Aurélie Trouvé à l'Assemblée nationale à Paris le 11 février 2026. ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )
La proposition de loi déposée par LFI entend "protéger les ménages et l'économie nationale" tout en garantissant que "les conséquences des crises énergétiques internationales ne soit pas supportées principalement par les consommateurs".
Objectif : "permettre le blocage temporaire des prix de l'énergie" en cas de crise. Pour faire face à une potentielle "flambée des prix de l'énergie", qui ont déjà augmenté avec la guerre au Moyen-Orient, la députée LFI Aurélie Trouvé a déposé ce vendredi 6 mars une proposition de loi. Lors de "circonstances exceptionnelles résultant d'une crise internationale majeure affectant la production, l'acheminement ou l'approvisionnement mondial en énergie", le texte prévoit que "les prix de vente au détail des carburants, du gaz naturel et de l'électricité destinés aux consommateurs finals" soient "gelés ou plafonnés", pour une durée "maximale de trois mois".
Les objectifs affichés de la proposition de loi sont de "protéger les ménages et l'économie nationale" tout en garantissant que "les conséquences des crises énergétiques internationales ne soit pas supportées principalement par les consommateurs". La députée insoumise, ancienne présidente de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, juge "insuffisants" les mécanismes de régulation des prix, "laissant les consommateurs particulièrement exposés aux fluctuations des marchés énergétiques mondiaux". Aurélie Trouvé dénonce également la capacité des marchés de l'énergie a produire "des hausses de prix rapides et massives, souvent sans lien direct avec les coûts réels de production". Un fonctionnement qui révèle, selon elle, "la capacité de certains grands groupes à tirer profit des situations de crises".
Baisser les taxes est "inconcevable" pour le gouvernement
Depuis près d'une semaine, la guerre au Moyen-Orient paralyse le détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% de la production mondiale de pétrole et près de 20% du gaz naturel liquéfié (GNL). Pour l'heure, les prix à la pompe en France ont augmenté de "5 à 15 centimes d'euros sur le SP95" et de "15 à 20 centimes sur le gazole", a indiqué jeudi le ministre de l'Economie Roland Lescure. Mercredi, la cheffe des députés RN Marine Le Pen avait proposé de baisser les taxes, afin de compenser les hausses. Une mesure jugée "inconcevable" par la ministre déléguée à l'Energie Maud Bregeon, car cela entraînerait un trou de près de 20 milliards d'euros dans le budget de l'Etat.
La question des prix de l'énergie anime régulièrement le débat politique depuis la crise énergétique de 2022, liée à la guerre en Ukraine. Le gazole et les essences sans plomb Super 95 et 95-E10 avaient alors dépassé le seuil psychologique des deux euros par litre.
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