(Actualisé avec réaction d'une association)
Le président Emmanuel Macron s'est rendu à Trappes, dans les Yvelines, l'une des communes où un homme à bord d'un véhicule a tiré vendredi à l'arme automatique sur la voie publique, faisant un mort et quatre blessés graves, dont une fille de 12 ans.
Le chef de l'Etat français a déclaré que ces attaques étaient un acte terroriste raciste, notant que les victimes ont été visées "à raison de leur couleur (de peau) ou de la religion supposée et rien d'autre".
"Ce qui s'est passé aujourd'hui, je le dis, c'est un tournant, parce que c'est la première fois qu'il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants", a insisté Emmanuel Macron, appelant à l'unité et invitant à "ne pas tomber dans le piège d'un camp contre l'autre".
Le Parquet national antiterroriste (Pnat) avaitannoncéavant cette déclaration du chef de l'Etat l'ouverture d'une enquête pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste après des attaques à Trappes et à la Verrière, deux communes à l'ouest de Paris.
L'assaillant présumé de Trappes et La Verrière a été interpellé, a déclaré le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui s'est également rendu sur place, peu de temps après les faits.
Laurent Nuñez a estimé que c'était "clairement" un acte terroriste, tandis que le maire de Trappes Ali Rabeh, à la tête d'une coalition municipale de gauche, a laissé entrevoir la piste d'un crime raciste.
"Ce a quoi on a assisté aujourd'hui, c'est objectivement un attentat a connotation raciste, probablement islamophobe,", a-t-il déclaré à la presse.
"Le tireur manifestement tirait au hasard et avait envie de faire un carnage", a-t-il ajouté sur BFM TV, évoquant des "tirs nourris" dans plusieurs quartiers de la ville, visant notamment un espace de jeux et une maison de santé ainsi que plusieurs véhicules.
"C'est un miracle qu'on n'ait pas davantage de victimes", a-t-il ajouté.
Dans un communiqué, le Pnat ajoute que son enquête est également ouverte du chef de "tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée, à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée".
Le Pnat retient afin les chef de "détention d'arme de catégorie A en relation avec entreprise terroriste" et d'"association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes contre les personnes".
De son côté, Aurore Bergé, ministre déléguée à la lutte contre les discriminations, a dit espérer que "toute la nation" fera corps avec les habitants de Trappes et de La Verrière "si une motivation à caractère raciste de l'acte devait être retenue".
Dans un communiqué, l'Association de Défense contre les Discriminations et les Actes Antimusulmans (ADDAM) a appelé à un accompagnement effectif des victimes, notamment un soutien psychologique, ainsi qu'une vigilance accrue autour des lieux de culte.
"Les pouvoirs publics doivent continuer à prendre pleinement en considération le terrorisme d’ultradroite, la haine antimusulmane et les discours susceptibles de favoriser les passages à l'acte, dans l'espace public comme en ligne", écrit l'association.
(Rédigé par Jean-Stéphane Brosse, avec la contribution de Juliette Jabkhiro, Zhifan Liu, Dominique Vidalon, Claude Chendjou et Nicolas Delame, édité par Benoit Van Overstraeten)

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