L'ancien Premier ministre et secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, le 11 avril 2026 à Paris ( AFP / Ian LANGSDON )
L'opération "Élysée" s'amplifie chez Gabriel Attal avec l'ajout d'un livre politique et personnel à sa méticuleuse démarche vers la candidature à l'élection présidentielle, qui augure d'une pré-campagne animée dans le bloc central macroniste sortant, pour l'heure dominé par Édouard Philippe.
L'ouvrage ("En homme libre", L'Observatoire), dont le titre évoque quelque peu le "Libre" de Nicolas Sarkozy de 2001, n'arrivera que le 23 avril sur les étagères. Mais le dispositif de Gabriel Attal est lancé avec une première dédicace à Paris le 22, des déplacements et des meetings dans plusieurs villes de France dans les prochaines semaines jusqu'au grand rassemblement annoncé par Renaissance le 30 mai à Paris.
"J’ai eu l’expérience de gouverner le pays, je pense aujourd’hui savoir comment il faut le présider. J’ai les idées claires pour la France", assure le secrétaire général de Renaissance (37 ans), dans un entretien au Point.
Dans cet ouvrage, Gabriel Attal raconte longuement la dissolution de l'Assemblée par Emmanuel Macron, qu'il a vécue depuis Matignon en 2024, "l'une des décisions politiques les plus funestes de la Ve République", écrit-il, selon les extraits publiés par l'hebdomadaire.
Depuis, le député des Hauts-de-Seine s'est emparé du parti présidentiel Renaissance comme du groupe à l'Assemblée, tourné sans concurrence interne vers son dessin présidentiel.
"L’exercice du pouvoir m’a changé. (...) Avec ce livre, je veux parler au cœur des Français et repartir à leur rencontre. J’y affirme mes convictions et un projet sur lesquels je veux les convaincre. C’est une étape supplémentaire avant d’aller plus loin", explique M. Attal, qui aborde par ailleurs sa vie privée, son père disparu en 2015 ou encore son homosexualité.
À un an de l'élection, le patron de Renaissance critique l'emploi du concept de "Nouvelle France" par Jean-Luc Mélenchon, qui "développe cette idée pour mieux attester la thèse du grand remplacement portée par le RN. Et le RN, en déployant ses thèses anti-immigration, qui s’attaquent même aux Français binationaux, vient renforcer les discours de Jean-Luc Mélenchon sur le péril fasciste".
"Nous devons briser cette tenaille. La solution réside dans un projet d’espoir qui montre que l’élévation est possible pour tous, quelles que soient la couleur de peau, les origines sociales, territoriales", expose l'ancien Premier ministre.
-"Vétocratie"-
De sa fulgurante ascension jusqu'à Matignon, Gabriel Attal tire quelques "enseignements": "le premier, c'est l’entrave du pouvoir, notamment par nos finances publiques".
Gabriel Attal le 11 mars 2026, à Paris ( AFP / Bertrand GUAY )
"Le deuxième, c’est que notre démocratie s’est muée en + vétocratie +. Vous avez toujours, partout, quelqu’un en situation de s’opposer, de bloquer un projet", explique-t-il, après sa tentative cette semaine à l'Assemblée d'élargir le travail le 1er-Mai, qui s'est soldée par un recul du gouvernement.
"Le troisième, c’est qu’il faut changer radicalement notre façon d’exercer le pouvoir", "une des promesses les plus déçues du macronisme", ajoute M. Attal.
Le patron de Renaissance distille des pistes déjà défrichées par les travaux lancés au sein du parti. Il "ne propose pas la retraite à 67 ans" qui "ne sauvera pas le modèle" mais "un nouveau modèle libre, universel et productif, avec de la capitalisation".
L'offensive de Gabriel Attal se poursuit au sein du bloc central, dont le mieux placé dans les sondages est pour l'heure Édouard Philippe, premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron, président du parti Horizons et récemment réélu maire du Havre.
Sans concurrence interne dans un parti qu'il contrôle, M. Attal sera-t-il cependant soutenu par des figures du macronisme? "Il faut quand même qu’il gère Gérald (Darmanin), qu’il gère (Yaël) Braun-Pivet, qu’il gère (Élisabeth) Borne. Et quand il va lancer sa candidature, s’il ne l’a pas organisée, il s’expose au bad buzz", expliquait récemment un cadre Horizons.
Pour quel départage avec Édouard Philippe, peu enclin à accélérer sa campagne à un an de l'échéance ? "Il faut un vrai temps d’affirmation pour laisser un choix aux Français entre des lignes différentes tout au long de l’année 2026, jusqu’au début de 2027. Ensuite, il faudra un vrai rassemblement", explique Gabriel Attal.
Avec une apparente divergence de périmètre sur la droite: M. Attal n'a pas convié Les Républicains au "comité de liaison" qu'il a souhaité avec Horizons et le MoDem de François Bayrou en vue de 2027. "Je n’ai pas compris si Bruno Retailleau souhaitait travailler avec nous ou avec l’extrême droite", explique-t-il au Point.

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