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Guerre au Moyen-Orient : coup de chaud sur les dettes des grandes économies mondiales
information fournie par Boursorama avec Media Services 20/05/2026 à 17:22

Affaiblissement du Premier ministre Keir Starmer au Royaume-Uni, élections "midterms" qui s'approchent aux Etats-Unis, présidentielle à haut risque en France en 2027... La guerre n'est pas le seul facteur d'incertitude.

( AFP / FRED TANNEAU )

( AFP / FRED TANNEAU )

Les grandes économies mondiales font face à une flambée du coût de la dette publique provoquée par un conflit au Moyen-Orient qui s'enlise, compliquant les équations budgétaires déjà critique pour de nombreux Etats.

Hausse du pétrole, inflation qui s'installe, banques centrales sous pression ... "La situation actuelle fait souffler une 'tempête parfaite' sur le marché des dettes publiques", résume Vincent Juvyns, analyste pour ING, interrogé par l' AFP .

Les taux d'intérêt à des sommets

"Alors que les Bourses restent résilientes malgré les fortes incertitudes", le marché de la dette "prend la juste mesure de la situation", explique à l' AFP Antoine Andreani, analyste pour XTB. Les taux d'intérêt des dettes d'Etat grimpent depuis mars et le début de la guerre au Moyen-Orient, car ils intègrent la poussée de l'inflation engendrée par la hausse des prix du pétrole.

Depuis vendredi, de nouveaux caps ont été franchi. Aux Etats-Unis, le coût de la dette à échéance 30 ans a atteint mardi son plus haut niveau depuis 2007 , et celui à 10 ans s'est envolé à un sommet depuis plus d'un an. Les dettes japonaises et britanniques à 30 ans ont atteint des records depuis respectivement 1999 et 1998.

A échéance 10 ans, l'obligation allemande, référence en Europe, évolue à des niveaux pas vus depuis 2011.

"L'élément déclencheur a été la publication de plusieurs indicateurs des prix, qui ont montré que l'inflation s'installe dans l'économie mondiale ", explique Vincent Juvyns. Pour compenser, les investisseurs demandent davantage de taux d'intérêt à leurs débiteurs.

Les Etats sur le grill

Affaiblissement du Premier ministre Keir Starmer au Royaume-Uni, élections "midterms" qui s'approchent aux Etats-Unis, présidentielle à haut risque en France en 2027... cette hausse des taux porte aussi la marque des incertitudes grandissantes des marchés au sujet des Etats.

Il y a une "défiance croissante envers leur capacité à réduire leurs déficits" , si bien qu'on "observe maintenant des entreprises qui empruntent moins cher que des pays" explique à l' AFP Kevin Thozet, analyste de marché pour Carmignac.

Et avec la crise au Moyen-Orient qui se prolonge, " on s'attend à ce que les gouvernements dépensent plus pour soutenir leurs ménages et leurs entreprises", explique à l' AFP Valentine Ainouz, responsable des taux à l’Amundi Investment Institute. Or, "la stagnation économique qui se profile en raison des conséquences de la guerre va dans le même temps réduire les rentrées fiscales", explique-t-elle. Les investisseurs considèrent donc qu'il y a "plus de risque à prêter aux Etats".

Les banques centrales sous pression

L'équation budgétaire est d'autant plus tendue que l'inflation devrait pousser les banques centrales "à monter leurs taux directeurs" , sur lesquels se basent l'ensemble des taux d'intérêt des économies, explique Vincent Juvyns.

Si la Banque centrale européenne ou la Réserve fédérale américaine n'ont pour le moment pas changé leur politique, la prolongation de la guerre fait que de "toute façon, l'inflation va s'installer ces prochains mois, même si demain un accord est trouvé", ajoute-t-il.

A court terme, cela "ne change pas grand-chose" pour les pays, car ces hausses touchent la dette circulant sur le marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise, explique à l' AFP Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN Amro. Mais "quand les États vont émettre des nouvelles obligations, cela va renchérir le coût de la dette qui est déjà relativement élevé", ajoute-t-il.

Quelles conséquences ?

Le ratio de la dette des Etats rapportée au produit intérieur brut risque donc de s'envoler. Dans les budgets, le poste consacré au remboursement de la dette pourrait devenir de plus en plus important - il est déjà l'équivalent de celui de l'éducation en France.

Cette situation pourrait pousser les gouvernements à déployer des politiques de rigueur en augmentant les impôts et coupant les dépenses.

Cela pèserait sur la croissance et "pourrait aussi potentiellement fragiliser certaines institutions financières, dont les banques dont le bilan repose en grande partie sur des dettes publiques" avec à la clé un risque d'instabilité sur le système bancaire, explique Christophe Boucher.

En Europe, la France est considérée comme à risque : "C'est l'un des seuls pays européens à ne pas avoir remis sur un sentier soutenable ses dépenses publiques, ses déficits", souligne-t-il.

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