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Gaza: un collaborateur de l'AFP et deux autres journalistes tués dans une frappe israélienne
information fournie par AFP 21/01/2026 à 17:36

Une ambulance transporte deux victimes vers l'hôpital Al-Shifa de Gaza City après une frappe israélienne le 21 janvier 2026 ( AFP / Omar AL-QATTAA )

Une ambulance transporte deux victimes vers l'hôpital Al-Shifa de Gaza City après une frappe israélienne le 21 janvier 2026 ( AFP / Omar AL-QATTAA )

Une frappe israélienne a tué mercredi un collaborateur régulier de l'AFP et deux autres journalistes palestiniens dans le centre de la bande de Gaza, l'armée israélienne indiquant avoir pris pour cible les opérateurs d'un drone jugé suspect.

La frappe a eu lieu dans le secteur d'al-Zahra et les corps des trois journalistes ont été "transférés à l'hôpital des Martyrs d'al-Aqsa, à Deir el-Balah", indique un communiqué de la Défense civile, organisation de premiers secours opérant sous le contrôle du mouvement islamiste palestinien Hamas.

La Défense civile a identifié les trois journalistes tués comme Anas Ghneim, Mohammed Salah Qashta et Abdoul Raouf Shaath. Ce dernier, journaliste reporter d'images indépendant âgé de 34 ans, collaborait régulièrement avec l'AFP depuis l'évacuation des journalistes employés par l'agence à Gaza début 2024.

Une trêve précaire est en vigueur depuis le 10 octobre à Gaza entre Israël et le Hamas, que les deux camps s'accusent mutuellement de violer.

Selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas à Gaza, huit autres Palestiniens ont également été tués mercredi lors d'attaques israéliennes sur le territoire.

- "Crime de guerre" -

Concernant les journalistes, l'armée israélienne a déclaré avoir frappé trois "suspects" manoeuvrant un drone dans le secteur.

Le journaliste palestinien Abdoul Raouf Shaat le 23 décembre 2023, à Rafah dans les Territoires palestiniens ( AFP / Said KHATIB )

Le journaliste palestinien Abdoul Raouf Shaat le 23 décembre 2023, à Rafah dans les Territoires palestiniens ( AFP / Said KHATIB )

"Des troupes (israéliennes) ont identifié plusieurs suspects qui opéraient un drone affilié au Hamas dans le centre de la bande de Gaza", selon un communiqué, sans plus de détails sur cette affiliation prétendue.

"En raison de la menace que le drone représentait pour les troupes", les forces israéliennes "ont frappé avec précision les suspects qui l'avaient activé", ajoute l'armée, précisant que "les détails de l'incident étaient en cours d'examen".

Sur place, un témoin a déclaré à l'AFP que les journalistes utilisaient un drone pour filmer une distribution d'aide humanitaire gérée par le Comité égyptien de secours, lorsqu'un véhicule qui les accompagnait a été ciblé par une frappe aérienne.

La Défense civile avait de son côté fait mention d'une frappe de drone israélien sur "un véhicule civil".

Abdoul Raouf Shaath n'était pas en mission pour l'AFP au moment de la frappe, mais son dernier reportage pour l'agence a été publié lundi. Il avait commencé à travailler avec l'AFP en février 2024.

Dans l'enceinte de l'hôpital Nasser de Khan Younès (sud) où les dépouilles des journalistes ont été amenées plus tard, des dizaines de personnes sont venues saluer la mémoire des défunts. Dans l'assemblée, plusieurs journalistes, dont des visages connus de chaînes de télévision arabophones, pleurent et se prennent dans les bras.

Le Syndicat des journalistes palestiniens a condamné "avec la plus grande fermeté" cette attaque, la qualifiant de "politique systématique et délibérée menée par l'occupant israélien pour cibler intentionnellement les journalistes palestiniens".

Des proches pleurent la mort de trois membres de leur famille lors d’une frappe israélienne, à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 21 janvier 2026 ( AFP / Bashar Taleb )

Des proches pleurent la mort de trois membres de leur famille lors d’une frappe israélienne, à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 21 janvier 2026 ( AFP / Bashar Taleb )

Le Hamas, qui a pris le pouvoir dans la bande de Gaza en 2007, a dénoncé un "crime de guerre", soulignant que les trois journalistes avaient été tués dans l'exercice de leur fonction.

Il n'a pas revendiqué une quelconque affiliation entre ces trois hommes et le mouvement, comme il le fait habituellement lorsqu'un de ses membres est tué.

- Plus de 220 journalistes tués -

Le fragile cessez-le-feu à Gaza, première étape du plan de Donald Trump visant à mettre fin à la guerre, est émaillé d'incidents quotidiens, tandis que la situation humanitaire dans le territoire reste critique.

Près de 470 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé de Gaza placé sous l'autorité du Hamas.

L'armée israélienne a pour sa part fait état de trois soldats tués, depuis la même date.

Selon l'ONG de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF), les forces israéliennes ont tué au moins 29 journalistes palestiniens dans la bande de Gaza entre décembre 2024 et décembre 2025.

Et depuis le début de la guerre, déclenchée par l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, le bilan est de plus de 220 journalistes tués par Israël, faisant du territoire palestinien l'endroit de loin le plus meurtrier au monde pour la presse sur cette période, affirme RSF.

Le 25 août notamment, des frappes israéliennes sur un hôpital du sud de la bande de Gaza avaient coûté la vie à cinq journalistes palestiniens, dont une collaboratrice de l'agence de presse américaine Associated Press (AP).

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