Des agents du FBI enquêtent à l'endroit où un homme a été tué par un agent de l'ICE à Biddeford dans le Maine, le 13 juillet 2026 ( AFP / Joseph Prezioso )
Un agent de la police américaine de l'immigration (ICE) a tué lundi un homme, identifié par des groupes de défense des droits humains comme un Colombien de 26 ans, alimentant la colère contre l'agence chargée de mettre en œuvre la politique de répression de l'immigration de Donald Trump.
Car ce décès par balle survenu à Biddeford, ville de 22.000 habitants de l'Etat du Maine (nord-est), a eu lieu moins d'une semaine après qu'un agent de l'ICE a abattu un Mexicain au Texas.
Le sénateur du Maine Angus King a d'abord déclaré aux journalistes avoir appris du ministre de la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, que la victime faisait l'objet d'un mandat d'arrêt lié à son statut migratoire.
Mais l'élu est ensuite revenu sur ses déclarations: "la personne qui a été tuée n'était pas la personne qu'ils (ICE) recherchaient", a-t-il déclaré à la chaîne CNN, après avoir reçu de nouvelles informations des autorités.
Le sénateur a appelé à une "enquête complète, transparente et ouverte". Selon lui, toutefois, les agents impliqués ne portaient pas de caméras-piétons.
Le bureau du procureur général du Maine avait précédemment indiqué que "la personne visée avait tenté de prendre la fuite au volant d'un véhicule en direction de l'agent" qui a ouvert le feu. Il avait ajouté que le policier serait placé en congé administratif, conformément au protocole. Le FBI a, lui, indiqué avoir ouvert une enquête.
"J'ai essayé de m'arrêter"
Un témoin, Daniel Boucher, a rapporté à l'AFP qu'il était chez lui quand il a entendu plusieurs coups de feu.
Par une fenêtre de son domicile, il a alors vu une petite berline heurtée par un SUV blanc. Puis il raconte qu'un agent de l'ICE a ensuite sorti le conducteur du premier véhicule et l'a allongé au sol.
Des habitants manifestent à Biddeford dans le Maine après la mort d'un homme tué par un agent de la police de l'immigration, le 13 juillet 2026. ( AFP / Joseph Prezioso )
"La personne avait la tête et le visage ensanglantés. C'était vraiment terrible. A ce moment-là, j'ai clairement entendu la victime dire : +J'ai essayé de m'arrêter+, ou quelque chose dans ce genre-là". Puis elle est morte quelques secondes plus tard.
Un porte-parole de l'ICE a expliqué lundi que ses agents avaient tenté d'arrêter un véhicule vers 07H00 (11H00 GMT), après avoir surveillé la dernière adresse connue d'une personne visée par une mesure d'expulsion.
"Le véhicule a tenté de fuir les lieux et, craignant pour la sécurité du public, un agent a fait usage de son arme", touchant le conducteur de l'automobile, qui est décédé des suites de ses blessures, a décrit le porte-parole.
"ICE dehors"
Deux associations, la Maine Immigrants' Rights Coalition et Presente Maine, qui ont conjointement identifié la victime, ont indiqué que l'homme était autorisé à travailler aux Etats-Unis.
"Nous ne laisserons pas cette mort être réduite à une simple note de bas de page dans les statistiques de cette administration", a déclaré Crystal Cron, directrice exécutive de Presente Maine.
Le ministère américain de la Sécurité intérieure (DHS), dont dépend l'ICE, n'a pas immédiatement commenté.
Sur place, dans cette rue résidentielle, un périmètre de sécurité a été établi.
Des manifestants ont défilé dans le secteur avec des pancartes proclamant "ICE dehors!", avant de se rassembler devant les bureaux de l'autre sénatrice du Maine, Susan Collins, membre du Parti républicain.
"Une personne est morte, et ses proches ainsi que les habitants de notre communauté méritent des réponses claires sur ce qui s'est passé", a déclaré le maire de Biddeford, Liam LaFountain, dans un communiqué.
"Je mesure la peur et l'incertitude qu'un événement d'une telle ampleur a suscitées dans notre ville", a-t-il ajouté.
Chargés de mettre en œuvre la campagne d'expulsions massives voulue par Donald Trump, les agents de l'ICE, lourdement armés et le plus souvent masqués, font l'objet de critiques à travers le pays en raison de leurs méthodes jugées agressives, ainsi qu'après la mort par balle de deux citoyens américains à Minneapolis cette année.

2 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer