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Fusion nucléaire : le programme Iter miné par des problèmes de soudure, des années de retard en vue
information fournie par Boursorama avec Media Services24/11/2022 à 15:19

L'impact des défauts constatés sur des pièces-maitresses du réacteur ne sera "pas négligeable", prévient le nouveau directeur général du projet.

L'assemblage du réacteur Tokamak d'Iter a commencé en juillet 2020, à Saint-Paul-lès-Durance ( AFP / CLEMENT MAHOUDEAU )

L'assemblage du réacteur Tokamak d'Iter a commencé en juillet 2020, à Saint-Paul-lès-Durance ( AFP / CLEMENT MAHOUDEAU )

Couac majeur pour Iter. La direction du programme international de fusion nucléaire vient de confirmer des problèmes de soudure sur des "composants clés", mis au jour lors de l'assemblement du réacteur "tokamak", qui a commencé il y a plus de deux ans sur le site de Cadarache (Bouches-du-Rhône).

Selon un communiqué publié le 21 novembre 2022 , des fuites ont été détectées en novembre 2021, lors de tests à l'hélium réalisés sur un élément du bouclier thermique livré un an et demi plus tôt. Les experts d'Iter ont identifié les causes des avaries, dues à un problème de conception des soudures.

La pièce défectueuse constitue le premier élément de la chambre à vide circulaire amenée à contenir le plasma à 150 millions de degrés issu de la fusion nucléaire. Des réactions chimiques dues à la présence de résidus de chlorine ont causé des fissures, dont les plus importantes dépassent les 2mm, sur les tuyaux de refroidissement du bouclier thermique. Les soudures ont également causé une déformation de structure plus importante que prévue, empêchant l'assemblage des autres éléments de la chambre à vide, indique Les Echos .

Un monstre de 18 mètres à extraire, démonter et réparer

Le problème constaté est-il donc limité, ou systémique? "Le risque est trop grand, et les conséquences d'un bouclier thermique défectueux pendant les opérations seraient terribles. Nous devons considérer que le problème est étendu", déclare le directeur d'Iter, Pietro Barabaschi.

Selon Les Echos, les opérations de réparation vont nécessiter d'extraire un élément de 18 mètres de haut pesant 1.350 tonnes, démonter la structure et procéder aux manoeuvres nécessaires. Selon la même source, les experts du projet évoquent un retard d'au moins deux ans, en plus d'un délai additionnel de 35 mois accordé par le Conseil Iter réuni la semaine passée, en raison des effets de la période Covid et de la guerre en Ukraine.

"S'il y a une bonne chose à propos de cette situation, c'est que cela se passe à un moment où nous pouvons la réparer" , ajoute le directeur-général du programme, dans le communiqué publié par Iter. "Le savoir-faire que nous acquérons en travaillant avec les composants inédits d'Iter servira aux autres quand ils lanceront leurs propres projets de fusion. C'est dans la nature et la mission d'Iter, en tant qu'unique et ambitieuse infrastructure de recherche, d'affronter une gamme entière de défis et de revers pendant la construction".

Quelles perspectives?

L'assemblage du gigantesque réacteur à fusion a commencé à l'été 2020, sur le site d'Iter, à Saint-Paul-lès-Durance. Le programme vise à maîtriser la production d'énergie à partir de la fusion de l'hydrogène, comme au coeur du soleil. Ce projet international lancé par un traité de 2006, réunit 35 pays, soit toute l'Union européenne (avec le Royaume-Uni), la Suisse, la Russie, la Chine, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud et les Etats-Unis. Alternative rêvée aux énergies fossiles comme le pétrole, le gaz ou le charbon, émettrices de CO2, la fusion de l'hydrogène pourrait également remplacer l'énergie nucléaire: si la fission de l'atome produit des déchets radioactifs pendant des dizaines de milliers d'années, la fusion de l'hydrogène ne génère pas de déchets de longue vie.

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Dans les plans initiaux, Iter visait la production de son premier plasma fin 2025 début 2026, avant d'atteindre sa pleine puissance en 2035. Réacteur expérimental, Iter ne produira pas concrètement d'électricité. Et c'est 2060, au mieux, qu'il faudra attendre pour avoir le premier raccordement au réseau électrique d'un réacteur à fusion dérivé d'Iter.

Accusé d'être "un mirage scientifique sur papier glacé, sans aucune garantie de résultat" et "un gouffre financier", selon Greenpeace, le projet de "soleil artificiel" a déjà connu un triplement du budget initial, à près de 20 milliards d'euros.

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15 commentaires

  • 24 novembre18:46

    scientifique de formation , je pense que ce projet n'a pas d'avenir .la moindre panne de courant ( ça arrive , meme dans les centrales nucléaires,) et le plasma vaporise les parois. c'est pratiquement impossible d'assurer une perenité du plasma, qui se pollue à la longue ...je crois beaucoup plus à la fusion inertielle, par salves de lasers sur des microbilles de deuterium. beaucoup plus facile à realiser et faire passer en grande serie, sans des trucs monstrueux de 25 000 tonnes...