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ENCADRÉ-Les responsables de la BCE écartent toute mesure sur les taux à court terme
information fournie par Reuters 11/03/2026 à 12:55

(Actualisé avec déclarations de François Villeroy de Galhau, Joachim Nagel et Christine Lagarde)

Les prix du pétrole connaissent une forte volatilité depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l'Iran fin février, dans un contexte de craintes concernant l'approvisionnement, ce qui a incité les marchés à parier que la Banque centrale européenne (BCE) pourrait relever ses taux pour contrer l'inflation liée à l'énergie.

Avec des prix du pétrole à des niveaux jamais vus depuis 2022, les opérateurs ont même anticipé lundi jusqu'à deux hausses des taux en 2026, mais misent désormais sur au moins un relèvement cette année et une probabilité de près de 50% d'une deuxième hausse avant décembre.

Il s'agit néanmoins d'un changement important par rapport aux prévisions d'il y a quelques semaines, lorsque les opérateurs s'attendaient à des taux stables tout au long de l'année.

L'institut de Francfort tiendra sa prochaine réunion de politique monétaire les 18 et 19 mars et, selon toutes les attentes, il devrait laisser une nouvelle fois ses taux inchangés.

Les dernières déclarations d'une série de membres de l'institut de Francfort minimisent, du moins pour l'instant, la nécessité d'agir à court terme:

FRANÇOIS VILLEROY DE GALHAU, GOUVERNEUR DE LA BANQUE DE FRANCE (11 mars)

"Le sens de cette crise est malheureusement plus clair au fil des jours, ça signifie économiquement un peu plus d'inflation et un peu moins de croissance".

"L'inflation en France restera basse. Je lis parfois le mot de stagflation, qu'on entend beaucoup ces derniers jours. Ça n'est pas la stagflation, je vais le dire très clairement ce matin. Parce que ça n'est pas la stagnation de l'activité économique. Nous allons garder une croissance".

"Notre prévision d'inflation, qui était à 1,3% au mois de décembre sur l'ensemble de l'année - c'est-à-dire très basse, l'inflation en France est nettement plus basse que chez nos voisins européens- pourrait être légèrement remontée. J'insiste sur le 'légèrement'".

"La croissance va rester positive et on n'est pas du tout dans une inflation qui s'emballe".

"Je ne crois pas, vu d'aujourd'hui, qu'il faille remonter les taux maintenant ... Mais nous ne laisserons pas l'inflation s'installer."

JOACHIM NAGEL, PRÉSIDENT DE LA BUNDESBANK (11 mars)

"Nous devons être très vigilants".

"S'il apparaît que les hausses actuelles des prix de l'énergie se traduiront par une inflation généralisée des prix à la consommation à moyen terme, le Conseil des gouverneurs de la BCE agira de manière décisive et en temps utile".

"Les discussions sur le non-respect de notre objectif d'inflation sont susceptibles d'être mises en sourdine pour le moment".

"À ce stade, il est toutefois encore trop tôt pour évaluer de manière fiable les conséquences à moyen et long terme, compte tenu de la volatilité de la situation."

LUIS DE GUINDOS, VICE-PRÉSIDENT DE LA BCE (11 mars)

La volatilité des marchés financiers peut amplifier les chocs économiques et la BCE examinera différents scénarios de croissance et d'inflation lors de sa prochain réunion de politique monétaire, a déclaré le vice-président de la BCE lors d'une conférence à Madrid.

"Le scénario de base (est) que cela sera de courte durée. Si cela dure plus longtemps, il y a un risque que les anticipations d'inflation changent."

Tout en soulignant la nécessité pour les décideurs politiques de garder leur sang-froid lors de leur réunion du 19 mars, Luis de Guindos a reconnu que les prévisions étaient devenues plus complexes et que la volatilité des marchés pourrait amplifier l'impact réel sur l'économie.

"Une amplification de l'effet de choc d'un choc énergétique est possible et pourrait avoir un impact encore plus important sur l'activité économique", a-t-il déclaré.

La BCE doit désormais envisager différents scénarios, comme elle l'a fait lors de l'invasion russe de l'Ukraine il y a quatre ans, et accepter que l'incertitude soit élevée et que les prévisions soient plus difficiles, a conclu Luis de Guindos.

CHRISTINE LAGARDE, PRÉSIDENTE DE LA BCE (10 mars)

"Je ne suis pas en train de vous dire que tout va bien mais (...) qu'on est dans une situation qui, sur le plan économique, est différente".

"Nous ferons tout ce qui est nécessaire de faire pour que l'inflation soit sous contrôle et que les Français, les Européens, ne subissent pas des augmentations d'inflation du type de celles que nous avions vues dans les années 2022 et 2023."

MARTIN KOCHER, GOUVERNEUR DE LA BANQUE NATIONALE D'AUTRICHE (10 mars)

"Il est essentiel de ne pas agir précipitamment, mais plutôt de réfléchir mûrement et d'examiner attentivement le scénario, tout en attendant de voir comment la situation évolue".

"Ceux qui agissent précipitamment agissent généralement mal".

GEDIMINAS SIMKUS, PRÉSIDENT DE LA BANQUE DE LITUANIE (10 mars)

"Si vous commencez à réfléchir à la politique monétaire le matin, vous risquez d'avoir une opinion très différente le soir venu".

"En ce qui concerne la prochaine réunion, je dirais que nous discuterons bien sûr et tenterons d'évaluer toutes les implications possibles des événements en Iran ou pour l'économie européenne, mais je dirais que, pour l'instant, nous devons maintenir le cap".

MADIS MULLER, PRÉSIDENT DE LA BANQUE D'ESTONIE (10 mars)

"Nous ne devons pas prendre de décisions hâtives".

"Nous devons d'abord voir si la hausse des prix de l'énergie que nous connaissons actuellement s'avère transitoire ou non, comme ce fut le cas la dernière fois".

"Même si nous ne devons pas prendre de décisions hâtives, la probabilité d'un prochain changement des taux directeurs allant plutôt vers une augmentation que vers le contraire a probablement augmenté au cours des deux dernières semaines".

ISABEL SCHNABEL, MEMBRE DU CONSEIL DE GOUVERNEURS DE LA BCE (6 mars)

"L'inflation devant atteindre notre objectif à moyen terme et les anticipations inflationnistes étant bien ancrées, la politique monétaire reste appropriée."

"La récente flambée des prix de l'énergie à la suite des tensions en Iran rend la trajectoire de l'inflation plus incertaine."

"Ce qui importe pour la politique monétaire, ce sont les perspectives à moyen terme, c'est-à-dire la question de savoir si la dynamique sous-jacente des prix et l'évolution des salaires sont compatibles avec l'objectif sur l'horizon pertinent pour la politique monétaire. Sur cette base, les enseignements tirés de la pandémie suggèrent que les décideurs politiques doivent agir avec prudence."

OLAF SLEIJPEN, GOUVERNEUR DE LA BANQUE CENTRALE NÉERLANDAISE (6 mars)

"Même si je n'utiliserais plus les termes 'nirvana' ou "idéale", je n'ai pas radicalement changé d'avis sur notre situation actuelle, qui reste favorable."

"Je vois toujours une bonne position... mais tout dépend de la façon dont ce conflit va évoluer."

"Nous dépendons vraiment des données. Tout dépend donc de la façon dont les choses vont évoluer et de la manière dont nous allons évaluer ces évolutions à l'avenir."

JOSE LUIS ESCRIVA, GOUVERNEUR DE LA BANQUE D'ESPAGNE (6 mars)

"D'après les informations dont je dispose, je pense qu'il est très improbable que nous touchions aux taux lors de la prochaine réunion."

"Nous pouvons déjà considérer comme acquis qu'il y aura des effets (de la guerre)."

"Notre objectif d'inflation de 2% est un horizon à moyen terme, les mouvements transitoires ne doivent pas nécessairement nous conduire à prendre des décisions. Nous devons plutôt surveiller la situation et évaluer dans quelle mesure cela a des effets plus persistants au fil du temps."

MARTINS KAZAKS, GOUVERNEUR DE LA BANQUE CENTRALE DE LETTONIE (3 mars)

"Nous devons rester calmes."

"Je ne vois pas la nécessité de se précipiter pour agir sur les taux directeurs."

(Compilé par Balazs Koranyi ; version française Diana Mandia, édité par Augustin Turpin)

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