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France-Droite et extrême droite font assaut de propositions après le meurtre d'une adolescente
information fournie par Reuters 20/10/2022 à 19:37

(Actualisé avec rassemblement et minute de silence, déclaration de Marine Le Pen)

PARIS, 20 octobre (Reuters) - Marine Le Pen, chef de file des députés du Rassemblement national (RN), a appelé jeudi à la révision des accords de 1968 sur la circulation et le séjour des Algériens en France à la suite du meurtre d'une collégienne à Paris, tandis que Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, a annoncé le dépôt d'un texte créant un délit de "non-assistance à Français en danger".

L'extrême droite et la droite, qui se défendent de toute récupération, ferraillent contre le gouvernement depuis l'arrestation vendredi dernier d'une ressortissante algérienne pour le meurtre de cette adolescente de 12 ans alors qu'elle faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF), .

L'"Institut pour la justice", une association proche du parti Reconquête! d'Eric Zemmour, a organisé un rassemblement "pour les victimes" ce jeudi, place Denfert-Rochereau à Paris.

Le RN, qui devait initialement grossir les rangs de cette manifestation, a finalement décidé d'un hommage séparé par le biais d'une minute de silence observée par l'ensemble de ses députés, à la même heure devant l'Assemblée nationale, sous l'oeil des caméras et des photographes.

"La manifestation à laquelle nous devions participer, qui normalement était une manifestation apolitique, a fini par s'éloigner de la nature de l'hommage que nous souhaitions rendre", a expliqué Marine Le Pen dans la matinée sur Europe 1.

Accusée d'indécence par le gouvernement, l'ex-présidente du RN a affirmé à l'issue du rassemblement de ses députés devant l'Assemblée nationale qu'"une minute de silence n'est jamais une récupération politique".

"La souffrance que tous les Français ressentent, ils la ressentent d'autant plus cruellement qu'on a quand même tous le sentiment que cette horreur aurait pu être évitée", a dit Marine Le Pen, battue par Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle en avril. "C'est le droit et même le devoir de la représentation nationale que de demander au gouvernement ce qu'il compte faire pour que de tels actes ne se reproduisent pas. J'ai du mal à comprendre qu'on puisse nous le reprocher."

En cause, le taux d'exécution des OQTF jugé par trop insuffisant. Le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a concédé mercredi que les autorités françaises pouvaient "faire mieux" en la matière.

"TROP DE FOIS"

Un rapport d'information du Sénat sur les services de l'Etat et l'immigration rendu public en mai dernier relève "un niveau historiquement bas" d'exécution pour le premier semestre 2021 : 5,7%. Les auteurs dressent le constat "d'un droit des étrangers devenu illisible et incompréhensible sous l'effet de l'empilement de réformes successives", notamment. Les autorités invoquent aussi les difficultés de voyage liées à la pandémie de COVID-19.

"Cela fait plusieurs fois, trop de fois, que des étrangers en situation irrégulière, bien souvent sous le coup d'une obligation de territoire non respectée, commettent des crimes qui sont des crimes terribles", a affirmé Marine Le Pen sur Europe 1, citant notamment le meurtre de deux jeunes femmes à la gare de Marseille-Saint-Charles en octobre 2017 par un Tunisien en situation irrégulière, attentat ensuite revendiqué par le groupe Etat islamique (EI).

La députée réclame en conséquence la remise en cause des accords franco-algériens de 1968, qui régissent la circulation, l'emploi et le séjour des ressortissants algériens en France, et propose de conditionner l'octroi de visas à l'Algérie "au respect absolu des obligations de quitter le territoire."

Le sénateur conservateur de Vendée Bruno Retailleau, candidat à la présidence de LR, est allé lui aussi sur le terrain juridique en annonçant sur BFM TV le dépôt "dans les semaines prochaines" d'un texte qui permettrait de rendre l'Etat "civilement responsable" de non-assistance à "Français en danger".

"Lorsqu'un Français est blessé ou même tué par un étranger qui n'a rien à faire sur le sol français, et où l'Etat n'a pas fait diligence, il y a une sorte de responsabilité pour non-assistance à Français en danger", a-t-il précisé.

Le président de Reconquête!, Eric Zemmour, a poursuivi pour sa part, sur BFM TV et RMC Info, sa diatribe identitaire autour du néologisme de "francocide", concédant qu'il n'aurait pas participé à la manifestation parisienne si la meurtrière présumée de l'adolescente avait été de nationalité française.

Pour Eric Zemmour, le crime "dépasse" la famille de la victime.

"Nous vivons un moment historique où le peuple français est en danger de mort", a-t-il lancé, tout en disant "comprendre très bien" l'appel à la retenue de la famille.

Mais, a-t-il argumenté, "on sait bien ce qui va se passer : si on n'en parle pas, si on fait silence, dans trois jours, il y aura un autre sujet, on connaît le rythme médiatique."

(Rédigé par Sophie Louet et Bertrand Boucey, édité par Tangi Salaün)

1 commentaire

  • 20 octobre 19:50

    C'est la goutte qui a fait déborder le vase. Au gouvernement on préfère regarder de l'autre côté , pas de vague, tendre l'autre joue pour se prendre une deuxième claque, mais on aime ça.


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