Netanyahu devance le bloc principal de l'opposition emmené par le centriste Gadi Eisenkot, mais perd la majorité absolue à la Knesset. Les deux listes arabes, Raam et la Liste unifiée, obtiennent le score le plus élevé de leur histoire qui les positionne en faiseurs de roi.

Les accusations visant les partis arabes font planer l'incertitude sur l'issue des élections, M. Eisenkot accusant M. Netanyahu de mener "une campagne coordonnée et organisée visant à délégitimer les résultats" et repousser la prise de fonction du prochain Parlement.

Ces tensions menacent de plonger Israël dans une crise politique en plein conflit au Moyen-Orient, dans le cadre duquel M. Netanyahu menace de relancer une campagne militaire contre l'Iran.

Accusations "ridicules"

Le président, Isaac Herzog, a appelé à enquêter sur les "éléments de soupçon", tout en évitant de "jeter le discrédit sur toute une communauté" arabe qui a massivement voté pour faire barrage au gouvernement le plus à droite de l'histoire du pays.

Le service de renseignement intérieur (Shin Bet) a affirmé que l'enquête était en cours, tout en soulignant que celle-ci ne visait pas à "incriminer toute une communauté qui a voté de manière démocratique et légale".

Le dirigeant du Raam, Mansour Abbas, a balayé les accusations du camp Netanyahu: "vous ne trouverez rien, car il n'y a rien", a-t-il réagi.

Mercredi soir, le chef de la Commission électorale, Noam Sohlberg, avait demandé au Shin Bet d'enquêter sur les accusations de financements étrangers dans la campagne émanant notamment du Likoud, le parti de M. Netanyahu. Des figures de la coalition sortante ont désigné le Qatar.

M. Sohlberg n'a lui pas précisé quels partis étaient soupçonnés, sur quels éléments il s'appuyait, ni mentionné les éventuels pays étrangers concernés.

Le Qatar a rejeté toute ingérence dans les élections, dénonçant des accusations "aussi ridicules que dangereuses".

"Islamiser Israël"

"On a volé les élections en Israël !", a lancé le Likoud, dans un communiqué republié sur X par le Premier ministre. Ce dernier n'a cessé de cibler les partis arabes pendant la campagne, les présentant comme une menace pour la survie d'Israël.

Son parti voit l'affaire comme un "attentat contre la démocratie" visant à "islamiser Israël et faire chuter le gouvernement de droite afin de provoquer un retrait et une défaite de Tsahal (l'armée israélienne) sur tous les fronts, en premier lieu l'Iran".

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, pilier d'extrême droite du gouvernement sortant, a appelé à arrêter sans délai les chefs des partis arabes "soupçonnés d'avoir reçu de l'argent du Qatar".

L'émirat du Golfe est souvent utilisé comme repoussoir par la classe politique israélienne, et l'opposition a d'ailleurs fait campagne en accusant M. Netanyahu et son entourage de liens avec cet État, soutien financier clé du Hamas et hôte de la direction politique du mouvement islamiste palestinien pendant des années.

"Campagne nauséabonde"

Le jour même du scrutin, M. Netanyahu avait accusé le Raam de tenter de "voler les élections" après l'arrestation de trois hommes munis d'enveloppes remplies d'argent à proximité d'un bureau de vote. Les autorités électorales avaient écarté toute idée de fraude massive.

Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, s’adresse à ses partisans lors de la soirée électorale, après l’annonce des premiers sondages de sortie des urnes, le 28 octobre 2026 à Tel-Aviv ( AFP / Jack GUEZ )

Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, s’adresse à ses partisans lors de la soirée électorale, après l’annonce des premiers sondages de sortie des urnes, le 28 octobre 2026 à Tel-Aviv ( AFP / Jack GUEZ )

Dans son communiqué jeudi, le Likoud estime qu'il est désormais "clair qu'aucun parti sioniste ne peut être autorisé à coopérer avec Raam ou la Liste unifiée", car cela mettrait "Israël en danger".

Alors que le dépouillement touche à sa fin, la coalition de M. Netanyahu fait la course en tête avec 53 sièges projetés devant 48 députés pour M. Eisenkot et ses alliés, sans qu'aucun des deux camps ne puisse atteindre la majorité à la Knesset qui compte 120 sièges.

Avec 19 élus, les partis arabes sont donc en mesure de faire pencher la balance en faveur de l'opposition, qui s'est jusque-là montrée réticente à envisager ouvertement une telle alliance.

5 commentaires

  • 15:57

    Un clone de Trump ou l'inverse .Après avoir massacré les Palestiniens le voilà à l'assaut des partis arabe


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