La Maison blanche a donné mardi plus de détails sur ce qu'elle considère comme une "opération terrestre majeure" à Rafah, au sud de la bande de Gaza, qui serait à même de pousser les Etats-Unis à changer leur politique à l'égard d'Israël, indiquant ne pas avoir vu de tels agissements de la part de Tsahal.
"Nous ne les avons pas vu entrer en trombe dans Rafah. Nous ne les avons pas vu déployer de vastes unités, un grand nombre de soldats dans des formations pour des manoeuvres coordonnées contre des cibles multiples au sol. Cela est une opération terrestre majeure. Nous n'avons pas vu cela", a déclaré le porte-parole du conseil de sécurité nationale de la présidence américaine, John Kirby, lors d'un point de presse.
Ces commentaires surviennent trois semaines après qu'Israël a pris le contrôle du point de passage de Rafah, par lequel transitait une grande partie de l'aide humanitaire depuis le début du siège de la bande de Gaza, et a massé ses chars d'assaut aux portes de la ville frontalière de l'Egypte.
Tsahal a en parallèle bombardé Rafah, considérée comme l'ultime refuge relatif pour les civils palestiniens ayant fui les combats dans l'enclave alors qu'Israël avait en premier lieu focalisé ses opérations sur le nord de la bande de Gaza en réponse à l'attaque du Hamas.
Une frappe aérienne ayant causé dimanche soir la mort d'au moins 45 personnes se trouvant dans des tentes dans une zone dite "humanitaire" pour les déplacés, dans l'ouest de Rafah, a provoqué un nouveau tollé et une indignation de la communauté internationale.
Israël dit avoir ciblé deux hauts représentants du Hamas qui se trouvaient dans un bâtiment, niant avoir visé délibérément des civils.
"Je ne vois pas comment quiconque pourrait mettre en doute qu'ils tentaient de s'en prendre au Hamas de manière ciblée", a déclaré John Kirby devant les journalistes, ajoutant que Washington attendait le rapport de l'enquête israélienne sur l'incident.
Le président américain Joe Biden a prévenu à plusieurs reprises Israël contre une opération militaire d'envergure à Rafah, déclarant que Washington pourrait cesser de fournir des armes à l'Etat hébreu si celui-ci ne mettait pas en place des mesures crédibles pour protéger les civils.
Près de la moitié des 2,3 millions d'habitants de la bande de Gaza s'étaient réfugiés à Rafah à mesure des avancées de l'offensive d'Israël à travers l'enclave. Depuis début mai et le début des opérations militaires israéliennes à Rafah, des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de fuir à nouveau la zone, selon les Nations unies.
La Cour internationale de justice (CIJ) a ordonné vendredi à Israël de stopper "immédiatement" ses opérations militaires à Rafah, une décision prise en urgence dans le cadre de la plainte déposée par l'Afrique du Sud, qui accuse Israël de génocide.
"D'après ce que j'ai compris (...) les soldats israéliens se déplacent le long du dénommé corridor de Philadelphie, en périphérie de la ville, non pas dans la ville (de Rafah) elle-même", a déclaré John Kirby, en référence à la route située le long de la frontière entre l'Egypte et la bande de Gaza.
Les Etats-Unis sont, de loin, le principal fournisseur d'armes d'Israël, auprès duquel ils ont accéléré les livraisons à la suite de l'attaque du Hamas le 7 octobre.
(Trevor Hunnicutt; version française Jean Terzian)

1 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer