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France-Lecornu présente un budget "responsable", sans dire comment il le fera adopter
information fournie par Reuters 16/01/2026 à 19:35

(Actualisé tout du long avec allocution de Lecornu)

Sébastien Lecornu a présenté vendredi les grandes lignes d'une nouvelle mouture du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, qu'il a présenté comme un texte d'équilibre sans dire comment il entendait le faire adopter, au lendemain de la suspension par le gouvernement des débats budgétaires à l'Assemblée nationale.

"Le gouvernement ne renoncera pas au compromis", a dit le Premier ministre sur le perron de Matignon, après avoir dénoncé "une stratégie cynique et profondément délibérée" de blocage de la part d'une partie des députés, visant La France insoumise (extrême gauche) et le Rassemblement national (extrême droite).

"Nous continuerons de travailler avec les groupes parlementaires qui ont le courage de faire passer l'intérêt général avant leurs intérêts partisans", a poursuivi Sébastien Lecornu, assurant que le nouveau projet de budget "est meilleur, il peut rassembler et il est, je le crois, responsable".

"Il traduit des choix politiques, il n'obéit pas à la seule logique comptable, il conforte des engagements pour la France, il respecte le travail, les efforts et les attentes de nos concitoyens."

Sur la question du pouvoir d'achat des travailleurs, le Premier ministre a notamment annoncé le maintien et même une réforme de la prime d'activité, ce qui permettra selon lui à quelque trois millions de foyers qui gagnent le SMIC ou un peu plus que le SMIC de "gagner plus".

Il a aussi écarté une "année blanche" pour l'impôt sur le revenu, qui aurait rendu imposables de nouveaux ménages, en promettant la revalorisation du barème "pour que l'inflation ne se transforme pas en augmentation masquée de cet impôt".

Vantant un budget de "compromis" et de "bon sens", Sébastien Lecornu a exclu toute mesure affectant négativement l'apprentissage des jeunes, les allocations pour les personnes en situation de handicap, les allocations sur le logement ou encore les bourses étudiantes.

Après d'ultimes négociations avec le Parti socialiste (PS), le Premier ministre a confirmé l'instauration d'un "repas à 1€ au restaurant universitaire" dès le mois de mai et la création de 2.000 postes dans l'éducation nationale.

Sur le réseau social X, le PS a jugé après les déclarations du Premier ministre que sa méthode avait "payé", tout en ajoutant que ce budget n'est pas le sien et reste insuffisant mais que "les avancées sont réelles".

Le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel (LFI) a lui dénoncé sur BFMTV "des concessions qui sont très minimes" et l'absence d'annonces sur les recettes.

49.3 OU ORDONNANCES ?

Sébastien Lecornu a également promis des investissements pour soutenir la construction de logements neufs et le maintien pour les logements anciens de "ma prime rénov", jugeant ce dispositif "utile et efficace", même s'il convient selon lui de lutter davantage "contre les abus et les détournements encore trop nombreux".

En pleine crise agricole, Sébastien Lecornu a répété que "les engagements pris par le gouvernement et la ministre (de l'Agriculture) ces derniers jours seront tenus", ajoutant que "la crise que nous connaissons justifie d'ailleurs pleinement de ne pas voir les débats au Parlement s'enliser".

Pour tenir l'objectif d'un déficit budgétaire ne dépassant pas 5% du produit intérieur brut (PIB), le chef du gouvernement a promis des économies, y compris de la part des collectivités territoriales, tout en disant rejeter "la baisse des moyens de fonctionnement des communes de près de 20% (...) votée cette semaine à l'initiative du Rassemblement national".

"Nous y arriverons", a-t-il assuré à propos des 5% de déficit. "Et si la croissance est soutenue, d'ailleurs la stabilité politique y contribue, ce sera sans doute peut-être moins."

Disant sa "déception" de voir le PLF dans l'impasse à l'Assemblée nationale, Sébastien Lecornu s'est dit déterminé à "aller au bout de la mission qui m'a été confiée" en donnant un budget à la France, sans dire comment il entendait s'y prendre, alors que l'adoption du PLF sans vote semble inéluctable, que ce soit via l'article 49.3 de la Constitution, ou par ordonnance via l'article 47.

L'article 49.3, qui devrait être utilisé à trois reprises (sur la partie recettes, la partie dépenses et l'ensemble du texte), a la préférence du Parti socialiste (PS).

Dans une tribune transmise à la chaîne LCP, le député socialiste de l'Eure Philippe Brun a prévenu qu'il censurerait "sans aucune hésitation" tout gouvernement qui "céderait à la tentation" de recourir aux ordonnances budgétaires, autorisé dans le cas où le Parlement ne s'est pas prononcé au bout de soixante-dix jours, qu'il compare au coup d'Etat du 18 Brumaire de Napoléon Bonaparte et à une "forfaiture démocratique".

"A un an de la prochaine élection présidentielle qui pourrait pour la première fois permettre l'accession au pouvoir de l'extrême droite, c'est donner aux ennemis de la République l'outil dont ils rêvent pour exercer le pouvoir sans aucune contrainte", ajoute Philippe Brun.

(Elizabeth Pineau, rédigé par Jean-Stéphane Brosse et Tangi Salaün, édité par Kate Entringer)

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