Aller au contenu principal
Fermer

Festival de Cannes-Les films indépendants en lice pour la Palme d'or, en l'absence des grands studios
information fournie par Reuters 12/05/2026 à 14:10

par Miranda Murray et Hanna Rantala

Des récits mêlant guerre, deuil et intelligence artificielle rivaliseront au Festival de Cannes, dont la 79e édition s'ouvre mardi, pour remporter la Palme d'or dans une compétition laissée grande ouverte aux oeuvres indépendantes en l'absence des poids lourds américains.

Le prestigieux festival international, longtemps tremplin pour des franchises telles qu’Indiana Jones et Top Gun, n’accueillera cette année aucun blockbuster, ni les retentissantes promotions sur tapis rouge qui les accompagnent habituellement, les studios se montrant de plus en plus prudents.

Des personnalités hollywoodiennes seront néanmoins présentes, parmi lesquelles Barbra Streisand, qui recevra une Palme d'honneur pour l’ensemble de sa carrière, et John Travolta, qui fait ses débuts en tant que réalisateur avec "Vol de nuit pour Los Angeles" dans la sélection Cannes Première.

"Tant que le temps le permet, je pense que ce sera un Festival de Cannes glamour malgré tout. Cannes fait ça mieux que quiconque", a déclaré à Reuters lundi Scott Roxborough, correspondant européen du Hollywood Reporter.

Au total, 22 films, avec une forte présence française (cinq oeuvres), sont en compétition pour la Palme d'or, qui sera décernée lors de la cérémonie de clôture le 23 mai par un jury présidé par le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook, entouré notamment de l'actrice américaine Demi Moore, de la réalisatrice chinoise Chloé Zhao et de l'acteur suédois Stellan Skarsgard.

Des signatures du cinéma indépendant comme l'Espagnol Pedro Almodóvar et le Hongrois László Nemes ambitionnent de succéder au réalisateur iranien Jafar Panahi récompensé en 2025 pour "Un simple accident".

"Il n'y a pas un ou deux films que tout le monde attendait avec impatience, ce qui, d'une certaine manière, rend la compétition plus intéressante car cela en fait un véritable champ des possibles", résume Scott Roxborough.

L'Iranien Asghar Farhadi et le Japonais Ryusuke Hamaguchi, célèbre pour "Drive my car", présentent tous deux des drames familiaux en français, respectivement "Histoires parallèles", avec Isabelle Huppert dans le rôle d'une voisine curieuse, et "Soudain" avec Virginie Efira, qui traite des soins aux personnes âgées.

Du côté américain, "Paper Tiger", réalisé par James Gray, réunira à nouveau Scarlett Johansson et Adam Driver après "Marriage Story" (2019), tandis que Rami Malek tient le rôle principal dans un drame sur le sida dans le New York des années 1980, "The Man I love" d’Ira Sachs.

HISTOIRE ET FICTION S'ENTREMÊLENT

Deux anciens lauréats – le Roumain Cristian Mungiu et le Japonais Hirokazu Kore-eda – seront également présents sur la Croisette.

Hirokazu Kore-eda, qui a remporté la Palme d’or en 2018 avec "Une Affaire de famille", explorera le deuil et l’intelligence artificielle dans "Sheep in the Box".

Cristian Mungiu revient avec "Fjord", un drame familial se déroulant dans un village norvégien isolé, avec Renate Reinsve et Sebastian Stan.

Pour le réalisateur roumain, le simple fait que son film ait été sélectionné est déjà une gratification.

"Cette nomination est la plus belle récompense que nous puissions obtenir pour nos efforts, car Cannes est l’endroit au monde où le cinéma est le plus respecté", a écrit Cristian Mungiu sur Instagram.

La politique est toujours présente dans la sélection, mais cette année à travers un prisme historique, détaille Scott Roxborough, citant "Coward" de Lukas Dhont, un drame sur des soldats de la Première Guerre mondiale, et "Moulin" de László Nemes, qui dresse le portrait du résistant français Jean Moulin sous les traits de Gilles Lellouche.

"Notre Salut", du réalisateur français Emmanuel Marre, se situe dans la France de Vichy. Quant au réalisateur Antonin Baudry, il défend hors compétition le premier chapitre de "La Bataille de Gaulle", "L’Âge de Fer".

Au-delà des témoignages historiques, le septième art reste à l'avant-scène, tel un dérivatif aux soubresauts du monde, passés et présents.

Cette volonté des organisateurs se reflète dans le film d’ouverture, "La Vénus électrique" de Pierre Salvadori (hors compétition), une comédie romantique se déroulant dans le Paris de l’entre-deux-guerres.

"À ma façon, j'essaie de proposer une forme, je dirais, de poésie ou de beauté", a déclaré Pierre Salvadori à Reuters, décrivant le film comme un "film profondément cinématographique" et une "ode à la fiction".

Signe d'une mini-révolution dans le secteur, des influenceurs de YouTube et d’autres réseaux sociaux participeront à un événement parallèle sur l’économie des créateurs au marché du film, tandis que des grands noms du monde de la mode seront à nouveau très présents sur les marches du Palais des Festivals.

(Rédigé par Miranda Murray et Hanna Rantala ; version française Coralie Lamarque, édité par Sophie Louet)

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires