Réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à l'Élysée, à Paris
par Etienne Breban
L'économie française a, contre toute attente, reculé légèrement au troisième trimestre après une stagnation sur le trimestre précédent, montre la première estimation publiée vendredi par l'Insee.
Le produit intérieur brut (PIB) de la deuxième économie de la zone euro a baissé de 0,1% au cours de la période allant de juillet à fin septembre, alors que les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne une progression à +0,1%.
"Effectivement, ça fait trois trimestres que la croissance n'est pas au rendez-vous", a reconnu le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, sur franceinfo peu après la publication des données par l'Insee.
"La conclusion de tout ça, c'est qu'en 2026, l'économie française est à l'arrêt sous la conjonction inédite de chocs externes et de chocs internes", développe-t-il, mentionnant entre autres la canicule qui a frappé l'Europe cet été et le blocage du détroit d'Ormuz.
"La contribution du commerce extérieur à la croissance est négative ce trimestre (-0,6 point après +0,6 point) : les exportations se contractent (-1,7 % après +2,8 %), alors que les importations sont quasi stables (+0,1 % après +0,9 %)", détaille l'Insee dans un communiqué.
"La demande intérieure (hors stocks) contribue à l'évolution du PIB pour +0,1 point au troisième trimestre 2026", précise l'institut, relevant également la contribution positive des variations de stocks.
Pour l'économiste Sylvain Bersinger, les projections pour la croissance des trimestres et années à venir sont "globalement négatives", le fondateur du cabinet Bersingéco citant dans une note les "nombreux risques macro-économiques", dont le choc inflationniste, une possible bulle de l’IA, un blocage politique, ou hausse des taux souverains.
L'économie française est restée stable (0,0%) au cours du deuxième trimestre, après un repli de 0,1% sur les trois premiers mois de l'année, semant le doute sur les perspectives économiques pour la fin de l'année.
La Banque de France (BdF) prévoyait une croissance de 0,1% au troisième trimestre, selon ses dernières projections publiées ce mois-ci.
La France est sous la surveillance étroite des marchés, le pays étant confronté à un déficit public galopant qu'il peine à réduire, un défi qui pourrait s'avérer encore plus difficile à relever compte tenu du contexte social très tendu et de l'incertitude politique qui règne à l'approche de l'élection présidentielle l'année prochaine.
L'Insee a également publié vendredi les chiffres préliminaires de l'inflation en France, celle-ci ressortant à +3,8% sur un an en octobre aux normes européennes, après +3,4% en septembre.
"Ces chiffres ne sont pas réjouissants et vont accentuer la pression en faveur d'une consolidation plus rapide et plus poussée du secteur public", a observé Claus Vistesen, économiste en chef pour la zone euro chez Pantheon Macroeconomics, au sujet des publications de vendredi. Déjà sous pression, les taux d'emprunt français continuent de progresser par rapport à ceux de l'Allemagne, le rendement de l'OAT à dix ans gagnant 6,2 points de base vendredi pour s'établir à 4,9418%, tandis que ceux de Berlin reculent légèrement.
(Rédigé par Etienne Breban, avec les contributions de Bertrand Boucey, Diana Mandiá et Harry Robertson, édité par Benoit Van Overstraeten et Augustin Turpin)

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