La fumée de frappes aériennes dans une zone centrale de Téhéran, le 6 mars 2026.en Iran ( AFP / ATTA KENARE )
Donald Trump a exigé la "capitulation sans conditions" de l'Iran après une semaine de guerre, des explosions secouant de nouveau Téhéran vendredi.
"Il n'y aura pas d'accord avec l'Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION! Après cela, et le choix d'un ou plusieurs dirigeants FORMIDABLES ET ACCEPTABLES (...), nous travaillerons sans relâche pour relever l'Iran, le rendre (...) plus fort que jamais", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social - faisant s'envoler les cours du pétrole.
Une foule rassemblée pour la prière du vendredi dans l'enceinte de la mosque de Mosalla à Téhéran, le 6 mars 2026 en Iran ( AFP / - )
"MAKE IRAN GREAT AGAIN!" (Rendez sa grandeur à l'Iran!), a-t-il ajouté, déclinant son slogan "Make America Great Again.
La capitale iranienne a de nouveau été secouée par de puissantes explosions vendredi en début de soirée, et de larges colonnes de fumée noire s'élevaient au dessus des immeubles, selon les journalistes de l'AFP sur place.
La nuit précédente, les explosions se sont enchainées comme jamais encore depuis le début du conflit, déclenché samedi par l'attaque israélo-américaine sur le pays.
Les deux alliés ont confirmé avoir intensifié leurs attaques, l'armée israélienne annonçant avoir frappé "400 cibles" à travers l'Iran dans la journée.
Des portraits du défunt ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement pour la prière du vendredi dans l'enceinte de la mosquée de Mosalla à Téhéran, le 6 mars 2026 en Iran ( AFP / - )
A Téhéran pour le premier vendredi - jour de prière - depuis la mort de l'ayatollah Ali Khamenei, des foules d'hommes et femmes en noir se sont rassemblées, certains brandissant des drapeaux iraniens, d'autres des portraits du défunt guide suprême.
"La ville s'est vidée", assure Robert, 60 ans, un homme d'affaires de Téhéran interrogé par l'AFP alors qu'il franchit la frontière entre Iran et Arménie. "On entend le bruit des explosions (...) au moins cinq ou six fois par jour".
"Quand un immeuble s'effondre, les gens sortent dans la rue, ils vont tirer les victimes des débris", témoigne aussi Adana, une professeure de 42 ans.
Les autorités iraniennes font état d'un bilan d'environ un millier de morts depuis le début de la guerre, dont 30% sont des enfants, a dit le porte-parole du gouvernement vendredi. L'AFP ne peut pas vérifier ces affirmations.
- La banlieue sud de Beyrouth se vide -
L'Iran continue à riposter en ciblant Israël, où 10 personnes au total ont été tuées selon les secours locaux. Dans le viseur également, ses voisins du Golfe - où Téhéran assure ne s'en prendre qu'à des bases et intérêts américains.
Treize personnes dont sept civils sont mortes au total dans la région habituellement paisible. Vendredi encore, des missiles et drones ont visé le Koweït et Bahreïn, l'Arabie saoudite et le Qatar.
L'armée iranienne a aussi affirmé avoir touché un pétrolier américain dans le Golfe, "en feu", et continue de bloquer le très stratégique détroit d'Ormuz.
Seul neuf navires commerciaux, dont certains camouflant par moments leur position, ont été détectés le traversant depuis lundi, selon les données du site MarineTraffic analysées par l'AFP.
Au Liban, aspiré dans le conflit quand le Hezbollah pro-iranien a attaqué Israël pour "venger" la mort de Ali Khameini, le bilan des bombardements massifs israéliens lancés en riposte ne cesse de s'alourdir: 217 personnes ont été tuées, et 798 blessées depuis lundi, selon les autorités.
Quelques 300.000 personnes ont dû fuir les frappes israéliennes à travers le pays, selon le Conseil norvégien pour les réfugiés, souvent sans savoir où aller.
"Les conséquences de ce déplacement sur le plan humanitaire et politique pourraient être sans précédent", s'est inquiété le Premier ministre libanais, Nawaf Salam.
La veille, Israël avait demandé - c'est une première - aux habitants de toute la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, d'évacuer avant des bombardements nocturnes. Après les images d'exode de gens paniqués la veille, les images de l'AFP de vendredi montrent bâtiments éventrés et véhicules calcinés.
Carte du Liban montrant les zones bombardées par Israël depuis le 2 mars 2026, avec des données non exhaustives de l'ISW-CTP au 5 mars à 21h GMT et des autorités libanaises au 6 mars à 13h GMT, ainsi que la zone d'ordre d'évacuation ordonnée par Israël ( AFP / Laetitia COMMANAY )
Les frappes se sont poursuivies. L'une a touché un immeuble de dix étages, proche de centres d'accueil de déplacés à Saïda (sud) selon un photographe de l'AFP.
Et dans le sud, des Casques bleus ont été pris pour cible et blessés, selon l'agence de presse officielle libanaise, qui n'a pas précisé l'origine de l'attaque.
Le Hezbollah continue de tirer des roquettes sur Israël, 70 vendredi selon l'armée israélienne, qui a elle dit avoir visé "500 cibles" au Liban depuis lundi et tué "70 terroristes" du mouvement chiite libanais.
L'armée a accusé le groupe d'attaques "coordonnées" avec Téhéran pendant la nuit, "dans une tentative de submerger nos systèmes de défense".
La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le chef l'ONU.
- Enquête sur la frappe d'une école -
La guerre qui a embrasé le Moyen-Orient inquiète d'autant plus chancelleries et opérateurs économiques que la question de sa durée est désormais ouvertement posée.
Un envoi de troupes au sol en Iran représenterait une "perte de temps", a affirmé Donald Trump. Son ministre de la Défense Pete Hegseth a exclu une issue rapide: "nous ne sommes qu'au début des combats".
Alors que le Kurdistan irakien, où sont basés des groupes kurdes iraniens en exil, est aussi visé par des missiles et drones, le président américain a assuré jeudi être "tout à fait pour" une offensive des milices kurdes contre Téhéran, sans préciser s'il leur apporterait un quelconque soutien.
Les questions se multiplient par ailleurs au sujet d'une frappe qui, selon les autorités iraniennes a visé une école à Minab (sud de l'Iran) au premier jour du conflit, tuant, selon elles, 150 personnes.
Photo aérienne diffusée par le Centre de presse iranien montrant des tombes lors des funérailles d’enfants tués lors d’une frappe présumée contre une école primaire à Minab, dans la province iranienne d’Hormozgan, le 3 mars 2026 ( Centre de presse iranien / - )
Une enquête du New York Times, basée notamment sur des images satellite, suggère que les Etats-Unis pourraient effectivement en être responsables. Ils auraient voulu cibler une base navale voisine.
Reuters, citant deux responsables américaines anonymes, assure que les enquêteurs militaires américains jugent "probable" que les forces américaines en soient "responsables".
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a exigé que l'enquête promise par les Etats-Unis soit "rapide" et "transparente".

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