Les deux groupes d'aéronautique, l'entreprise d'ingénierie Technip et la coopérative agricole française regroupent leurs forces au sein de la nouvelle coentreprise "Rebound", dans l'objectif d'édifier "une des plus grandes usines de carburant durable en Europe".
Les SAF peuvent être produits à partir d'éthanol issus de résidus de betterave (illustration) ( AFP / FRANCOIS NASCIMBENI )
Dans la lignée des efforts pour décarboner la filière du transports aérien, les entreprises Technip Energies, Airbus, Safran et Tereos ont annoncé mardi 9 juin la création d'une coentreprise destinée à développer la production de carburants d'aviation d'origine non fossile (SAF) à l'échelle industrielle à Dunkerque, dans le nord de la France.
La coentreprise, baptisée Rebound, pourrait produire 160.000 tonnes par an de carburants d'aviation durables (baptisés SAF, pour Sustainable aviation fuel) au port de Dunkerque, indiquent les entreprises dans un communiqué commun.
Il s'agirait de "l'une des plus grandes usines de ce type en Europe, renforçant la souveraineté énergétique européenne", et permettant de soutenir "le leadership industriel français dans la transition énergétique". "Avec cet accord, les partenaires s'engagent à financer la phase de développement du projet, qui comprend les études d'ingénierie et les autres activités nécessaires pour considérer une décision finale d'investissement", est-il précisé.
Les entreprises ajoutent qu'"une étape décisive a déjà été franchie: le port de Dunkerque a attribué à Technip Energies un site industriel dans le nord de la France qui, une fois la coentreprise finalisée, offrira à Rebound des avantages logistiques pour le transport des matières premières et des produits, ainsi qu'une procédure d'obtention des permis simplifiée".
D'origine soit biologique, soit de synthèse, les SAF réduisent l'empreinte carbone de l'aviation car ils ne sont pas produits à partir de carbone "fossile" capté dans les hydrocarbures, mais à partir de carbone contenu dans les matières premières biologiques, voire dans l'atmosphère.
Le "Alcohol to Jet", une des nombreuses techniques de production de SAF
Différents processus de production de SAF ont été validés par l'organisme américain de normalisation ASTM, dont les certifications font autorité notamment en matière de carburants d'aviation.
Le projet de "Rebound" s'appuiera lui sur la technologie 'Alcohol-to-Jet (AtJ)'", option "adaptée et compétitive à l'échelle industrielle" : l'éthanol avancé, produit à partir de résidus agricoles et forestiers, est converti en carburants d'aviation durables pouvant être mélangés au kérosène conventionnel et utilisés dans les moteurs et les avions existants. Connu pour ses activités dans le secteur du sucre avec la marque Beghin Say, Tereos est aussi leader européen de la production d'éthanol, grâce à l'exploitation de résidus de matières premières agricole dont la betterave et le blé.
La création de "Rebound", soumise aux conditions de clôture et approbations d'usage, devrait être finalisée au second semestre 2026.
Dans l'Union européenne, les obligations d'incorporation de SAF augmenteront progressivement pour atteindre 6% d'ici 2030 et 70% d'ici 2050, entraînant une multiplication par huit de la demande entre 2030 et 2050, soulignent les entreprises dans leur communiqué. Les compagnies aériennes, réunies en congrès à Rio de Janeiro (Brésil), ont déploré samedi que ces carburants d'aviation d'origine non fossile restent beaucoup trop rares et chers pour permettre une décarbonation du transport aérien. La production mondiale des SAF devrait atteindre quelque 2,4 millions de tonnes en 2026, soit 0,8% de la consommation des compagnies aériennes, selon l'Association du transport aérien international (Iata).
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