Aller au contenu principal
Fermer

A Avignon, une compagnie exhume les "doléances" recueillies lors du Grand débat de 2019
information fournie par AFP 07/07/2026 à 12:23

Des affiches des pièces de théâtre proposées au festival d'Avignon, le 5 juillet 2026 ( AFP / BERTRAND LANGLOIS )

Des affiches des pièces de théâtre proposées au festival d'Avignon, le 5 juillet 2026 ( AFP / BERTRAND LANGLOIS )

Attention, matériau théâtral rare: au festival Off d'Avignon, la compagnie Artépo fait entendre sur scène les cahiers de doléances rédigés par des Français lors du Grand débat national de 2019, pour sortir ces paroles de leur "invisibilisation".

Cette consultation citoyenne, entre le 15 janvier et le 15 mars 2019, avait été la réponse du président Emmanuel Macron à la crise des "gilets jaunes", mouvement populaire de contestation contre la vie chère, les inégalités et les lacunes de la démocratie.

Le président Emmanuel Macron lors d'une réunion avec quelque 600 maires d'Occitanie, venus lui transmettre les doléances de leurs administrés, le 18 janvier 2019 à Souillac, dans le cadre du "grand débat national" sur le mouvement des "gilets jaunes" ( POOL / Ludovic MARIN )

Le président Emmanuel Macron lors d'une réunion avec quelque 600 maires d'Occitanie, venus lui transmettre les doléances de leurs administrés, le 18 janvier 2019 à Souillac, dans le cadre du "grand débat national" sur le mouvement des "gilets jaunes" ( POOL / Ludovic MARIN )

Pour écrire "Doléances (La fable de l'écoute)", le metteur en scène Stanislas Roquette et le dramaturge Alexis Leprince ont épluché les archives départementales de la Somme, à Amiens, examinant les "cahiers" de quelque 200 communes, d'abord sur place puis grâce à des versions numérisées.

"On a eu un coup de coeur en prenant connaissance de ces quantités de textes inédits enterrés", confie Stanislas Roquette à l'AFP, les qualifiant de "matériau extraordinaire" pour le théâtre.

Est alors née "l'envie artistique de les faire entendre, du fait de leur invisibilisation, de leur oubli et du non-respect de la promesse qui avait été faite de les rendre publics", a-t-il ajouté.

Le projet, selon lui, est aussi né de la volonté "politique de faire connaître ce qui est peut-être la plus grande consultation populaire depuis la Révolution française".

Des personnes signent le cahier de doléances lors d'une manifestation antigouvernementale organisée par le mouvement des "Gilets jaunes" à Bourges, le 12 janvier 2019 ( AFP / Alain JOCARD )

Des personnes signent le cahier de doléances lors d'une manifestation antigouvernementale organisée par le mouvement des "Gilets jaunes" à Bourges, le 12 janvier 2019 ( AFP / Alain JOCARD )

Dans une mise en scène sobre, la pièce est introduite par un rappel de la crise des "gilets jaunes", vidéos à l'appui.

Puis, trois comédiens jouent tour à tour un couple de retraités protestant contre "la hausse de la CSG", un couple rêvant de meilleurs services publics et une citoyenne réclamant de fermer l'Elysée.

A l'écran défilent aussi des images de lettres manuscrites, parfois sur des pages d'écolier, comme celle d'une mère seule avec un enfant, habituée de l'épicerie sociale, qui demande de "relever les minima sociaux" ou celle d'un citoyen citant Victor Hugo.

Cris de colère, appels au secours, propositions documentées, humour, émotion... Parfois, les remarques sont plus ordinaires et portent sur ce "stop au bout de la rue" que personne ne respecte ou le prix trop élevé des appareils auditifs.

Des manifestants sur les Champs-Élysées, à Paris, le 24 novembre 2018, lors d'un rassemblement national du mouvement des "gilets jaunes"pour protester contre la hausse des prix du carburant et du coût de la vie ( AFP / Bertrand GUAY )

Des manifestants sur les Champs-Élysées, à Paris, le 24 novembre 2018, lors d'un rassemblement national du mouvement des "gilets jaunes"pour protester contre la hausse des prix du carburant et du coût de la vie ( AFP / Bertrand GUAY )

Des extraits de discours prononcés par Emmanuel Macron pendant cette période rythment la pièce, tandis que son personnage sur scène se fait baffer, déshabiller et ornementer de grandes oreilles.

"Ce Grand débat, contrairement à l'idée d'une désaffection publique pour la chose politique, a redonné ses lettres de noblesse à la parole citoyenne", estime Stanislas Roquette, qui juge que son spectacle "questionne également la justesse de la parole politique".

Le spectacle se joue au Théâtre du Train bleu jusqu'au 23 juillet.

2 commentaires

  • 11:33

    qui juge que son spectacle "questionne également la justesse de la parole politique". Que ces choses là sont dites en termes déférents ! Pourquoi ne pas inviter Top Gun pour la 1er essentielle du théâtre anti fasciste ?


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires