L'ancien chef de la police nationale indonésienne, le général Listyo Sigit Prabowo, à Jakarta, le 1er octobre 2026, en Indonésie ( AFP / BAY ISMOYO )
L'ancien chef de la police indonésienne, limogé cette semaine de ses fonctions de chef de cabinet du président indonésien, pourrait avoir commis un acte de "trahison" en raison de son implication présumée dans les écoutes téléphoniques du chef de l'État, a indiqué le gouvernement mercredi.
"Ce qui a été fait pourrait être assimilé à des actes relevant de la trahison", a déclaré aux journalistes le porte-parole de la présidence, Prasetyo Hadi, après l'arrestation de Listyo Sigit Prabowo survenue mardi à Jakarta.
"Cela constitue également des actes qui compromettent la sécurité des intérêts de l'État, notamment en mettant en péril la sécurité du dirigeant du pays", a-t-il ajouté.
Selon le code pénal indonésien, la peine maximale encourue pour trahison à l'égard du président est la mort par peloton d'exécution.
Mardi, la police nationale indonésienne a annoncé avoir arrêté M. Listyo ainsi que deux autres hauts responsables de la police, soupçonnés d'avoir placé sur écoute le président Prabowo Subianto ainsi que des représentants du gouvernement et des personnalités politiques, des journalistes, des représentants d'ONG et des hommes d'affaires.
Ces écoutes ont été effectuées "sans aucun fondement juridique, ni aucune procédure d'enquête ou d'instruction conforme aux lois en vigueur", a indiqué mardi un responsable de la police, Asep Safrudin.
Ces dernières semaines, le président Prabowo Subianto a été confronté à des protestations accrues contre les difficultés économiques, la corruption, l'autoritarisme et la gestion des incendies, dont les fumées toxiques ont rendu malades des milliers de personnes.
Deux ans après le début de son mandat, sa popularité a chuté à un niveau historiquement bas.
Mercredi, alors que les messages se multiplient sur les réseaux sociaux concernant l'instabilité à la tête de l'État, le chef de l'armée indonésienne a annoncé avoir ordonné le déploiement de milliers de soldats dans la capitale Jakarta.
"Le déploiement de troupes est une mesure de routine effectuée pour garantir la préparation opérationnelle des TNI", a indiqué à l'AFP le porte-parole des Forces armées nationales indonésiennes (TNI), Muhammad Nas.
Khairul Fahmi, analyste à l'Institut indonésien pour les études de sécurité et stratégiques (ISESS), a estimé qu'une "plus grande transparence concernant ce déploiement contribuerait certainement à éviter des spéculations inutiles".
Pour l'instant, "je ne vois pas d'éléments probants suffisants pour conclure que ce déploiement annonce une intervention militaire imminente ou une confrontation entre les institutions de l’État", a-t-il ajouté, interrogé par l'AFP.
Pressions tous azimuts
Le vice-président Gibran Rakabuming Raka à Jakarta en Indonésie le 14 août 2026 ( AFP / BAY ISMOYO )
Dans le même temps, la pression s'accroît sur le vice-président Gibran Rakabuming Raka, fils de Joko Widodo, prédécesseur et rival politique de Prabowo, et soupçonné de ne pas avoir obtenu son diplôme de fin d'études secondaires, une condition requise pour accéder à la vice-présidence.
Prabowo Subianto a remanié son gouvernement pour la septième fois le mois dernier, nommant à la tête de son cabinet Listyo Sigit Prabowo, sans lien de parenté avec lui.
Âgé de 57 ans, ce dernier est vu comme un allié de Joko Widodo.
Il occupait le poste de chef de la police quand les écoutes présumées, qui auraient débuté en 2025, se sont produites.
Mercredi, le porte-parole de la présidence a précisé que les raisons des écoutes téléphoniques n'étaient pas encore connues.
"Lorsqu'on parle du chef de l'État (...) il y a là une grande quantité d'informations qui sont, par nature, très sensibles et qui pourraient mettre en péril (...) les intérêts ainsi que la force de la nation et de l'État", a-t-il déclaré, ajoutant que le président Prabowo avait exprimé sa "profonde préoccupation".

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