L'islamologue Tariq Ramadan s’exprime lors d’une conférence de presse le 30 septembre 2025 à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )
Une peine de 18 ans de réclusion criminelle a été requise mardi au procès pour viols de l'islamologue suisse Tariq Ramadan, jugé par défaut et à huis clos par la cour criminelle départementale de Paris pour des viols sur trois femmes, a indiqué une source judiciaire.
L'avocat général a aussi demandé un mandat d'arrêt à l'encontre de l'accusé qui ne s'est pas présenté à la justice française depuis l'ouverture de son procès, ainsi qu'une interdiction définitive du territoire français une fois sa peine purgée.
Le procès de M. Ramadan a débuté le 2 mars, mais il ne s'est pas présenté à l'audience. Ses avocats ont alors expliqué qu'il avait été hospitalisé deux jours auparavant à Genève, en Suisse, en raison selon eux d'une "poussée" de sclérose en plaques.
La présidente de la cour criminelle, Corinne Goetzmann, a dès lors ordonné une expertise médicale sur pièces à deux neurologues désignés pour évaluer son état de santé, afin de décider d'un renvoi ou non du procès à une date ultérieure.
Dans ce rapport, lu à l'audience par la magistrate le 6 mars, les experts ont conclu à la "stabilité de la sclérose en plaques" dont souffre l'islamologue depuis plusieurs années, "sans signe de poussée récente", et ont estimé qu'il pouvait donc comparaître devant la cour criminelle.
La présidente a alors rejeté la demande de renvoi du procès et décidé que l'accusé de 63 ans serait jugé par défaut, et à huis clos comme le demandait une partie civile. Elle a, par ailleurs, indiqué qu'un mandat d'arrêt, "à exécution et diffusion immédiate", était délivré à son encontre.
Ses quatre avocats ont quitté la salle d'audience, estimant qu'ils ne pouvaient défendre leur client dans cette "parodie de justice".
L'islamologue, déjà condamné par la justice helvète pour un viol sur une femme, est jugé à Paris pour des viols qui auraient été commis sur trois autres femmes entre 2009 et 2016, ce qu'il conteste: un viol aggravé, avec violences et sur personne vulnérable, commis sur "Christelle" (prénom d'emprunt) à Lyon en octobre 2009; un viol qui aurait eu lieu en 2012 à Paris sur Henda Ayari, une ex-salafiste devenue militante laïque qui avait déclenché l'affaire en portant plainte en octobre 2017; et un autre sur une troisième femme, remontant à 2016.

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