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Groenland : les pays européens menacés par Trump affichent leur unité
information fournie par AFP 18/01/2026 à 16:25

Le président américain Donald Trump, le 16 janvier 2026 à Palm Beach, en Floride  ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )

Le président américain Donald Trump, le 16 janvier 2026 à Palm Beach, en Floride ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )

Les huit pays européens menacés de surtaxes douanières par Donald Trump, en raison de leur opposition à ses velléités de s'emparer du Groenland, ont répliqué dimanche en assurant qu'ils resteraient "unis", avant une réunion des ambassadeurs de l'Union européenne (UE) à Bruxelles.

Cette réunion d'urgence des Vingt-Sept, prévue dimanche en fin d'après-midi, vise à trouver une position commune alors que tous les pays de l'UE ne sont pas visés par le président américain, notamment l'Italie.

"Les menaces douanières sapent les relations transatlantiques et risquent de conduire à un dangereux engrenage. Nous continuerons à rester unis et coordonnés dans notre réponse. Nous sommes déterminés à défendre notre souveraineté", ont déclaré le Danemark, la Finlande, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni.

La veille, M. Trump avait haussé le ton à la suite de l'envoi de militaires européens sur l'île, territoire autonome danois, dans le cadre de manœuvres danoises.

Ces huit pays "se sont rendus au Groenland dans un but inconnu" et, en "se livrant à ce jeu très dangereux, ont pris un risque inacceptable", a-t-il dit.

Il a menacé de leur imposer de nouveaux droits de douane jusqu'à ce qu'"un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland". Une surtaxe de 10% à partir du 1er février, qui pourrait monter à 25% au 1er juin.

Manifestation pour dénoncer les ambitions territoriales de Donald Trump qui continue d'afficher son intention de s'emparer du Groenland, le 17 janvier 2026 à Nuuk ( AFP / Alessandro RAMPAZZO )

Manifestation pour dénoncer les ambitions territoriales de Donald Trump qui continue d'afficher son intention de s'emparer du Groenland, le 17 janvier 2026 à Nuuk ( AFP / Alessandro RAMPAZZO )

"En tant que membres de l'Otan, nous sommes déterminés à renforcer la sécurité arctique, un intérêt transatlantique commun", ont assuré les huit pays européens dimanche dans leur communiqué commun.

"L'exercice danois pré-coordonné 'Arctic Endurance', mené avec nos Alliés, répond à cette nécessité. Il ne représente aucune menace pour quiconque", ont-ils souligné.

- Une "erreur" -

"Nous exprimons notre pleine solidarité avec le Royaume du Danemark et le peuple du Groenland. Forts du processus entamé la semaine dernière, nous sommes prêts à engager un dialogue fondé sur les principes de souveraineté et d'intégrité territoriale que nous défendons fermement", ont-ils ajouté.

Manifestation pour dénoncer les ambitions territoriales de Donald Trump qui continue d'afficher son intention de s'emparer du Groenland, le 17 janvier 2026 à Nuuk ( AFP / Alessandro RAMPAZZO )

Manifestation pour dénoncer les ambitions territoriales de Donald Trump qui continue d'afficher son intention de s'emparer du Groenland, le 17 janvier 2026 à Nuuk ( AFP / Alessandro RAMPAZZO )

Avant cela, le président français Emmanuel Macron et la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni étaient, chacun de leur côté, montés au créneau.

M. Macron a fait savoir qu'il comptait demander "l'activation de l'instrument anti-coercition" de l'UE en cas de nouveaux droits de douane américains.

Cet outil, dont la mise en œuvre requiert la majorité qualifiée des pays de l'UE, permet, entre autres, le gel de l'accès aux marchés publics européens ou le blocage de certains investissements.

Mme Meloni, en déplacement à Séoul, a elle affirmé avoir parlé à M. Trump pour lui notifier l'"erreur" que constituaient selon elle ces menaces de surtaxes.

Carte de l'Arctique montrant les bases militaires et les installations de l'Otan et de la Russie, ainsi que les routes commerciales maritimes ( AFP / Jonathan WALTER )

Carte de l'Arctique montrant les bases militaires et les installations de l'Otan et de la Russie, ainsi que les routes commerciales maritimes ( AFP / Jonathan WALTER )

Son homologue norvégien Jonas Gahr Støre, interrogé sur la possibilité de contre-mesures, a affirmé qu'il n'en envisageait pas "pour le moment".

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères David van Weel a lui qualifiées les menaces américaines d'"inappropriées", parlant de "chantage".

- Réunion d'urgence -

Pour son homologue irlandaise Helen McEntee, elle sont "profondément regrettables". Et pour la ministre britannique de la Culture Lisa Nandy, "une erreur (...) inutile et contre‑productive".

Depuis son retour au pouvoir il y a un an, M. Trump parle régulièrement de prendre le contrôle de l'immense île située entre l'Amérique du nord et l'Europe, invoquant des raisons de sécurité nationale face aux avancées russes et chinoises en Arctique.

En parallèle, le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, a entamé dimanche une visite diplomatique qui doit le mener en Norvège, au Royaume-Uni et en Suède, pour discuter du renforcement du rôle de l'Otan dans la sécurité de la région arctique.

Depuis un an, M. Trump emploie l'arme douanière tous azimuts dans les relations internationales, y compris avec les partenaires traditionnels de Washington.

Mais il a franchi là un pas inédit : les États-Unis, piliers de l'Otan, menacent leurs alliés de sanctions pour s'emparer d'un territoire rattaché à l'un de leurs partenaires, le Danemark, pays souverain et démocratique.

Le ministre danois des Affaires étrangères Lars Lokke Rasmussen, le 14 janvier 2026 à Washington ( AFP / Oliver Contreras )

Le ministre danois des Affaires étrangères Lars Lokke Rasmussen, le 14 janvier 2026 à Washington ( AFP / Oliver Contreras )

Samedi, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés, notamment à Copenhague et à Nuuk, la capitale du Groenland, pour dénoncer ces ambitions territoriales en scandant "le Groenland n'est pas à vendre".

Selon le dernier sondage publié en janvier 2025, 85% des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux États-Unis. Seuls 6% y sont favorables.

6 commentaires

  • 17:53

    Les marchés vont effectivement tanguer. Les CHF va reprendre son rôle de valeur refuge. L'USD, difficile de le considérer à présent dans cette catégorie, mais offre une liquidité en cas de panique. L'EUR va certainement être percuté à cours terme mais l'unité (obligée) européenne face au conflit va rafermir l'EUR à moyen terme. A suivre l'Or, qui comme a chaque son du canon, prend toujours la première médaille des performances.


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