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Grèves, coûts, mauvaise qualité... La Cour des comptes dresse un portrait très sévère du contrôle aérien français
information fournie par Boursorama avec Media Services 06/07/2026 à 08:56

La France fait partie des "moins bons opérateurs de navigation aérienne d'Europe", selon les magistrats.

( AFP / THIBAUD MORITZ )

( AFP / THIBAUD MORITZ )

Miné par les grèves, un travail rigide et de mauvaise qualité, gestion déficiente... La Cour des comptes a sévèrement étrillé le contrôle aérien français dans un rapport publié dimanche 5 juillet. Le rapport des magistrats est le deuxième en deux semaines à faire ce constat, après un autre le 23 juin de la commission des Finances du Sénat, tout aussi critique.

Le contrôle aérien est une compétence étatique de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), confiée à sa Direction des services de la navigation aérienne (DSNA). Il est entièrement financé par des redevances que paient les compagnies aériennes. Ces compagnies ne cessent de s'agacer de la piètre qualité du service, avec des contrôleurs qui parfois ne répondent pas, et des instructions aux pilotes loin d'optimiser le parcours des avions qui survolent la France ou y décollent et atterrissent.

"Les retards et les annulations des vols commerciaux sont en hausse, classant la France parmi les moins bons opérateurs de navigation aérienne d'Europe", a constaté la Cour des comptes.

L'un des problèmes traditionnels est la "conflictualité", à savoir un nombre élevé de jours de grève. "En 2025, son niveau a été supérieur à la moyenne de ces dernières années malgré la mise en œuvre d'un nouveau protocole social en mai 2024", déplore la Cour. Une grève de deux jours en juillet 2024, menée par 250 fonctionnaires, avait ainsi perturbé le voyage d'un million de passagers en Europe.

"Sortir le contrôle aérien du périmètre de l'État" ?

Or "ce protocole est coûteux parce qu'il prévoit des hausses significatives de salaires", de 16% sur la période 2023-2027. Par ailleurs, il "a le défaut d'accorder des augmentations sans tenir compte des performances opérationnelles individuelles et collectives", remarquent les magistrats.

Ils soulignent aussi "une organisation du travail rigide" et "une gestion des effectifs et des carrières déficiente" qui risque de provoquer de graves problèmes de recrutement. La DGAC doit voir partir à la retraite 30% de ses effectifs dans les dix ans à venir.

La Cour des comptes souhaite un débat en vue de sortir le contrôle aérien du périmètre de l'État, à l'instar de ce qui s'est fait "dans d'autres secteurs comme les télécommunications, la Poste ou des entités de production de matériels militaires".

"Cette transformation de la DSNA, voire de l'ensemble de la DGAC, dans une structure juridique autonome comme un établissement public mériterait d'être mise à l'étude de façon approfondie", selon l'institution.

7 commentaires

  • 09:49

    Et ce rapport ne va absolument rien changer...


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