Aller au contenu principal
Fermer

"Flottille pour Gaza": la justice israélienne prolonge la détention de deux militants
information fournie par AFP 03/05/2026 à 18:02

Le Brésilien Thiago Avila,  militant de la "Flottille pour Gaza", le 3 mai 2026 au tribunal de la ville côtière israélienne d'Ashkelon ( AFP / Ilia YEFIMOVICH )

Le Brésilien Thiago Avila, militant de la "Flottille pour Gaza", le 3 mai 2026 au tribunal de la ville côtière israélienne d'Ashkelon ( AFP / Ilia YEFIMOVICH )

Un tribunal israélien a ordonné dimanche la prolongation de deux jours de la détention de deux militants de la "Flottille pour Gaza", un Espagnol et un Brésilien, arrêtés par Israël au large de la Grèce.

"Le tribunal a prolongé leur détention de deux jours", a annoncé à l'AFP Miriam Azem, de l'ONG de défense des droits humains israélienne Adalah. Les autorités avaient réclamé une prolongation de quatre jours, a-t-elle précisé.

L'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila ont été présentés dans la matinée au tribunal d'Ashkelon, une ville côtière où ils sont détenus. Les avocats de l'ONG avaient pu les voir samedi dans leur prison de Shikma.

Selon un photographe de l'AFP, le Brésilien est arrivé dans la salle d'audience les mains menottées dans le dos et l'Espagnol les pieds entravés par des chaînes.

D'après Mme Azem, ils ont décrit une arrestation d'une "extrême brutalité" et ont été informés qu'ils seraient interrogés par les renseignements intérieurs israéliens notamment pour soupçons d'"affiliation à une organisation terroriste".

Thiago Avila a déclaré aux avocats avoir été "traîné face contre terre et battu si violemment qu'il a perdu connaissance à deux reprises".

Il a ajouté que, depuis son arrivée en Israël, il avait été "maintenu à l'isolement, avec les yeux bandés", selon Miriam Azem.

Affirmations rejetées par le ministère israélien des Affaires étrangères: "contrairement aux allégations fausses et infondées préparées à l'avance, Saif Abu Keshek et Thiago Ávila n'ont à aucun moment été soumis à la torture", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Oren Marmorstein.

Selon ce ministère, Saif Abu Keshek est "l'un des dirigeants" de la Conférence palestinienne pour les Palestiniens à l'étranger (PCPA), association caritative accusée par les Etats-Unis et Israël d'être affiliée au mouvement islamiste palestinien Hamas. Thiago Avila travaille lui avec l'association et est soupçonné d'activités illégales, toujours selon la même source.

Pendant l'audience, leur avocate a plaidé qu'"ils faisaient partie d'une mission humanitaire visant à apporter une aide aux civils de Gaza, et non à une quelconque autre organisation, qu'elle soit terroriste ou non".

"Nous rejetons toutes les accusations qui ont été présentées (...) et demandons la libération immédiate de ces deux hommes", a ajouté Hadeel Abou Salih, à la sortie du tribunal.

- "complètement illégale" -

L'Espagnol Saif Abu Keshek, militant de la "Flottille pour Gaza", le 3 mai 2026 à son arrivée au tribunal de la ville côtière israélienne d'Ashkelon ( AFP / Ilia YEFIMOVICH )

L'Espagnol Saif Abu Keshek, militant de la "Flottille pour Gaza", le 3 mai 2026 à son arrivée au tribunal de la ville côtière israélienne d'Ashkelon ( AFP / Ilia YEFIMOVICH )

Le Brésil et l'Espagne ont dénoncé leur arrestation et la diplomatie espagnole a réfuté les accusations d'un lien entre son ressortissant et le Hamas.

Dimanche, le ministère espagnol des Affaires étrangères a de nouveau exigé la "libération immédiate" de son ressortissant, dans un message transmis à l'AFP, précisant que le consul d'Espagne à Tel-Aviv avait accompagné "l'Espagnol détenu illégalement" à l'audience.

Samedi, le ministre, José Manuel Albares, avait qualifié de "complètement illégale" et "inacceptable" son arrestation "en dehors de toute juridiction". Israël "n'a apporté aucun élément de preuve" pour appuyer ses accusations, et même si c'était le cas, "il existe des voies judiciaires en démocratie, en Etat de droit", pour les relayer, avait-il estimé.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, est l'une des voix européennes les plus critiques du gouvernement de Benjamin Netanyahu depuis qu'Israël a lancé son offensive dévastatrice dans la bande de Gaza, en réponse à l'attaque sans précédent du Hamas palestinien contre Israël le 7 octobre 2023.

Quelque 175 militants de nombreuses nationalités ont été arrêtés jeudi, sur une vingtaine de bateaux de cette nouvelle flottille visant, selon ses organisateurs, à briser le blocus israélien du territoire palestinien, où l'accès de l'aide humanitaire reste fortement restreint.

L'arrestation, menée "pacifiquement" selon Israël, a eu lieu à des centaines de kilomètres de Gaza, dans les eaux internationales au large de la Crète, bien plus loin des côtes israéliennes que les précédentes interceptions de flottilles. Plusieurs pays ont dénoncé une opération "illégale".

Israël a relâché tous les autres militants en Grèce après un accord avec ses autorités.

Il s'agit de la deuxième tentative de la flottille mondiale Sumud ("résilience" en arabe) d'accéder à la bande de Gaza. En 2025, à son premier voyage, plusieurs centaines de militants, dont la Suédoise Greta Thunberg et l'eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan, avaient été arrêtés en mer, transférés en Israël puis expulsés.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires