(Actualisé avec citations, détails aux paragraphes 7 et 10-14)
Le gouvernement de Papouasie-Nouvelle Guinée a ordonné mardi à des milliers d'habitants d'évacuer une zone se trouvant sur la trajectoire de possibles éboulements, alors qu'un glissement de terrain est "toujours actif" après avoir enseveli plus de 2.000 personnes selon les dernières estimations.
Les équipes de secours s'affairent depuis vendredi pour accéder à la province d'Enga, isolée dans le nord de l'île du Pacifique et difficile d'accès, bien que les autorités ont exprimé leur pessimisme quant à la possibilité de retrouver des rescapés.
Le terrain accidenté et les tensions locales dans cette région isolée obligeant les militaires à escorter les convois de secours et ralentissent l'acheminement du matériel lourd et de l'aide.
Des habitants ont dit fouiller la zone avec des pelles et à mains nues dans l'espoir de retrouver des survivants.
La zone du glissement de terrain est "très instable", a déclaré à Reuters le président de la commission pour les catastrophes naturelles de la province d'Enga.
"Nous entendons régulièrement de lourdes explosions (...) Des rochers et des débris continuent de tomber", a ajouté Sandis Tsaka. "Ce glissement de terrain est toujours actif.
Le personnel militaire a installé des postes de contrôle et aide les habitants à se rendre dans les centres d'évacuation, a-t-il précisé.
L'état d'urgence a été déclaré dans la région et celle voisine, qui compteraient au total jusqu'à 8.000 habitants. L'ordre d'évacuation ne concerne pas la totalité de ces habitants pour le moment, a indiqué Sandis Tsaka.
Selon les Nations unies, six corps ont été retrouvés jusqu'à présent et la population totale touchée, incluant les sinistrés nécessitant une évacuation ou une relocalisation, est estimée à 7.849 personnes.
Ce glissement de terrain s'avère être le plus dévastateur de ces dernières années en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où des catastrophes naturelles se produisent régulièrement.
Le gouvernement estime à plus de 2.000 le nombre de personnes ensevelies par le glissement de terrain qui s'est produit tôt vendredi, ce qui dépasse de loin les 670 victimes potentielles avancées par l'Onu ainsi que les chiffres bien inférieurs de certains responsables locaux.
UNE OPÉRATION DE SECOURS "COMPLIQUÉE"
Les opérations de secours s'avèrent extrêmement complexes, a déclaré Nicholas Booth, un responsable du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le terrain continuant à se déplacer.
Un conflit local persistant a rendu l'accès au site plus difficile pour les humanitaires, a-t-il ajouté. Huit personnes ont été tuées et 30 maisons incendiées lors de combats samedi.
Un total de 150 structures auraient été ensevelies par le glissement de terrain.
"La plupart des personnes restent piégées sous les décombres et il n'est pas possible à ce stade de faire une estimation fiable et vérifiée de manière scientifique", a déclaré Nicholas Booth ajoutant que le nombre de victimes sera très élevé.
(Renju Jose, Lewis Jackson et Jill Gralow à Sydney ; version française Jean Terzian et Dagmarah Mackos, édité par Kate Entringer)

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