Des manifestants traversent le pont reliant Arlington, en Virginie, à Washington lors de la journée nationale de protestation "No Kings" contre le président américain Donald Trump, le 28 mars 2026 ( AFP / Ken Cedeno )
"Police masquée qui sème la terreur", "guerre catastrophique", pratique "abusive" du pouvoir: des cortèges contre Donald Trump ont commencé à défiler samedi à travers les États-Unis, où des millions de manifestants sont attendus, de New York jusqu’en Alaska.
C'est la troisième fois en moins d'un an que l'Amérique est appelée à descendre dans la rue par une coalition d'associations réunies autour du cri de ralliement "No Kings" (Pas de rois), qui s'est affirmé comme le mouvement de contestation le plus important depuis le retour du milliardaire à la Maison Blanche.
La première, qui s'était tenue en juin 2025 - le jour des 79 ans du président américain et d'un défilé militaire à Washington - avait rassemblé plusieurs millions de personnes à travers le pays.
Plus d'un millier de personnes ont commencé à marcher à Atlanta (sud-est), et à Washington, la capitale, où plusieurs rassemblements sont prévus dans la journée.
En banlieue de Détroit (nord), des manifestants se sont rassemblés dans la matinée malgré des températures négatives.
Manifestation "No Kings" contre le président américain Donald Trump, le 28 mars 2026 à Rome, en Italie ( AFP / Thomas COEX )
Et, alors que la cote de popularité de Donald Trump est au plus bas - autour de 40% - et la perspective des élections de mi-mandat en novembre, les organisateurs attendent plusieurs millions de manifestants à travers le pays.
De l'autre côté de l'Atlantique, à Rome, Amsterdam et Madrid, ont également eu lieu des rassemblements contre le président américain.
- Springsteen à Minneapolis -
Journée nationale de protestation "No Kings" contre le président américain Donald Trump, le 28 mars 2026 à Washington ( AFP / Aaron Schwartz )
"Depuis notre dernière manifestation, ce gouvernement nous a plongés davantage dans la guerre. Chez nous, nous avons vu des citoyens tués dans la rue par des forces militarisées. Nous avons vu des familles déchirées et des communautés d'immigrés prises pour cible", résume Naveed Shah, responsable de Common Defense, une organisation d'anciens combattants membre de la coalition No Kings.
Plus de 3.000 rassemblements sont prévus - un chiffre en hausse - dans les grandes métropoles, New York, Chicago ou encore Washington, aussi dans les banlieues et les zones rurales, et même à Kotzebue, petite ville d'Alaska au-delà du cercle polaire, ou sur l'archipel caribéen de Porto Rico, territoire américain.
Journée nationale de protestion "No Kings" contre le président américain Donald Trump près Washington, le 28 mars 2026 ( AFP / Aaron Schwartz )
Minneapolis, épicentre en début d'année de la brutale offensive anti-immigration de Donald Trump et de sa contestation populaire, doit en être le point névralgique avec sa ville jumelle, Saint-Paul.
Bruce Springsteen, la légende américaine du rock, farouche critique du président américain, y est attendu avec sa chanson "Streets of Minneapolis", écrite et enregistrée en 24 heures en hommage aux deux Américains tombés sous les balles d'agents fédéraux en pleine rue lors d'opérations massives de la police de l'immigration, Renee Good et Alex Pretti.
- "Résistance" -
"Les habitants du Minnesota (où se trouve Minneapolis, ndlr) ont déjà prouvé qu'ils étaient prêts à défendre la démocratie par -20°C, alors samedi, ce sera du gâteau !", ont lancé les organisateurs locaux.
Journée de protestation nationale "No Kings" contre le président américain Donald Trump à West Bloomfield, en banlieue de Détroit, le 28 mars 2026 dans le Michigan ( AFP / JEFF KOWALSKY )
Le sénateur octogénaire Bernie Sanders, figure de la gauche américaine, est également annoncé.
"Police secrète masquée qui sème la terreur dans nos communautés. Guerre illégale et catastrophique qui nous met en danger et fait grimper nos dépenses. Attaques contre notre liberté d'expression et nos droits civils. Coûts qui poussent les familles au bord du gouffre. Trump veut nous gouverner comme un tyran", s'indigne le collectif No Kings.
"Ce qui a commencé en 2025 comme une simple journée de défiance s'est transformé en une résistance nationale au long cours contre la tyrannie", écrit le mouvement, qui estime n'avoir "jamais été aussi puissant".
Journée nationale de protestation "No Kings" contre le président américain près du Lincoln Memorial, à Washington, le 28 mars 2026 ( AFP / Ken Cedeno )
Les organisateurs précisent que deux tiers des personnes ayant exprimé leur intention de se joindre aux manifestations de samedi résident en dehors des grandes villes, ce qui représente une augmentation marquée par rapport à la précédente journée de mobilisation.
"L'Amérique est à un moment charnière", considère Randi Weingarten, présidente de la Fédération américaine des enseignants. "Il est temps que le gouvernement écoute et aide les gens à se construire une vie meilleure plutôt que d'attiser la haine et la peur."

6 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer