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Des dizaines de pays appellent à une "IA sûre, digne de confiance et robuste" à l'issue du sommet en Inde
information fournie par AFP 21/02/2026 à 14:51

Le Premier ministre indien Narendra Modi (gauche) pose pour une photo de groupe avec des dirigeants d’entreprises d’IA, dont le PDG d’OpenAI Sam Altman (centre) et le PDG d’Anthropic Dario Amodei (droite), lors du sommet dédié à l'IA à New Delhi, le 19 février 2026. ( AFP / Ludovic MARIN )

Le Premier ministre indien Narendra Modi (gauche) pose pour une photo de groupe avec des dirigeants d’entreprises d’IA, dont le PDG d’OpenAI Sam Altman (centre) et le PDG d’Anthropic Dario Amodei (droite), lors du sommet dédié à l'IA à New Delhi, le 19 février 2026. ( AFP / Ludovic MARIN )

Des dizaines de pays, dont les États‑Unis et la Chine, ont appelé à une intelligence artificielle "sûre, digne de confiance et robuste", dans une déclaration commune dépourvue de véritables engagements, publiée samedi à l'issue du sommet sur l'IA à New Delhi.

"Promouvoir une IA sûre, digne de confiance et robuste est essentiel pour instaurer la confiance et maximiser les bénéfices sociaux et économiques", affirme le texte signé par 86 pays et deux organisations internationales.

Il ne comporte aucun engagement concret ni mesure astreignante et met en avant plusieurs initiatives volontaires et non contraignantes, notamment pour mutualiser les capacités de recherche en IA au niveau international.

"Nous pensons que le potentiel de l’IA ne se réalise pleinement que lorsque ses bénéfices sont partagés par l’ensemble de l’humanité", affirme la déclaration publiée à l’issue de ce sommet de cinq jours.

Elle était attendue vendredi, mais sa publication avait été repoussée à samedi afin d'avoir plus de 80 signataires, avait indiqué Ashwini Vaishnaw, le ministre indien des Technologies de l'information.

"Le fait que cette déclaration ait obtenu un soutien aussi large — en particulier de la part des Etats‑Unis, qui s’étaient abstenus à Paris — montre clairement quelles orientations elle défend: celles qui sont approuvées par l’industrie de l’IA, et non celles qui protègent réellement le public", a déclaré à l'AFP Amba Kak, codirectrice de l'institut américain AI Now.

- Engagements non négligeables -

" Alors que les inquiétudes quant aux conséquences de l’IA pour la société, en matière d’emploi, de santé mentale ou encore de d’empreinte (carbone) des centres de données — sont à leur comble, nous avions besoin de protections réellement contraignantes, et non d’une nouvelle série d’engagements volontaires et vagues émanant d’une industrie au bilan calamiteux en matière de respect de ses promesses", a‑t‑elle déploré.

De son côté, Stuart Russell, éminent chercheur en informatique, s'est montré plus optimiste, estimant que "les engagements pris ne sont pas complètement négligeables" et que "l’essentiel est qu’il y ait des engagements, tout simplement".

"J’espère que tous les pays pourront s’appuyer sur ces accords (... ) pour élaborer des textes de loi contraignants visant à protéger leurs populations, afin que le développement et le déploiement de l’IA puissent se poursuivre sans faire peser de risques inacceptables", a-t-il poursuivi.

La déclaration ne contient aucun garde-fou pour prévenir les dangers que peut représenter cette technologie tels que le déclenchement de pandémies, la propagation de la désinformation, des problèmes de sécurité nationale, ou le chômage de masse et aborde ces thèmes avec prudence.

"Approfondir notre compréhension des enjeux potentiels de sécurité liés à l’IA reste essentiel", se borne à souligner le texte.

Le Secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a confirmé le lancement d'une commission scientifique destinée à faire "du contrôle humain" de l'intelligence artificielle "une réalité technique" lors du sommet dédié à l'IA qui s'est achevé le 20 février 2026 à New Delhi ( AFP / Ludovic MARIN )

Le Secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a confirmé le lancement d'une commission scientifique destinée à faire "du contrôle humain" de l'intelligence artificielle "une réalité technique" lors du sommet dédié à l'IA qui s'est achevé le 20 février 2026 à New Delhi ( AFP / Ludovic MARIN )

Sur la question de l’emploi, il insiste sur les initiatives de reconversion afin de "soutenir les travailleurs dans leur préparation à une future économie portée par l’IA".

"Nous soulignons l’importance de développer des systèmes d’IA économes en énergie", compte tenu des immenses quantités d'électricité nécessaires pour les alimenter et d'eau utilisée pour refroidir les serveurs, ajoute la déclaration.

- Rendez-vous à Genève -

Les trois précédents sommets sur l'intelligence artificielle avaient abouti à un texte vague. Lors de l'édition de l'an dernier à Paris, les États-Unis n’avaient pas signé la déclaration commune à l'issue du sommet.

Le Premier ministre indien Narendra, le Président français Emmanuel Macron, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres et les plus grands patrons de la "tech", dont Sam Altman, d'Open AI, sont intervenus lors du sommet qui s'est ouvert jeudi.

Parmi les sujets brûlants figuraient les avantages sociétaux de la traduction multilingue par IA, les menaces pesant sur l'emploi et le problème de la consommation énergétique des centres de données.

Pendant les débats, deux façons différentes de gérer le développement de l’IA se sont opposées.

Antonio Guterres, a confirmé le lancement d'une commission scientifique destinée à faire "du contrôle humain" de l'IA "une réalité technique".

De leur côté, les États-Unis ont "totalement" rejeté vendredi toute gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle, par la voix de Michael Kratsios, conseiller de la Maison-Blanche aux sciences et technologies.

Le patron d’OpenAI, Sam Altman, avait, lui, appelé à un besoin urgent de régulation.

"On peut envisager que le monde ait besoin de quelque chose comme l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) pour assurer une coordination internationale en matière d'IA", a-t-il proposé.

Le "Sommet pour l'action sur l'IA" à New Delhi était le plus important sommet à ce jour, avec des dizaines de milliers de participants et visiteurs, et le premier à se tenir dans un pays en développement.

Le prochain se tiendra à Genève début 2027.

1 commentaire

  • 15:03

    Personne ne comprend rien aux ramifications de l'IA, mais c'est gros et ça va faire très mal. Quant à la réguler c'est soit la juguler, soit totalement illusoire.


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