Le secteur des services en Grande-Bretagne, principal moteur de l'économie, s'est contracté ce mois-ci au rythme le plus rapide depuis près de trois ans et demi, selon une enquête publiée mardi, ce qui laisse présager un avenir difficile pour Andy Burnham, le probable prochain Premier ministre.
L'indice PMI des services dans l'enquête préliminaire de S&P Global/CIPS UK, s'est établi à 48,7 ce mois-ci, contre 49,3 en mai. Il s'agit du niveau le plus faible depuis janvier 2023 et il est en dessous de toutes les prévisions de l'enquête Reuters dont le consensus était à 50,1.
La barre des 50 sépare expansion et contraction de l'activité.
L'enquête montre également de fortes baisses de l'emploi et des nouvelles commandes, ces dernières ayant atteint leur niveau le plus bas depuis janvier 2021.
Publié au lendemain de l'annonce de la démission du Premier ministre Keir Starmer, l'indice PMI souligne la situation économique difficile à laquelle Andy Burnham, le populaire maire du Grand Manchester, sera confronté s'il prend la tête du Parti travailliste.
Une croissance en dents de scie, une inflation plus tenace que dans les autres grandes économies développées et des finances publiques sous tension sont autant de défis économiques qu'il devra relever.
Les données officielles publiées en début de mois ont montré que l'économie britannique s'est contractée de 0,1% en mai et S&P Global a indiqué qu'un résultat similaire était probable en juin, ce qui laisserait l'économie en situation de stagnation au deuxième trimestre après un bon démarrage en début d'année.
Seul un léger relâchement des pressions sur les coûts, qui se sont accélérées après le déclenchement de la guerre en Iran provoquant une flambée des cours de l'énergie, a constitué une lueur d'espoir dans les indices PMI de ce mois-ci.
Le prix du pétrole LCOc1 est tombé sous la barre des 80 dollars le baril, contre plus de 120 dollars au début du conflit, à la suite du mémorandum signé entre les Etats-Unis et l'Iran qui garantit le maintien de la circulation dans le détroit d'Ormuz. Il reste cependant supérieur d'environ 10 dollars le baril à son niveau d'avant le conflit.
S&P Global a par ailleurs souligné que les pressions générales sur les coûts restaient relativement élevées.
"Ces coûts plus élevés, combinés à des perspectives de croissance des entreprises modérées pour l'année à venir, ont entraîné une baisse continue de l'emploi à un rythme inquiétant", a déclaré Chris Williamson, chef économiste chez S&P Global Market Intelligence.
Il a ajouté que l'instabilité politique intérieure avait perturbé certaines entreprises et qu'une période de calme était nécessaire pour relancer la croissance économique.
L'indice PMI du secteur manufacturier a mis en évidence un ralentissement de la croissance dans les usines britanniques, tombant à un plus bas de trois mois, à 53,1 en juin, contre 53,9 en mai.
L'indice PMI composite, qui combine les données des services et du secteur manufacturier, est lui ressorti à 49,4 contre 49,7, son niveau le plus bas depuis avril 2025.
(Rédigé par Andy Bruce; version française Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)

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