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GB/Epstein-Sous pression, Keir Starmer exclut de démissionner
information fournie par Reuters 09/02/2026 à 17:02

(Actualisé avec précisions)

Le Premier ministre britannique Keir Starmer, fragilisé par les retombées politiques de l'affaire Jeffrey Epstein, a résisté lundi aux appels à la démission, exhortant ses équipes à rester unies alors que son directeur de la communication a démissionné à l'instar du chef de cabinet du 10 Downing Street.

Le directeur exécutif de la communication, Tim Allan, a expliqué dans un communiqué vouloir favoriser la constitution d'une nouvelle équipe pour soutenir le chef du gouvernement travailliste, mis sous pression après sa décision de nommer Peter Mandelson ambassadeur aux États-Unis alors que ses liens avec le pédocriminel américain Jeffrey Epstein étaient notoires.

Tim Allan, conseiller de Tony Blair de 1992 à 1998, avait été nommé responsable de la communication en septembre 2025.

Son départ intervient au lendemain de la démission de Morgan McSweeney, principal conseiller de Keir Starmer, qui a déclaré assumer la responsabilité d'avoir "conseillé" la nomination de Peter Mandelson en février 2015.

Keir Starmer s'est adressé lundi à ses équipes, les invitant à rester unies. "Nous devons prouver que la politique peut être une force pour le bien", leur a-t-il déclaré.

"Je crois que c'est possible. Je crois que c'est le cas. Nous avançons à partir d'ici. Nous avançons avec confiance alors que nous continuons à changer le pays."

A la question de savoir si le Premier ministre allait se retirer, son porte-parole avait répondu lundi matin par la négative à des journalistes. "Le Premier ministre (...) poursuit la tâche de porter le changement dans le pays", a-t-il dit.

Le Premier ministre britannique, qui affirme avoir été floué par les "mensonges" de Mandelson, a présenté jeudi dernier ses "excuses" aux victimes de Jeffrey Epstein mais son absence de discernement est vivement critiquée au sein même de son parti, le Labour, où les appels à sa démission se multiplient.

Anas Sarwar, le chef de file du Parti travailliste écossais, a ainsi exigé lundi son départ. "La distraction doit prendre fin et un changement de leadership est nécessaire à Downing Street", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

En réponse, un porte-parole de Downing Street a déclaré que Starmer disposait "d'un mandat clair de cinq ans de la part du peuple britannique pour conduire le changement, et c’est ce qu’il fera".

"UN SAC PLASTIQUE"

Keir Starmer a reçu le soutien de sa ministre des Finances, Rachel Reeves, et du vice-Premier ministre, David Lammy.

Les coûts d'emprunt du gouvernement britannique ont toutefois augmenté, reflétant les inquiétudes des investisseurs quant à l'orientation future de la politique budgétaire du gouvernement travailliste.

Après avoir décidé dimanche avec Morgan McSweeney que le moment était venu pour ce dernier de partir, Keir Starmer espérait reprendre la main sur le récit politique et tenter de recentrer l'action gouvernementale sur des priorités jusqu'ici éclipsées, notamment la lutte contre la crise du coût de la vie et la relance de l'économie britannique.

La cheffe de l'opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a accusé Keir Starmer d'être incapable de diriger les affaires du pays.

"Il est comme un sac plastique emporté par le vent. Nous avons besoin qu'il reprenne le contrôle et, s'il n'en est pas capable, quelqu'un d'autre au sein du Parti travailliste doit le faire, ou alors il faut organiser une élection", a-t-elle déclaré à Sky News.

Keir Starmer espérait que Tim Allan, nommé pour renforcer une équipe de Downing Street en difficulté, aiderait le gouvernement à mieux faire entendre sa voix dans les médias britanniques. Mais il a souvent été critiqué pour sa lenteur à prendre des décisions.

Le nouveau scandale concernant Peter Mandelson, limogé de son poste d'ambassadeur en septembre dernier, est survenu après la publication le mois dernier de dossiers du département américain de la Justice comprenant des courriels suggérant qu'il aurait transmis à Jeffrey Epstein des informations sur d'éventuelles ventes d'actifs britanniques et des modifications fiscales pendant la crise financière.

L'ancien ministre de Tony Blair et Gordon Brown, qui fait l'objet d'une enquête pour manquements présumés à la probité publique, n'a pas commenté publiquement les accusations de fuite de documents et de paiements indus, et n'a pas répondu aux demandes de commentaire.

Keir Starmer devait rencontrer ce lundi des députés travaillistes afin d'apaiser les rangs. Un élu travailliste a qualifié la décision de Morgan McSweeney de "politiquement sourde", estimant sous le sceau de l'anonymat qu'il aurait dû démissionner dès la révélation des nouvelles accusations la semaine dernière, plutôt que de prolonger la situation "pour voir s'il pouvait survivre".

(Reportage Sam Tabahriti, version française Sophie Louet et Nicolas Delame, édité par Benjamin Mallet, Kate Entringer et Sophie Louet)

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