De nombreuses scènes de violence et de pillages ont terni samedi la journée de mobilisation contre la vie chère qui a rassemblé des dizaine de milliers de personnes dans toute la France.
Des dégâts importants ont été rapportés à Paris, notamment sur la place de la République, où s'étaient rassemblés des centaines de "black blocs", selon le ministère de l'Intérieur, mais aussi à Lyon, où l'office du tourisme a été incendié, ou encore à Marseille et Lille dont les mairies ont été dégradées.
Les manifestations elles-mêmes, associant "gilets jaunes", lycéens et étudiants, organisations syndicales et partis de gauche pour dénoncer la vie chère ou encore le manque de moyens de l'Education nationale, se sont dans l'ensemble déroulées sans incident, y compris à Paris.
A 15h00, 272 interpellations avaient été recensées sur tout le territoire national, selon l'entourage du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.
Initialement né sur les réseaux sociaux, l'appel à manifester ce 17 octobre a été relayé par les syndicats lycéens qui se mobilisent depuis la mi-septembre pour obtenir de meilleures conditions d'enseignement.
Des syndicats comme la CGT, Solidaires ou la Confédération paysanne se sont également joints au mouvement. "Le mot d'ordre, c'est stop à la vie chère", a déclaré vendredi sur France inter la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. "Le point commun, c'est de dire qu'il faut que le gouvernement prenne l'argent là où il est, c'est à dire dans les poches des milliardaires, des rentiers, des plus grandes entreprises."
PRINCIPAUX DÉVELOPPEMENTS :
18h00 - Le Premier ministre Sébastien Lecornu dénonce sur les réseaux sociaux "une violence d'une extrême intensité".
"Les manifestations pacifiques ont toute leur place dans notre République. Les incendies, les pillages et les attaques n’en ont aucune. Aujourd’hui, des groupes d’ultragauche ont organisé la violence dans plusieurs villes de France ; des délinquants s’y sont mêlés pour piller et détruire", écrit le chef du gouvernement avant une réunion de la cellule de crise.
"Au moment où certains cherchent à jeter l’opprobre sur nos forces de l’ordre, je veux dire aux Français qu’ils peuvent être fiers de leurs policiers et de leurs gendarmes. Ils ont affronté une violence d'une extrême intensité pour protéger nos concitoyens et ils méritent tout notre soutien", ajoute Sébastien Lecornu.
17h20 - Plus de 500.000 personnes ont manifesté contre la vie chère dans toute la France, selon la CGT.
16h00 - En tête du cortège parisien avec plusieurs élus de La France insoumise (LFI), le candidat à l'élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon a accusé les autorités de provoquer délibérément des violences.
"À Paris, le désordre est organisé par le préfet qui interdit l'accès à la place de la République en gazant sans relâche. Pourtant, c'est le point de départ officiel et autorisé. L'affrontement semble être le but de cette stratégie de 'maintien de l'ordre'", a-t-il écrit sur la plateforme X.
15h30 - Le cortège parisien se déroule sans incident entre la place de la République et la place de Clichy. En revanche, des incidents violents ont lieu place de la République entre les forces de l'ordre et des "black blocks".
Selon le ministère de l'Intérieur, les manifestations à Lyon et Nantes rassemblent environ 20.000 personnes et celle de Rennes quelque 10.000 personnes.
"Dans ces cortèges, des black blocs de plusieurs centaines d'individus se sont constitués autour de l’ultra/gauche", écrit le ministère dans son dernier point de situation.
15h00 - A Lyon, sur la place Bellecour, l'office du tourisme a été incendié, montrent des images diffusées par les chaînes d'information continue.
14h15 - Plus de 1.000 contrôles préventifs ont été réalisés à Paris depuis samedi matin et 49 amendes forfaitaires délictuelles ont été délivrées, déclare la préfecture de police qui fait état de plusieurs centaines "d'individus violents" s'attaquant aux forces de l'ordre place de la République et annonce 133 interpellations.
14h00 - "J'en ai ras-le-bol de la doctrine du maintien de l'ordre dans ce pays" et un usage de la force "complètement disproportionné" qui "met tout le monde en danger, les lycéens et les policiers", déclare à la presse la secrétaire nationale des Ecologistes Marine Tondelier place de la République à Paris.
13h50 - Sur BFM TV, Benoît Payan déplore une "intrusion" et "quelques dégâts" infligés à la mairie de Marseille par des "abrutis". "Ce n'est pas ma conception de la République", ajoute le maire, dénonçant le "bras armé et les idiots utiles de ceux qui se battent contre les revendications des lycéens".
Benoît Payan dit avoir obtenu des autorités l'envoi de renforts de CRS. "Il a fallu que j'appelle le président de la République, le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur pour que les choses bougent. On est passé d'une compagnie à cinq."
12h46 - Selon l'entourage du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, 140 actions réunissant 32.800 personnes avaient été dénombrées en province à 12h00, et 166 interpellations effectuées sur tout le territoire national.
De même source, on dénonce des "opérations violentes et ciblées en certains endroits par des individus cagoulés et constitués en black blocs notamment à Paris, Marseille, Rennes, Toulouse, Angers".
"La probabilité que l’ultra gauche fasse dégénérer les cortèges de l’après-midi est très forte. Le ministre a rappelé les consignes de grande fermeté aux préfets et aux forces de l’ordre", dit encore l'entourage du ministre de l'Intérieur.
12h45 - La police fait usage de gaz lacrymogènes sur la place de la République à Paris, point de départ de manifestations prévues dans l'après-midi.
12h15 - A Marseille, des heurts opposent policiers et manifestants sur le bas de la Canebière, constate un correspondant de Reuters. Selon la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, un commissariat de la police municipale a été dégradé en marge de regroupements non déclarés. Des vitres ont été cassées et des fumigènes lancés à l'intérieur sans que des blessés soient à déplorer, dit-elle.
11h20 - "Nous nous battons parce que le coût de la vie est trop élevé, parce que le prix de l'essence est trop cher, parce que des lycéens sont victimes de violences et de blessures partout dans le pays simplement parce qu'ils tentent de manifester et de demander plus d'enseignants et des conditions d'apprentissage décentes", explique à Reuters Lola, une jeune manifestante de 19 ans rencontrée à Paris, où des cortèges non déclarés se forment, bloqués par la police.
11h10 - Un incendie volontaire a "ravagé" l'UFR de lettres de l'université de Rouen, sur le campus de Mont-Saint-Aignan, dans la nuit de vendredi à samedi, déclare le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, sur X.
10h30 - Sur X, la préfecture de police déclare que 40 interpellations avaient été réalisées à 09h30 dans l'agglomération parisienne "principalement pour port d'armes ou de protections prohibées".
09h30 - A Paris, une large présence policière est observée autour des Champs-Elysées et l'arc de Triomphe et plusieurs boutiques se sont barricadées en prévision de la journée.
09h00 - A Rennes, un groupe de manifestants tente de bloquer une avenue du nord-ouest de la ville en érigeant des barricades enflammées et une intervention des forces de l'ordre est en cours, déclare sur X la préfecture de Bretagne et d'Ille-et-Vilaine. Un petit groupe de manifestants est dispersé à Lyon, selon la préfecture citée par BFM TV.

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