Aller au contenu principal
Fermer

États-Unis: Bullard (Fed) ne voit pas de récession, plaide pour d'autres hausses de taux
information fournie par Reuters 18/04/2023 à 17:33

par Howard Schneider

SAINT-LOUIS, Missouri (Reuters) - La banque centrale américaine doit continuer à relever ses taux d'intérêt au regard des données récentes montrant que l'inflation reste persistante tandis que l'économie dans son ensemble semble prête à poursuivre sa croissance, certes au ralenti, a déclaré le président de la Réserve fédérale de Saint-Louis, James Bullard.

Dans un entretien accordé à Reuters, James Bullard s'est inscrit en faux contre l'idée que les Etats-Unis se dirigent vers une crise bancaire, une récession ou les deux à la fois dans un avenir proche.

"Wall Street est très attachée à l'idée qu'il y aura une récession dans six mois ou quelque chose comme cela, mais ce n'est pas vraiment la manière dont on interprète une expansion comme celle-ci", a-t-il dit.

Alors que certains investisseurs envisagent des baisses de taux à court terme, à l'appui du risque de récession, le patron de la Fed de Saint-Louis note que "le marché du travail semble très, très solide". Selon lui, ce n'est donc pas le moment de prédire une récession pour le second semestre.

Avec un taux de chômage actuellement à 3,5%, James Bullard s'attend plutôt à une stagnation de l'économie après un premier trimestre relativement solide.

Concernant les banques, James Bullard estime que si la débâcle de Silicon Valley Bank (SVB) et de Signature Bank le mois dernier devait déclencher une crise, celle-ci s'observerait probablement sur des outils comme l'indice du stress financier de la Fed de Saint-Louis.

Cet indice a connu un pic après la faillite de SVB, le 10 mars, mais il est rapidement revenu à la normale, fait-il valoir.

"Si l'on s'attendait vraiment à une crise financière majeure, l'indice atteindrait un niveau de quatre ou cinq. Il est aujourd'hui à zéro. Il ne semble donc pas, pour l'instant, qu'il se passe grand-chose", a-t-il déclaré.

UN TAUX TERMINAL PLUS ÉLEVÉ

Les propos de James Bullard mettent en exergue les débats au sein de la Fed sur les dernières mesures d'un cycle monétaire marqué par une hausse extrêmement rapide du coût du crédit, les responsables devant tenir compte à la fois du niveau de l'inflation sous-jacente et des signes de détérioration de l'économie.

En mars, la plupart des responsables de la Fed estimaient qu'une ultime augmentation des taux d'intérêt, portant les "fed funds" dans une fourchette de 5,00%-5,25%, serait suffisante. Cette hausse pourrait intervenir à l'issue de la réunion des 2 et 3 mai.

Tout en reconnaissant que le cycle de resserrement est peut-être proche de la fin, James Bullard juge que le coût du crédit doit encore augmenter d'un demi-point de pourcentage après la hausse de mai pour atteindre 5,50%-5,75%.

Certains responsables de la banque centrale américaine et analystes redoutent toutefois que de telles hausses débouchent sur une entrée en récession de l'économie.

D'après le baromètre FedWatch de CME Group, les traders évaluent actuellement avec une probabilité de 87% une hausse de taux d'un quart de point de pourcentage lors de la réunion de mai de la Fed.

UNE "GUIDANCE" LIMITÉE

Au regard de l'évolution de l'inflation et de l'économie, James Bullard estime que la Fed doit limiter sa communication sur ses orientations futures.

"Nous souhaitons pouvoir réagir aux données qui nous parviennent tout au long de l'été et jusqu'à l'automne", a-t-il déclaré. "On ne voudrait pas être piégé par le fait d'avoir donné des indications prévisionnelles disant que nous ne ferons rien alors que l'inflation devient trop forte ou trop faible", a-t-il ajouté.

Une fois que les taux d'intérêt seront à un niveau considéré comme "suffisamment restrictif" pour ralentir l'inflation, James Bullard estime qu'il faudra rester à ce niveau élevé pendant longtemps afin de s'assurer que l'inflation est totalement maîtrisée.

Selon lui, il ne sera pas nécessaire d'augmenter fortement le taux de chômage pour y parvenir, mais il faudra du temps pour que les consommateurs, les entreprises et les collectivités locales dépensent les économies bloquées pendant la pandémie de COVID-19.

(Reportage Howard Schneider; version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault)

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • ( AFP / JULIE SEBADELHA )
    information fournie par Boursorama avec AFP 08.06.2026 14:03 

    L'ancien patron de Zadig&Voltaire, Rémy Baume, va prendre la direction des grands magasins Le Printemps, près de neuf mois après le départ de leur président Jean-Marc Bellaiche, a annoncé lundi le conseil de supervision du groupe, en pleine restructuration.

  • ( AFP / ANDREW YATES )
    information fournie par Boursorama avec AFP 08.06.2026 14:01 

    Le groupe américain Ingredion, spécialisé dans les ingrédients, a officialisé lundi une offre d'achat de son rival britannique Tate & Lyle pour 2,7 milliards de livres (3,1 milliards d'euros), acceptée par ce dernier, selon un communiqué des deux entreprises.

  • Les valeurs de la journée sur les marchés américains (Crédit: Scott Beale / Flickr)
    information fournie par Reuters 08.06.2026 13:50 

    (Actualisé avec Uber, cours d'avant-Bourse pour Eli Lilly, résultats de Campbell's) Principales valeurs à suivre lundi à Wall Street, où les contrats à terme sur les principaux indices suggèrent une ouverture en hausse de 0,31% pour le Dow Jones .DJI , de 0,71% ... Lire la suite

  • Le pape Léon XIV devant le Parlement espagnol à Madrid le 8 juin 2026 ( AFP / Stefano RELLANDINI )
    information fournie par AFP 08.06.2026 13:36 

    S'adressant aux évêques espagnols, le pape Léon XIV a demandé lundi "vérité, justice et réparation" face au "fléau" des violences sexuelles commises au sein de l'Eglise, dans un pays où le clergé a souvent été critiqué pour son manque de transparence sur le sujet. ... Lire la suite

Pages les plus populaires