En grande difficulté, le groupe GiFi placé en redressement judiciaire ( AFP / Gabriel BOUYS )
Après une "dégradation brutale" de son activité, le groupe GiFi, dont les magasins emploient 6.000 personnes en France, a été placé mardi à sa demande en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse, suscitant une grande inquiétude au sein du personnel.
Selon la décision consultée par l'AFP, le tribunal ordonne une période d'observation de six mois du groupe français.
Il lui donne rendez-vous le 8 janvier pour une nouvelle audience visant à "déterminer si l'entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d'activité et le maintien de la période d'observation".
"On est assez dégoûtés, inquiets. Maintenant, la question est de savoir comment la procédure va se passer: en discussion avec les organisations syndicales ou de façon unilatérale?", a confié mardi à l'AFP Emmanuel Selves, représentant syndical CFTC.
"Mal-être total"
"Les salariés sont écoeurés, dans un état de mal-être total", a-t-il poursuivi par téléphone depuis le siège de GiFi, où quelque 630 personnes sont employées à Villeneuve-sur-Lot, dans un département du Lot-et-Garonne "où l'activité est déjà assez ravagée".
Un CSE (Comité social et économique) extraordinaire, convoqué par la direction, doit avoir lieu mercredi à 9 heures, a-t-il indiqué.
Les problèmes du groupe GiFi ont commencé avec un changement de système informatique raté en 2023. "La mise en place d'un nouveau système d'information intégré (ERP) a fortement perturbé le pilotage des achats, la gestion des stocks et des approvisionnements des magasins, avec des répercussions directes et durables sur le chiffre d'affaires du Groupe", note le tribunal dans sa décision.
S'y est ajoutée la concurrence d'autres magasins (Action, Maxibazar) ou de plateformes internet, comme le chinois Temu, ainsi que "des conditions météorologiques défavorables à compter d'avril 2024 (qui ont) pénalisé les ventes de produits saisonniers représentant environ la moitié du chiffre d'affaires du groupe", poursuivent les magistrats.
En 2025, l'enseigne, fondée par Philippe Ginestet en 1981, avait envisagé de réduire de 5 % ses effectifs, avant d'interrompre ce plan social. Elle a ensuite décidé de céder une trentaine de magasins au distributeur alimentaire Grand Frais, sur les plus de 500 qu'elle compte.
"Dégradation brutale"
Une nouvelle "dégradation brutale de l'activité en juillet et août 2026" a suscité "un besoin de trésorerie non couvert estimé entre 25 et 30 millions d'euros à compter d'octobre 2026", note le tribunal, selon lequel les solutions envisagées pour combler ce manque "n'ont pu aboutir dans les délais requis".
"Le marché s'est nettement dégradé au cours de l'été et GiFi n'a pas été épargnée. (...) Pour protéger l'entreprise et poursuivre son activité, nous avons décidé (...) de solliciter l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal compétent", avait annoncé mi-octobre aux salariés le nouveau président du directoire de GiFi, Patrick Puy, dans une lettre consultée par l'AFP.
Le dirigeant, dont la nomination avait été annoncée quelques jours plus tôt, a assuré que cette procédure n'entraînerait "par elle-même aucune conséquence immédiate sur l'emploi et aucun nouveau PSE" (plan de sauvegarde de l'emploi).
Le 23 octobre, après une première audience devant le tribunal de commerce pour solliciter formellement le placement de GiFi en redressement judiciaire, M. Puy a dit vouloir "protéger un maximum de salariés".

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer