Emmanuel Grégoire (c), député du parti Socialistes et Apparentes et candidat à la mairie de Paris, se rend à l'Hôtel de Ville de Paris en Vélib après sa victoire au 2e tour des municipales, le 22 mars 2026 à Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI, a remporté haut la main la mairie de Paris dimanche, battant d'au moins dix points sa rivale de droite Rachida Dati qui échoue une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche.
Selon trois estimations, le successeur d'Anne Hidalgo a remporté entre 53,1% et 50% des voix, devant la candidate de la droite et du centre qui recueille entre 37% et 40% des voix.
L'Insoumise Sophia Chikirou arrive en troisième position avec 8,9 à 12% des voix.
"Paris a décidé de rester fidèle à son histoire" s'est félicité Emmanuel Grégoire depuis La Rotonde, acclamé par les militants.
Le député PS et ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo voit dans son succès "une promesse exigeante" et "la victoire d'une certaine idée de Paris, un Paris vivant, un Paris progressiste, un Paris populaire, un Paris pour tous".
"Ce n'est pas la victoire d'un Paris contre un autre", a ajouté M. Grégoire, dont les sondages prédisaient une victoire sur le fil du rasoir.
Part des voix obtenues au 2nd tour des élections municipales 2026 à Paris (scrutin municipal), selon les sondages Ipsos BVA Cesi et Toluna Harris au 22 mars à 20h50 ( AFP / Nalini LEPETIT-CHELLA )
Il a dit vouloir "rassembler" et assuré que son "bureau sera toujours ouvert pour l'opposition", en saluant l'élection de son adversaire Rachida Dati qui, si elle a échoué à conquérir la mairie centrale, a été réélue à la tête du VIIe arrondissement dès le premier tour.
Après sa déclaration, le futur édile de la capitale, 48 ans, est parti à l'Hôtel de ville en Vélib. Depuis l'Hôtel de ville, Anne Hidalgo a salué devant des journalistes la "belle victoire" de son ancien dauphin.
- "Rejet fort de la droite", selon Chikirou -
Rachida Dati, déjà battue en 2020 par Anne Hidalgo, a reconnu qu'elle n'avait pas réussi à convaincre suffisamment que le changement était non seulement possible, mais surtout qu'il était nécessaire".
"Je veux aussi dire à l'équipe sortante qu'elle ne pourra pas ignorer les attentes de changement exprimées par plusieurs centaines de milliers de Parisiens", a ajouté la maire du VIIe arrondissement et ex-ministre de la Culture, déplorant des "attaques en-dessous de la ceinture" l'ayant visée pendant la campagne.
Devant le QG de Rachida Dati, c'est la douche froide pour les militants. "Je suis extrêmement déçue, j'y croyais fort, Paris méritait l'alternance", se désole Eva Sultan, 57 ans, cadre de banque et militante.
Rachida Dati, candidate Les Républicains (LR) à la mairie de Paris, s'adresse aux journalistes et à ses partisans après l'annonce de sa défaite au 2e tour des municipales, le 22 mars 2026 à Paris ( AFP / Ian LANGSDON )
"Je suis dévastée, j'ai envie de pleurer", dit Brigitte Mangel, la soixantaine.
Les militants LFI réunis près du QG de campagne de Sophia Chikirou ont explosé de joie à l'annonce de la victoire du député socialiste. La candidate insoumise a vu dans la victoire de son concurrent à gauche l'expression du "rejet fort de la droite" et s'est félicitée que des élus LFI entrent pour la première fois au Conseil de Paris et soient présents "dans neuf conseils d'arrondissement".
"Je suis très triste pour les Parisiens", a déclaré Sarah Knafo, l'ex-candidate d'extrême droite qui s'était désistée pour "faire battre la gauche", déplorant "un drame pour Paris".
La séquence d'entre-deux-tours a été mouvementée, marquée par des alliances et désistements qui ont placé une gauche divisée face à une droite unie.
A gauche, Sophia Chikirou a maintenu sa candidature après le refus de son concurrent socialiste de s'allier comme dans d'autres villes dont Lyon, Toulouse et Nantes.
A droite, le candidat Horizons et Renaissance Pierre-Yves Bournazel, qui avait récolté 11,34% des voix, a fusionné sa liste avec celle de Rachida Dati, sous la pression de sa famille politique. Mais en se retirant personnellement de la course, un geste perçu comme un désaveu vis-à-vis de l'ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy, avec lesquelles les relations étaient exécrables.
La tête de liste Reconquête Sarah Knafo, qui s'était hissée au second tour avec 10,4% des suffrages, s'est de son côté désistée après avoir proposé en vain une alliance à la maire du VIIe arrondissement.
Son retrait a poussé Emmanuel Grégoire à dire que son adversaire était "devenue la candidate de l'extrême droite", tandis que Jordan Bardella et Marine Le Pen appelaient à battre l'ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo.
Le député PS a accusé Emmanuel Macron d'être intervenu directement pour le retrait de la candidate zemmouriste en faveur de son ancienne ministre de la Culture.
Le candidat arrivé en tête au second tour de ce scrutin proportionnel de liste bénéficie d'un bonus de 25% des sièges, appelé "prime majoritaire", c'est-à-dire qu'il se voit attribuer d'office un quart des 163 sièges du Conseil de Paris.
Avant la réforme de la loi PLM (Paris-Lyon-Marseille) adoptée en août dernier, cette prime s'élevait à 50%.
A plus de 33,6% des voix, le candidat bénéficie d'une majorité absolue au Conseil de Paris, qui compte 163 conseillers.
L'élection du maire aura formellement lieu le dimanche 29 mars.

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