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Espagne: les conducteurs de train en grève après les accidents mortels de janvier
information fournie par AFP 09/02/2026 à 14:58

Les membres des syndicats manifestent à la gare Sants de Barcelone, le 9 février 2026, dans le cadre d'une grève nationale organisée par le syndicat des conducteurs de train espagnols pour réclamer des mesures de sécurité ferroviaire à la suite d'accidents mortels à Adamuz et à Gelida ( AFP / Lluis GENE )

Les membres des syndicats manifestent à la gare Sants de Barcelone, le 9 février 2026, dans le cadre d'une grève nationale organisée par le syndicat des conducteurs de train espagnols pour réclamer des mesures de sécurité ferroviaire à la suite d'accidents mortels à Adamuz et à Gelida ( AFP / Lluis GENE )

Les conducteurs de train espagnols ont entamé lundi trois jours de grève pour dénoncer la dégradation des infrastructures et le manque de financement, qu’ils jugent responsables des deux accidents ferroviaires ayant fait 47 morts en janvier.

"Cela fait des années que nous réclamons plus d'entretien" des voies ferrées, explique à l'AFP Daniel Hidalgo, porte-parole du secteur ferroviaire du syndicat CGT lors d'une manifestation à Madrid. "Les cheminots ont dit stop, ils sont fatigués du système".

La hausse du trafic renforce, selon les syndicats, la pression sur le réseau. "Il y a dix ans, nous transportions environ dix millions de voyageurs. Aujourd’hui, nous sommes entre 22 et 23 millions", souligne Arturo Vega, responsable national du syndicat CSIF, appelant à plus d’investissements et à un renforcement des contrôles.

Comme c'est l'usage en Espagne, les autorités ont imposé aux travailleurs l'obligation d'assurer jusqu'à 75% des trains de banlieue aux heures de pointe et 50% le reste de la journée.

Malgré ce service minimum, la gare madrilène d’Atocha a connu de fortes tensions, notamment entre 07H00 et 08H00, créneau clé pour les échanges entre la capitale et sa banlieue.

Quais bondés, retards et distribution de tracts du syndicat CCOO appelant à la "compréhension et au soutien": les voyageurs oscillaient entre solidarité et exaspération.

"Les accidents récents ne sont pas des faits isolés: ils sont la conséquence de décisions qui privilégient les coupes et la fragmentation du service au détriment d'un chemin de fer public, sûr et bien géré", explique le tract du syndicat CCOO.

"Je n'ai pas pu partir", déplore auprès de l'AFP Mari Carmen González, une usagère de 58 ans qui tentait de se rendre de Madrid à Aranjuez dénonçant des services minimums "pas respectés".

- "En carafe" -

Un usager achète un billet de train pour le réseau régional Rodalies de Catalogne à la gare Sants de Barcelone, le 9 février 2026 ( AFP / Lluis GENE )

Un usager achète un billet de train pour le réseau régional Rodalies de Catalogne à la gare Sants de Barcelone, le 9 février 2026 ( AFP / Lluis GENE )

Victoria Bulgier, une professeure d’anglais américaine d'une trentaine d'années, qui devait se rendre à Getafe, au sud de Madrid, assure quant à elle comprendre "totalement" le mouvement.

"Ils ne devraient pas travailler dans des conditions qui les mettent en danger", a-t-elle confié à l'AFP.

La principale gare de Barcelone, Sants, était bien plus vide qu'un jour normal.

Sur les écrans, quelques annonces de trains supprimés et de retards.

A Barcelone, la gare de Sants apparaissait inhabituellement calme, ponctuée d’annonces de suppressions et de retards. "Au final, beaucoup de gens se retrouvent en carafe", soupire Israel Fernández, aide-soignant de 19 ans, bloqué depuis deux heures après une nuit de travail, tout en disant soutenir les revendications des cheminots.

À l'entrée des trains de banlieue, la fréquentation était faible, accentuant encore la tendance des dernières semaines, les usagers se montrant méfiants face aux retards et annulations à répétition du réseau régional autour de Barcelone.

Le 18 janvier, la collision entre deux trains à grande vitesse à Adamuz, dans le sud du pays, lorsque l'un d'eux a déraillé sur la voie adjacente, a provoqué la mort de 46 personnes, dont le conducteur de l'un des trains.

Le 18 janvier, la collision entre deux trains à grande vitesse à Adamuz, dans le sud du pays --après le déraillement de l’un d’eux sur la voie adjacente -- a fait 46 morts, dont un conducteur. Deux jours plus tard, à Gelida, en Catalogne, un nouveau déraillement provoqué par l’éboulement d’un talus a tué un conducteur, blessé plusieurs passagers et interrompu un service utilisé quotidiennement par 400.000 voyageurs.

Depuis, le trafic n’a jamais retrouvé la normale, perturbé par retards et annulations.

"Ca fait longtemps qu'on avertit de cette situation, aussi bien les syndicats que les travailleurs, et malheureusement, ces accidents font qu’on nous écoute davantage", souligne Pau Mercè, du syndicat CCOO.

La publication du rapport final sur les causes de la tragédie d'Adamuz n'est pas attendue avant plusieurs mois, les enquêteurs étudiant notamment la piste d'une "rupture" d'un rail au niveau d'une soudure qui se serait produite juste avant la catastrophe.

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