Incendies de forêt dans le sud-ouest de la France
par Kate Abnett
L'Union européenne entend inciter les Etats membres à investir davantage dans la prévention environnementale afin de réduire les risques de feux de forêt, a déclaré jeudi à Reuters la commissaire européenne à l'Environnement, alors que les experts estiment que le coût économique des incendies de cet été a déjà dépassé les 15 milliards d'euros.
Des feux de forêt d’une ampleur exceptionnelle ont affecté la France, l’Espagne et la Grèce, causant un préjudice de l'ordre de 15,6 à 19,1 milliards d’euros – dégâts matériels, frais de lutte contre les incendies, déblaiement des débris et demandes d’indemnisation notamment, selon les estimations publiées jeudi par le service de prévisions météorologiques AccuWeather.
Les scientifiques ont confirmé que le réchauffement climatique d’origine humaine avait accru la probabilité de phénomènes météorologiques extrêmes alimentant ces incendies.
Mais la rapidité et la sévérité avec lesquelles les incendies se sont propagés ont également soulevé des questions quant aux politiques publiques de prévention, comme l'entretien des forêts, l'élimination des végétations sèches et inflammables, et le maintien de zones humides à même de servir de coupe-feux naturels.
"La prévention est la première ligne de défense. (...) Il est évident que nous devons investir davantage dans la nature", a déclaré Jessika Roswall lors d’une interview.
Les besoins en investissements varient au sein de l'UE, les pays méditerranéens étant généralement en première ligne pour les feux de forêt estivaux. Mais comme le changement climatique accroît également le risque d’incendie dans les pays du Nord comme la Finlande et la Suède, la commissaire souligne qu’"aucune région d’Europe n’est épargnée" désormais et que les besoins en investissements sont "vraiment urgents".
"CE N'EST PAS UN LUXE"
La Commission européenne a proposé l’année dernière que 35% du prochain budget de l’UE soient consacrés à des mesures climatiques et environnementales.
Ce projet a été critiqué par les associations environnementales, qui ont averti que le regroupement de ces deux thématiques risquait de reléguer au second plan la préservation des écosystèmes, au profit de projets d’énergie à faible émission de carbone ou d’infrastructures qui génèrent souvent des retours sur investissement plus importants.
Jessika Roswall a assuré que Bruxelles veillerait à ce que les pays investissent dans la protection de la nature et, plus particulièrement, dans la prévention des incendies.
"Il est important de veiller à ce que les États membres utilisent également ces fonds pour lutter contre les feux de forêt. (...) Ce financement sera essentiel pour la réponse aux incendies de forêt, leur prévention, et les investissements en faveur de la nature", a-t-elle déclaré.
La commissaire a ajouté que Bruxelles examinerait également la manière dont la prévention des feux de forêt s’inscrit dans les plans nationaux des gouvernements visant à se conformer à la législation européenne sur la restauration de la nature endommagée, plans qu’ils doivent soumettre à l’UE d’ici septembre.
"Ce n’est pas un luxe, car le coût, si nous ne le faisons pas, ne cesse d’augmenter", justifie-t-elle. "Je travaille avec les États membres et les ministres sur l’urgence d’investir, non seulement pour protéger nos foyers et sauver des vies, mais aussi pour protéger nos industries."
(Rédigé par Kate Abnett; Version française Matthieu Huchet, édité par Sophie Louet)

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