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Espoirs mesurés à l'ouverture de la Conférence de soutien au Liban
information fournie par Reuters 24/10/2024 à 13:11

Le Premier ministre libanais Najib Mikati aux côtés d'Emmanuel Macron, du ministre libanais des Affaires étrangères , du ministre français des Affaires étrangères et du ministre français des Armées

Le Premier ministre libanais Najib Mikati aux côtés d'Emmanuel Macron, du ministre libanais des Affaires étrangères , du ministre français des Affaires étrangères et du ministre français des Armées

par John Irish

La "Conférence internationale de soutien à la population et à la souveraineté du Liban" s'est ouverte ce jeudi à Paris avec l'ambition d'apporter un appui aux forces armées du pays et de plaider en faveur d'un cessez-le-feu, dans un contexte pourtant peu favorable aux efforts diplomatiques français.

En coulisse, beaucoup doutaient en effet que ces espoirs se concrétisent, les efforts poursuivis de leur côté par les Etats-Unis dans le contexte de l'élection présidentielle américaine se heurtant à ceux que déploient ou entendent déployer d'autres pays, la France notamment.

"La guerre doit cesser au plus vite. Il faut un cessez-le-feu au Liban. Plus de dégâts, plus de victimes, plus de frappes ne permettront ni d'en finir du terrorisme ni d’assurer la sécurité de tous", a déclaré Emmanuel Macron en ouvrant la conférence au côté de Najib Mikati, le Premier ministre libanais.

"Il faut cesser le feu et définir sans attendre les mesures qui doivent être prises pour rétablir un calme durable le long de la ligne bleue et permettre aux populations déplacées au Liban comme en Israël, de retourner dans leurs foyers en toute sécurité", a-t-il poursuivi.

S'exprimant dans la foulée, Najib Mikati a prié la communauté internationale de soutenir la reconstruction des infrastructures détruites par les bombardements israéliens.

Si Paris a travaillé avec Washington à l'élaboration d'un cessez-le-feu au Liban, son influence est amoindrie par l'offensive de grande ampleur conduite par Israël contre le Hezbollah depuis septembre et qui a fait plus de 2.000 morts et plus de 1,3 million de déplacés, selon les autorités libanaises.

ISRAEL ET IRAN ABSENTS

Organisée à la hâte, la conférence de jeudi accueillait 70 délégations et 15 organisations internationales, mais pas le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, qui a préféré effectuer une dernière tournée diplomatique au Proche-Orient avant la présidentielle du 5 novembre.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhan Al Saoud, qui s'efforce de rester à l'écart du dossier libanais, ne s'est pas non plus déplacé.

Israël, qui dénonce l'initiative française, ne sera pas représenté, pas plus que l'Iran, soutien du Hezbollah, qui n'a pas été invité.

La note de cadrage adressée aux différentes délégations indique que la conférence entendait réaffirmer la nécessité d'une cessation des hostilités sur la base de la résolution 1701 adoptée en 2006 par le Conseil de sécurité des Nations unies, qualifiée de "pierre angulaire" de la sécurité au Liban par Najib Mikati.

Elle pose le cadre d'un cessez-le-feu permanent entre Israël et le Hezbollah avec la constitution, entre la Ligne bleue séparant Israël et le Liban au sud et le fleuve Litani au nord, d'une zone exempte de toute force armée à l'exception de l'armée libanaise, appuyée par la Finul.

Le gouvernement libanais pourrait d'ailleurs déployer 8.000 soldats dans le sud du pays, a dit le Premier ministre libanais, alors qu'on apprenait la mort de trois militaires libanais tués par une frappe israélienne près de Yater, une localité méridionale.

500 MILLIONS D'EUROS D'AIDE ESPÉRÉS

La conférence espérait également sensibiliser la communauté internationale au sort des centaines de milliers de déplacés qui ont quitté leur logement au gré des bombardements et des ordres d'évacuations israéliens. Le gouvernement libanais dit avoir besoin de 250 millions de dollars (232 millions d'euros) par mois pour surmonter cette crise.

Paris entendait lever jeudi lors de la conférence autour de 500 millions d'euros d'aide humanitaire. Sur cette somme, l'Allemagne a d'ores et déjà promis de verser 96 millions d'euros et la France s'est engagée, par la voix d'Emmanuel Macron, à apporter 100 millions d'euros.

"Il est important que nous puissions avancer et apporter des réponses concrètes à ces problèmes, des réponses concrètes à la question des déplacés par la mobilisation humanitaire que nous attendons aujourd'hui et des réponses politiques sur le règlement de la crise" explique-t-on à l'Elysée.

Paris espère profiter de cette opportunité pour inciter le Liban à avancer sur sa présidence, vacante depuis deux ans, sans grande certitude, même si la France espère que les contacts dont elle dispose avec le Hezbollah et l'Iran lui offrent un avantage sur les Etats-Unis.

L'émissaire américain Amos Rothstein, présent lundi à Beyrouth, a défendu la proposition des Etats-Unis sur un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, tout en appelant à aller plus loin que le respect de la précédente résolution de l'Onu sans évoquer la conférence de jeudi.

"La France veut un cessez-le-feu et pense que le Hezbollah ne sera pas éradiqué. Elle ne veut pas perdre ce qu'elle a investi dans cette relation", souligne une source diplomatique proche-orientale.

"Les Etats-Unis veulent la destruction du Hezbollah et ils encouragent les Israéliens à aller plus loin".

(Avec la contribution de Maya Gebeily; version française Nicolas Delame, édité par Blandine Hénault)

3 commentaires

  • 24 octobre 13:57

    Distribuer des subsides qui ne m'appartiennent pas, moi aussi je sais faire ce n'est pas très compliqué mais dans le cas actuel quand on connais les difficultés auxquelles est confronté le pays c'est un affront monumental dont de nombreux citoyens sauront se souvenir.


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