Aller au contenu principal
Fermer

Futur chef de l'ONU: pour les quatre candidats, priorité à la paix
information fournie par AFP 23/04/2026 à 04:53

Le logo des Nations unies à New York, le 22 septembre 2025 ( AFP / Ludovic MARIN )

Le logo des Nations unies à New York, le 22 septembre 2025 ( AFP / Ludovic MARIN )

Les prétendants au poste de secrétaire général de l'ONU ont plaidé cette semaine pour une organisation plus investie dans les efforts de paix, évitant toutefois des positions tranchées sur les crises en cours susceptibles de fâcher les Etats qui décideront de leur avenir.

La Chilienne Michelle Bachelet, l'Argentin Rafael Grossi, la Costaricaine Rebeca Grynspan et le Sénégalais Macky Sall, espérant remplacer Antonio Guterres le 1er janvier 2027, ont chacun passé trois heures mardi et mercredi à répondre aux questions tout azimut des 193 Etats membres et de représentants de la société civile.

Mais "beaucoup de diplomates sont un peu cyniques concernant ces auditions", commente auprès de l'AFP Richard Gowan, de l'International Crisis Group. Parce qu'il y a un "sentiment généralisé que les Etats-Unis et les autres détenteurs du veto au Conseil de sécurité choisiront le gagnant en privé", souligne-t-il.

L'ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet s'adresse aux journalistes au siège des Nations unies, le 21 avril 2026, à New York ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Michael M. Santiago )

L'ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet s'adresse aux journalistes au siège des Nations unies, le 21 avril 2026, à New York ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Michael M. Santiago )

Malgré ce "grand oral" inauguré en 2016, l'Assemblée générale ne peut élire le secrétaire général qu'après recommandation du Conseil de sécurité où les cinq membres permanents (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France) ont un droit de veto.

Les délibérations du Conseil de sécurité devraient commencer à partir de fin juillet, avant un vote de l'Assemblée générale probablement à l'automne.

Dans ce contexte, beaucoup des propos des prétendants sont restés "convenus", note Richard Gowan. Mais "si on écoute attentivement, ils ont envoyé quand même d'importants messages", estime-t-il, évoquant un par exemple un Rafael Grossi plus "radical" qu'Antonio Guterres sur la réforme de l'ONU.

Les candidats ont tous souligné l'urgence à restaurer la confiance envers des Nations unies au bord de l'effondrement financier et dont la pertinence est parfois mise en cause dans un monde ravagé par un nombre de conflits record depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

En commençant par un renforcement du rôle de bons offices de son chef.

Le patron de l'Agence internationale pour l'Energie atomique (AIEA), Rafael Grossi, s'adresse à la presse au siège des Nations unies, le 21 avril 2026, à New York ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Michael M. Santiago )

Le patron de l'Agence internationale pour l'Energie atomique (AIEA), Rafael Grossi, s'adresse à la presse au siège des Nations unies, le 21 avril 2026, à New York ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Michael M. Santiago )

Michelle Bachelet a ainsi plaidé pour un secrétaire général "présent" là où il y a des problèmes à régler, Rafael Grossi a décrit un futur patron de l'ONU allant "vraiment" sur le terrain et Macky Sall a suggéré un "rôle réinventé" pour que l'ONU "retrouve sa place autour de la table mondiale".

Alors que certains reprochent à Antonio Guterres de ne pas s'impliquer directement pour peser sur les conflits en Ukraine ou au Moyen-Orient, Rebeca Grynspan a été plus directe.

Le secrétaire général "doit prendre des risques. Nous sommes devenus une organisation conservatrice en matière de risque", a-t-elle déploré.

"L'ONU échoue seulement quand elle n'essaie pas. Nous devons essayer", a ajouté la patronne de l'agence de l'ONU pour le commerce et le développement (Cnuced), qui a négocié en 2022, avec Moscou et Kiev, "l'Initiative de la mer Noire" pour faciliter l'exportation des céréales ukrainiennes après l'invasion russe.

- D'autres en embuscade ? -

Les quatre candidats semblent avoir également tenté de trouver un équilibre, un peu différent pour chacun, entre la défense du lien indéfectible entre les trois piliers de l'ONU (paix, droits humains, développement) et un recentrage total sur le premier, une position désormais défendue par l'administration Trump.

L'économiste et ancienne vice-présidente du Costa Rica, Rebeca Grynspan, s'adresse à la presse au siège des Nations unies, le 22 avril 2026, à New York ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )

L'économiste et ancienne vice-présidente du Costa Rica, Rebeca Grynspan, s'adresse à la presse au siège des Nations unies, le 22 avril 2026, à New York ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )

Très peu des questions ont porté sur des conflits précis, comme le Moyen-Orient ou l'Ukraine. Et les candidats se sont souvent gardé d'y répondre de manière spécifique, répétant leur attachement au respect de la Charte des Nations unies.

Interrogée sur Gaza, Rebeca Grynspan a toutefois plaidé pour l'entrée "sans entrave" de l'aide humanitaire et soutenu une solution à long terme où "Israël et la Palestine vivent en paix et en sécurité". Et Macky Sall a souligné la "tragédie humaine" du conflit israélo-palestinien.

Au delà de ces auditions, les positions et actions passées des candidats auront certainement une influence sur le choix du candidat.

L'ancien président du Sénégal Macky Sall prend la parole au siège des Nations unies, le 22 avril 2026, à New York ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )

L'ancien président du Sénégal Macky Sall prend la parole au siège des Nations unies, le 22 avril 2026, à New York ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )

Des élus républicains ont déjà appelé Washington à bloquer Michelle Bachelet en raison de sa défense du droit à l'avortement. Rafael Grossi, actuel patron de l'Agence internationale pour l'énergie atomique, est lui impliqué dans des dossiers brûlants, en particulier le nucléaire iranien.

Alors que les cinq membres permanents restent très discrets sur leurs attentes, le prochain secrétaire général ne sera peut-être même pas un de ces quatre candidats.

"Je pense qu'il y a encore un bon nombre de candidats qui tournent autour et attendent de voir comme les choses se passent" pour se déclarer, indique ainsi Richard Gowan.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Des Iraniens passent devant un panneau d'affichage géant indiquant "Le détroit d'Ormuz reste fermé" sur la place de la Révolution à Téhéran, le 22 avril 2026 ( AFP / ATTA KENARE )
    information fournie par AFP 23.04.2026 05:15 

    Voici les derniers développements en lien avec la guerre au Moyen-Orient jeudi, alors que Donald Trump a annoncé une prolongation du cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran: . Pétrole: bond de 4% des cours Les prix du pétrole ... Lire la suite

  • Un homme transportant des ballots de vêtements vers un marché de gros de Canton, en Chine, le 16 avril 2026 ( AFP / Jade GAO )
    information fournie par AFP 23.04.2026 05:04 

    Dans la chaleur d'un immense marché de gros du sud de la Chine, entourés de vêtements et chaussures, des commerçants espèrent que la visite annoncée de Donald Trump allégera les taxes américaines qui pénalisent leurs exportations. Les fabricants et usines de la ... Lire la suite

  • Le corps du sergent-chef Florian Montorio, tué dans une embuscade dans le sud du Liban, est rapatrié en France depuis l'aéroport de Beyrouth, le 19 avril 2026 ( UNIFIL / Handout )
    information fournie par AFP 23.04.2026 04:29 

    Une cérémonie d'hommage national va saluer jeudi matin à Montauban la mémoire du sergent-chef Florian Montorio, tué dans une embuscade dans le sud du Liban, un autre soldat français blessé lors de l'épisode ayant succombé à son tour ce mercredi. Casque bleu de ... Lire la suite

  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le 17 avril 2026 à Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine ( AFP / YURIY DYACHYSHYN )
    information fournie par AFP 23.04.2026 04:19 

    Les dirigeants européens se retrouvent pour un sommet jeudi soir à Chypre, où ils devraient accueillir Volodymyr Zelensky afin de saluer le déblocage d'un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine, dont l'horizon est ainsi dégagé. Engagée dès mercredi, la validation ... Lire la suite

Pages les plus populaires