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Ebola-Un cas confirmé dans une région de RDC contrôlée par les rebelles, loin de l'épicentre
information fournie par Reuters 21/05/2026 à 15:45

par Ange Kasongo

Un cas d'Ebola a été confirmé dans la province du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), à des centaines de kilomètres de l'épicentre de l'épidémie, a annoncé jeudi l'alliance rebelle qui contrôle la région.

Ce cas recensé dans une zone rurale près de Bukavu, la capitale de la province, est le signe d'une propagation de l'épidémie qui, selon les experts, circulait depuis environ deux mois dans la province d'Ituri, à des centaines de kilomètres au nord, avant d'être détectée la semaine dernière.

L'Alliance Fleuve Congo (AFC) incluant les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda - qui se sont emparés de vastes secteurs de l'est de la RDC l'année dernière - a déclaré dans un communiqué que le patient, âgé de 28 ans, était décédé et avait été enterré en toute sécurité.

L'AFC a précisé que cette personne venait de la ville de Kisangani située dans la province de Tshopo - elle-même frontalière de l'Ituri -, mais n'a pas fourni de détails sur ses déplacements récents.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a pour le moment estimé que l'épidémie de la souche Bundibugyo du virus, pour laquelle il n'existe aucun vaccin, constituait une urgence de santé publique de portée internationale, mais pas de nature pandémique.

Selon l'agence onusienne, 139 décès dus à l'épidémie et 600 cas présumés ont été recensés jusqu'à mercredi dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu, dans l'est de la RDC. Deux cas ont également été confirmés en Ouganda, pays frontalier à l'est de la RDC.

Le porte-parole des services de santé du Sud-Kivu, Claude Bahizire, a indiqué jeudi à Reuters que deux cas suspects, dont le patient décédé, avaient été détectés dans la province. L'autre patient est en isolement dans l'attente des résultats des tests, a-t-il précisé.

UN AMÉRICAIN ET SA FAMILLE HOSPITALISÉS À BERLIN

La semaine dernière, un cas d'Ebola a été confirmé à Goma, capitale de la province voisine du Nord-Kivu, également contrôlée par le M23.

La famille d'un citoyen américain contaminé par le virus en RDC a par ailleurs été admise dans une unité d'isolement de l'hôpital berlinois où l'homme est soigné.

Le ministère allemand de la Santé, dans un communiqué publié jeudi, a précisé que l'épouse et les quatre enfants du patient - identifié comme un médecin missionnaire dont l'état est qualifié de stable - avaient été transportés en Allemagne par un vol spécial et qu'ils étaient considérés comme des cas contacts "à haut risque".

Le ministère n'a toutefois pas précisé si l'un des membres de la famille était infecté ou présentait des symptômes.

L'hôpital de la Charité de Berlin, où le patient est traité, a été choisi parce que l'Allemagne se trouve à 12 heures de vol de moins de la RDC que les États-Unis, a indiqué la Maison blanche, démentant une information du Washington Post selon laquelle elle aurait refusé son rapatriement aux États-Unis.

Le M23 a déclaré en début de semaine qu'il s'engageait à collaborer avec les partenaires internationaux pour endiguer l'épidémie.

La réponse à celle-ci est compliquée par la présence du virus dans des zones urbaines densément peuplées et par une violence armée généralisée dans l'est de la RDC.

"LE SOMMET D'UN ICEBERG"

Il n'existe aucun vaccin ni traitement approuvé contre la souche Bundibugyo du virus Ebola, dont le taux de létalité peut atteindre 40%.

Une épidémie de la souche Zaïre ayant sévi dans la région entre 2018 et 2020 a été la deuxième plus meurtrière jamais enregistrée, faisant près de 2.300 morts.

Les premiers intervenants disent cette fois manquer d'équipements de base, ce que certains attribuent à la réduction de l'aide des principaux donateurs internationaux.

Un responsable d'une coalition mondiale pour les vaccins a déclaré jeudi que les cas identifiés jusqu'à présent en RDC ne représentaient qu'une part infime des personnes contaminées et qu'il pourrait être difficile de développer un vaccin sûr et efficace dans le délai de trois mois que s'est fixé la coalition pour des épidémies de grande ampleur.

" J'ai décrit cette épidémie comme un iceberg : nous n'avons vu que le sommet, et ce sommet, à mesure que nous nous en approchons, est assez vaste ", a déclaré Jane Halton, présidente du conseil d'administration de la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI).

" Nous en sommes désormais à plusieurs centaines de cas et de décès, mais en réalité, les chiffres sont bien supérieurs à cela ", a-t-elle dit lors d'un point de presse organisé à Genève.

Signe de l'inquiétude grandissante suscitée par l'épidémie, l'Inde et l'Union africaine (UA) ont décidé de reporter un Sommet du Forum Inde-Afrique qui devait se tenir à New Delhi du 28 au 31 mai en raison de la " situation sanitaire en évolution" en Afrique, a annoncé jeudi le ministère indien des Affaires étrangères.

Le Royaume-Uni a pour sa part annoncé jeudi avoir alloué jusqu'à 20 millions de livres sterling (23 millions d'euros environ) de nouveaux fonds pour contribuer à contenir l'épidémie d'Ebola dans l'est de la RDC.

L'Agence britannique de sécurité sanitaire examine en outre les voies par lesquelles les voyageurs entrent au Royaume-Uni en provenance des pays touchés et elle a activé un programme visant à protéger et à surveiller la santé des personnes partant du Royaume-Uni pour travailler dans les zones touchées par l'épidémie.

(Avec Aaron Ross, Friederike Heine à Berlin, Emma Farge à Genève, Tanvi Mehta à New Delhi et Carlos Méndez à Mexico, version française Benjamin Mallet, édité par Benoit Van Overstraeten)

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