par Renee Maltezou
Le parti conservateur au pouvoir en Grèce, Nouvelle Démocratie, a appelé jeudi ses partisans à descendre dans la rue pour manifester après que la mère de l'une de ses candidates aux élections législatives est décédée des suites de graves brûlures provoquées par un attentat à la bombe incendiaire.
Mardi, avant l'aube, des assaillants ont placé des bonbonnes de gaz enflammées devant trois domiciles de personnalités du parti à Thessalonique, dans le nord du pays, provoquant des explosions.
Vagia Nestora, 72 ans, mère de la candidate de Nouvelle Démocratie Afroditi Nestora, est décédée après avoir été brûlée sur 80% de son corps, selon un communiqué de l'hôpital. La candidate a également été brûlée et trois autres personnes ont été blessées.
Ces attaques, les premières visant des responsables politiques grecs à avoir entraîné la mort d'une personne depuis plus de dix ans, n'ont pas été revendiquées dans l'immédiat.
La Grèce est depuis des décennies le théâtre de violences politiques, avec notamment des attentats à la bombe et des incendies criminels, mais les assassinats sont devenus rares depuis une vingtaine d'année à la suite de l'incarcération de dirigeants de groupes militants de gauche.
"Hier, nous avons été témoins d'une attaque meurtrière extrêmement coordonnée contre trois responsables de Nouvelle Démocratie à Thessalonique", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis.
"Cet acte terroriste est un acte lâche commis par des partisans extrémistes de la violence qui agissent sous le couvert d'une prétendue idéologie, contre trois personnes, simplement parce qu'elles ne partagent pas leur idéologie", a-t-il ajouté. "Le message que nous envoyons est clair : le terrorisme ne gagnera pas ! Personne n'aura peur."
Le parti Nouvelle Démocratie et sa branche jeunesse, l'ONNED, ont appelé à un rassemblement pour rendre hommage à la victime et protester contre de telles attaques, jeudi soir, devant l'hôpital où la femme est décédée.
"Nous n'avons pas peur de vous", a déclaré la formation dans un communiqué, ajoutant que ses membres étaient "unis contre le terrorisme".
Une unité antiterroriste s'est saisie de l'enquête.
Selon les déclarations d'une porte-parole de la police relayées par les médias grecs, des éléments de preuve indiquent que les attaques ont probablement été coordonnées et des vidéos ont été visionnées afin de confirmer qu'un même groupe a perpétré les trois attentats.
(Reportage Renée Maltezou, version française Benjamin Mallet, édité par Sophie Louet)

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