Jerome Powell, président de la Banque centrale des Etats-Unis (Fed), le 18 mars 2026 à Washington ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )
Jerome Powell donne mercredi ce qui devrait être sa dernière conférence de presse en tant que président de la banque centrale des États-Unis (Fed), avant que son successeur désigné par Donald Trump ne prenne les commandes.
Le deuxième et dernier jour de réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale a débuté à 09H00 (13H00 GMT).
Les investisseurs s'attendent tous à ce que la Fed annonce à 14H00 (18H00 GMT) le maintien de ses taux directeurs au niveau qui est le leur depuis décembre (entre 3,50% et 3,75%).
L'attention va donc largement se porter sur l'avenir de M. Powell, qui prendra la parole à 14H30.
Son mandat de président prend fin le 15 mai. L'ex-gouverneur de la Fed (2006-2011) Kevin Warsh est bien parti pour le remplacer dans la foulée.
Une commission du Sénat a donné dans la matinée son feu vert à sa nomination avec les seules voix de la majorité républicaine, les démocrates s'opposant fermement une personnalité qu'ils qualifient de "marionnette" du président Trump.
Un vote en séance plénière sera organisé plus tard pour lever les derniers verrous à son accession au sommet de la Fed.
Un tel enchaînement n'était pas assuré il y a quelques jours encore en raison d'un imbroglio.
Un élu du camp présidentiel menaçait de tout bloquer tant que le ministère de la Justice n'abandonnait pas une enquête contre M. Powell, perçue comme une tentative d'intimidation cautionnée par Donald Trump, qui veut des taux d'intérêt plus bas et remodeler la gouvernance de la Fed.
La procédure judiciaire a été annoncée close vendredi par une procureure proche du président républicain, qui ne l'a toutefois pas totalement enterrée.
- "Rallier" les autres banquiers centraux -
Dans ce contexte, Jerome Powell va-t-il partir de la Fed pour laisser le champ libre à son successeur ou rester un haut responsable de l'institution, son mandat de simple gouverneur s'achevant théoriquement en janvier 2028? Il priverait alors Donald Trump de l'opportunité d'attribuer rapidement ce siège à une personne de son choix.
Kevin Warsh, candidat à la présidence de la Réserve fédérale américaine, témoigne lors d'une audition de la commission bancaire du Sénat sur sa nomination, le 21 avril 2026 au Capitole à Washington ( AFP / Mandel NGAN )
Quoi que M. Powell fasse, sa décision "suscitera des inquiétudes", estime Belinda Roman auprès de l'AFP.
Cette professeure d'économie à l'université texane St. Mary's s'attend à ce que les investisseurs se perdent en conjectures sur les implications pour la politique monétaire, alors qu'ils attendent des banquiers centraux "stabilité et indépendance".
"Si Kevin Warsh veut vraiment abaisser les taux directeurs", souligne-t-elle par ailleurs, "il devra rallier le vote des autres" responsables.
Douze personnes, dont le président de la Fed, votent sur les taux américains. La plupart ont expliqué préférer, avant de passer à l'action, voir comment la première économie mondiale encaisse la guerre au Moyen-Orient et l'envol des prix de l'énergie qui en a découlé.
Pour l'heure, le chômage est modeste (4,3%), la consommation soutenue, mais l'inflation s'éloigne de la cible de la Fed, qui est de 2%.
"Même si une issue (au conflit) se dessine dans le mois à venir", les prix ne se calmeront pas de sitôt, prévient Mme Roman, car "les hausses de l'énergie sont en train d'être répercutées dans toute l'économie, les engrais, l'agriculture, l'alimentation, le transport."
Les investisseurs n'imaginent pas encore la Fed relever ses taux pour combattre l'inflation, selon l'outil de veille CME FedWatch, mais ils parient sur un long statu quo.

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer