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Iran-Des inspections des sites nucléaires auront bien lieu, selon l'AIEA
information fournie par Reuters 24/06/2026 à 13:29

(Actualisé avec vice-ministre iranien des Affaires étrangères §7-8)

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) procédera bien à des inspections en Iran mais leurs modalités doivent encore être finalisées, a déclaré mercredi le directeur général de l'organe onusien, Rafael Grossi, à la suite du protocole d'accord conclu entre Washington et Téhéran.

Ce protocole en 14 points conclu le 17 juin par les deux parties, qui définit les grands principes d'un accord pour mettre fin à la guerre, a ouvert la voie à 60 jours de négociations censées régler les sujets les plus litigieux, notamment le programme nucléaire iranien.

"Les inspections auront bien lieu", a déclaré Rafael Grossi lors d'une conférence de presse au Japon, dont l'AIEA a diffusé un enregistrement audio.

"Nous allons très bientôt travailler sur les modalités - les dates, les procédures, les lieux", a-t-il ajouté à propos des discussions avec Téhéran.

"Le paragraphe 8 du protocole d'accord indique explicitement que les activités nucléaires qui seront menées en lien avec des matières et installations nucléaires seront supervisées par l'AIEA, en toutes lettres", a précisé Rafael Grossi.

"Évidemment, pour cela, nous devrons procéder à des inspections. Que ce soit après-demain, dans une semaine ou dans dix jours, c'est important mais pas essentiel. Cela aura donc lieu. Bien sûr, à condition que (l'Iran) veuille respecter l'accord. S'ils ne le souhaitent pas, c'est une autre affaire."

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré mercredi qu'il n'était pas prévu pour l'instant que Téhéran accorde un accès à ses sites ayant subi des attaques ni à ses matières nucléaires, ajoutant que ces sujets ne seraient traités que dans le cadre d'un accord final avec Washington et après des " mesures concrètes " de levée des sanctions américaines.

" Le bruit médiatique ne peut pas servir à imposer des faits sur le terrain", a-t-il écrit sur X.

L'URANIUM ENRICHI, UN ENJEU MAJEUR

Les Etats-Unis et l'Iran ont bouclé lundi un premier cycle de négociations en Suisse que les deux pays ont qualifiées de globalement positives.

Téhéran a toutefois contredit Donald Trump, lequel avait affirmé que la République islamique avait "pleinement et totalement accepté des inspections nucléaires au plus haut niveau" pour une durée indéfinie, en déclarant que le sujet n'avait pas été abordé lors des pourparlers et qu'il n'avait pas accepté le retour des inspecteurs de l'AIEA.

Téhéran n'a pas permis aux équipes de l'AIEA d'inspecter ses sites nucléaires les plus sensibles depuis que les États-Unis et Israël les ont bombardés en juin 2025.

L'AIEA a procédé à des inspections d'autres sites, mais celles-ci ont été suspendues après les attaques américano-israéliennes contre l'Iran déclenchées le 28 février.

L'un des enjeux majeurs concerne le sort de l'uranium hautement enrichi de l'Iran, y compris jusqu'à 60%, un niveau qui s'approche des quelque 90% nécessaires pour un usage militaire.

Téhéran n'a pas communiqué à l'AIEA la quantité d'uranium enrichi qu'il détient encore, ni son emplacement.

L'agence estime que l'Iran possédait 440,9 kg d'uranium enrichi jusqu'à 60% avant la première attaque israélienne lancée le 13 juin 2025. Une poursuite de l'enrichissement suffirait à produire de quoi fabriquer 10 armes nucléaires, selon les données fournies par l'AIEA.

Rafael Grossi a indiqué que, selon l'agence, l'Iran stocke plus de 200 kg de ce type de matériau dans un complexe de tunnels à Ispahan, dans le centre du pays, qui a été attaqué mais semble ne pas avoir subi de dégâts importants.

(Rédigé par François Murphy, version française Benjamin Mallet, édité par Sophie Louet)

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