Dans un rapport remarqué, l'organisation a pointé l'ampleur sans commune mesure des aides publiques accordées par Pékin à des pans entiers de secteurs stratégiques. L'appareil d'Etat chinois assure lui respecter "scrupuleusement" les règles de l'OMC.
( AFP / PEDRO PARDO )
Accusée de fausser la concurrence, la Chine a affirmé mercredi 3 juin que le succès de ses entreprises reposait sur l'innovation et les économies d'échelle, rejetant les affirmations de l'OCDE selon lesquelles il viendrait d'énormes subventions publiques leur offrant un avantage déloyal.
Certains champions industriels de la deuxième économie mondiale ont conquis de grandes parts de marché à l'international, notamment dans les batteries, l'acier, les panneaux solaires ou l'automobile. Ces conquêtes ont profondément transformé l'économie mondiale ces dernières années.
Les détracteurs de la Chine l'accusent depuis longtemps d'apporter à ses entreprises une importante aide publique entraînant une concurrence déloyale sur les marchés étrangers.
Dans ce contexte, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), organisation internationale regroupant 38 pays, principalement développés, a publié lundi un rapport affirmant que les entreprises chinoises sont beaucoup plus subventionnées que leurs concurrentes.
Des aides de trois à huit fois supérieures
"La compétitivité des entreprises chinoises ne découle pas des subventions, mais de leur exposition à un marché hautement concurrentiel, de leur innovation technologique continue, de leur présence à l'échelle mondiale, ainsi que des avantages liés aux économies d'échelle offertes par un marché (chinois) de très grande taille", a réagi mercredi Mao Ning, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
"La politique chinoise de soutien à l'industrie repose sur des principes d'ouverture, d'équité et de conformité, et respecte scrupuleusement les règles de l'Organisation mondiale du commerce" (OMC), a-t-elle souligné lors d'un point presse régulier.
Entre 2005 et 2024, les entreprises chinoises auraient reçu en moyenne "un soutien public trois à huit fois plus important que celles basées" dans les pays membres de l'OCDE, selon cette organisation. Ce soutien se serait fait via des aides directes, des allègements fiscaux ou des prêts à des taux très avantageux, affirme une experte de l'OCDE.
L'organisation estime ainsi que "près de 60% des gains des parts de marché mondiales" des entreprises chinoises sur la période 2005-2024 "peuvent être expliqués par les aides publiques reçues". "A l'échelle mondiale, les politiques de soutien à l'industrie sont couramment utilisées par de nombreux pays", a déclaré Mao Ning, disant espérer que l'OCDE puisse "jouer un rôle constructif, et non l'inverse".
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