( AFP / ANGELA WEISS )
L'activité en France a connu son plus fort recul depuis cinq ans et demi en mai, indique jeudi l'indice PMI Flash publié par S&P Global, en raison de l'impact du conflit au Moyen-Orient, et l'étude évoque "un risque de récession".
L'indice composite, qui mesure l'activité du secteur privé, s'est établi à 43,5 en mai contre 47,6 en avril, alors qu'un niveau inférieur à 50 traduit une contraction. Il s'agit d'un plus bas de 66 mois.
L'activité globale est particulièrement tirée vers le bas par les services: l'indice correspondant tombe à 42,9 en mai contre 46,5 en avril, là encore un plus bas de 66 mois.
Dans l'industrie manufacturière, l'indice de la production tombe à 46,4 en mai contre 52,8 en avril.
L'indice de l'industrie manufacturière - qui synthétise plusieurs thèmes dont la production - recule à 48,9 contre 52,8 en avril.
Dans les deux cas il s'agit d'un plus bas de six mois.
"Le repli de l’activité globale a affiché un rythme inégalé depuis la fin de l’année 2020, tendance que les entreprises interrogées attribuent à l’impact du conflit au Moyen-Orient", relève l'étude.
"La guerre a en effet généré de fortes pressions sur les coûts du carburant et de l’énergie ainsi qu’un climat d’incertitude économique, qui ont pesé sur l’activité", selon les auteurs.
"Les indices relatifs aux prix ont par ailleurs continué de se redresser en mai, ce qui signifie des tensions inflationnistes accrues en France", ajoutent-ils.
Pour Joe Hayes, économiste à S&P Global Market Intelligence, l'enquête "dresse un constat alarmant de la santé de l’économie du pays".
Selon lui, "les répercussions du choc pétrolier sur les prix se prolongent et s’intensifient, le rythme de l’inflation continuant de s’accélérer en mai, tant dans le secteur manufacturier que dans celui des services".
Il relève que "la flambée des prix du pétrole a frappé directement les ménages et les entreprises, désormais confrontés à une envolée des prix à la pompe, mais aussi indirectement, en se répercutant sur les coûts de transport et de production et donc sur les prix des biens et services".
"Les inquiétudes se cristallisent maintenant sur une hausse plus généralisée des prix, susceptible d’entraîner une nouvelle dégradation de la demande", relève M. Hayes, qui souligne "la forte chute des nouvelles affaires observée en mai dans le secteur privé".
Elle indique, selon lui, "de manière préoccupante, que le choc pétrolier a très clairement augmenté le risque de récession dans la deuxième économie de la zone euro".
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