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Droits de douane : "Donald Trump a décidé d'imposer sa loi à l'ensemble de la planète", fustige Thierry Breton
information fournie par Boursorama avec Media Services 29/07/2025 à 09:59

Thierry Breton, l'ancien commissaire européen au marché intérieur, à Paris, le 13 juin 2025. ( AFP / THOMAS SAMSON )

Thierry Breton, l'ancien commissaire européen au marché intérieur, à Paris, le 13 juin 2025. ( AFP / THOMAS SAMSON )

"Nous avons subi, non pas un accord, mais des demandes", a fustigé Thierry Breton, l'ancien commissaire européen au marché intérieur, sur RTL ce mardi 29 juillet.

Deux jours après, l'annonce est toujours compliquée à digérer. Dimanche 27 juillet, le président américain Donald Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont conclu en Ecosse un accord douanier prévoyant que les produits européens exportés aux Etats-Unis soient taxés à 15%. Ce mardi, Thierry Breton, l'ancien commissaire européen au marché intérieur, se joint aux critiques. "C'est le président des États-Unis qui, désormais, a décidé d'imposer sa loi, sa vision des choses, en ce qui concerne le commerce international à l'ensemble de la planète", a-t-il fustigé sur RTL, évoquant un "jour historique".

"Nous avons donc, comme les autres, subi, encore une fois, non pas un accord, mais des demandes, l'imposition de ce qu'il souhaitait pour que nous puissions continuer à coopérer avec les États-Unis", a poursuivi Thierry Breton. "On voit très bien ce que les États-Unis ont, mais nous, on ne voit pas du tout ce que nous avons. Dans un deal, il y a un donnant-donnant, il y a un gagnant-gagnant. Mais qu'est-ce que nous gagnons, nous ? Nous ne gagnons rien !", a-t-il ajouté.

"Nous achetons près de 65 milliards uniquement aux États-Unis, il va falloir qu'on multiplie par 4"

Puis d'évoquer les termes de l'accord : "Nous avons l'obligation, je dis bien l'obligation, d'acheter pour 750 milliards de dollars de produits pétroliers. Nous avons l'obligation d'investir désormais, pour les trois ans qui viennent, pour 600 milliards d'investissements, en plus des 100 milliards que nous faisons aujourd'hui. Si nous allons nous engager pour 750 milliards sur 3 ans, ça fait 250 milliards par an. Aujourd'hui, nous achetons près de 65 milliards uniquement aux États-Unis. Donc il va falloir qu'on multiplie par 4 et ça veut dire que les engagements qui ont été pris par ailleurs avec d'autres fournisseurs, il va falloir les abandonner..."

"Pour pouvoir accepter de la part des États-Unis 15% de droits de douane pour pénétrer leur marché, il va falloir que nous respections un certain nombre d'éléments, et je ne sais pas aujourd'hui comment nous allons pouvoir les respecter, ni même comment la Commission peut s'engager au nom des entreprises pour ce faire", s'est également alarmé l'ancien commissaire européen au marché intérieur.

Un "jour sombre"

L'accord a provoqué de vives réactions. Le Premier ministre François Bayrou a évoqué un "jour sombre" pour l'Europe, qui "se résout à la soumission". Se projetant vers la suite, le ministre de l'Economie Eric Lombard a lui estimé que "cet accord n'est pas complet" et que "le travail continue". Car "l'accord n'est pas finalisé et nous veillerons à ce qu'il soit amélioré", a-t-il dit dans une interview à Libération. "Les discussions doivent se poursuivre pour les produits pharmaceutiques - on comprend que certains génériques seront exemptés -, sur l'acier, sur l'aluminium, sur les produits chimiques, sur les semi-conducteurs et sur les vins et les produits agricoles", précise-t-il.

"Il ne faudrait pas que cet accord soit la fin de l'histoire, auquel cas nous nous serions tout simplement juste affaiblis", avait estimé sur France Inter dès lundi matin le ministre français délégué au Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin. "Maintenant, il va y avoir une négociation technique" et "nous pouvons nous saisir de cette séquence pour nous renforcer", a-t-il ajouté.

19 commentaires

  • 05 août 11:35

    Il est vrai que le papier ne refuse pas l'encre ! En effet ce capitaine d'industrie qui a tout raté n'est pas crédible .


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