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Des différends franco-américains pourraient contrarier la nomination de l'ambassadeur de France à Washington
information fournie par Reuters 29/07/2026 à 20:00
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Le diplomate français Aurélien Lechevallier participe à l'événement « Destination France » au château de Chantilly

Le diplomate français Aurélien Lechevallier participe à l'événement « Destination France » au château de Chantilly

Washington envisage de retarder, voire bloquer, la nomination du candidat choisi par le président ‌français Emmanuel Macron, Aurélien Lechevallier, au poste d'ambassadeur de France aux États-Unis en raison de différends sur la question des droits de l'homme, a appris Reuters auprès de quatre ​sources.

Si aucune décision n'a encore été prise, deux sources au fait de ce dossier ont fait état d'un accès de mauvaise humeur au sein de l'administration du président américain Donald Trump.

Paris espère installer son nouvel ambassadeur d'ici septembre, selon une source.

Un report ou un rejet du candidat pourrait exacerber les frictions entre les deux alliés dans un contexte de tensions ​transatlantiques notamment liées aux droits de douane imposés par Donald Trump et à la guerre russo-ukrainienne.

Emmanuel Macron souhaite nommer Aurélien Lechevallier - ex-conseiller à l'Élysée, ancien ambassadeur en Afrique du Sud et actuel directeur de cabinet du ministre des Affaires ​étrangères Jean-Noël Barrot - ambassadeur à Washington, l'un des postes les plus convoités du Quai d'Orsay.

Le ⁠processus pourrait être entravé par le mécontentement américain suscité par des propos tenus par la mission française auprès des Nations unies à Genève.

Dans un message publié ‌samedi sur le réseau X, cette dernière reproche à Washington de s'être joint à la Russie, à la Corée du Nord et à sept autres pays en votant contre la prolongation pour quatre ans du mandat de Volker Türk à la tête du Haut-Commissariat des Nations unies ​aux droits de l'homme.

Très critique sur la politique menée par Israël ‌à Gaza, l'Autrichien Volker Türk réclame par ailleurs des enquêtes sur des décès de migrants dans des centres de détention américains.

"Les ⁠États-Unis étaient autrefois un modèle en matière de droits de l'homme. Ce n'est plus le cas", a écrit la mission française en anglais. "Et le monde ne les écoute plus".

Une source a écarté l'idée d'une initiative isolée de la part d'un stagiaire, affirmant que ce message avait été validé.

Autre signe de tension : les représentants américains ont quitté la salle lundi ⁠au moment où la France prenait la ‌parole lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'Onu consacrée à l'Ukraine, accusant d'hypocrisie son allié de longue date.

"Les États-Unis sont très ⁠déçus par la rhétorique irresponsable et irrespectueuse des Français", a déclaré à Reuters un responsable du département d'État. "Nous réagissons de manière appropriée à leurs propos."

"DIALOGUE ÉTROIT AVEC LES ÉTATS-UNIS", DIT ‌PARIS

Interrogé par Reuters, une source diplomatique française a minimisé l'incident.

"Nous avons soutenu la reconduction du Haut-Commissaire, tout comme l'ensemble des pays membres de l'UE et ⁠une écrasante majorité des pays membres de l'Onu", a-t-elle dit. "Cela n'empêche pas un dialogue étroit avec les États-Unis. Les différences ⁠d'appréciation sur un vote ne remettent pas ‌en cause la qualité de notre relation ni notre capacité à travailler ensemble."

Avant ce dernier épisode, les Etats-Unis avaient peu goûté des critiques de Jean-Noël Barrot sur la politique américaine.

Début ​juillet par exemple, le chef de la diplomatie française a ainsi commenté sur X un programme ‌du département d'État prévoyant le financement de groupes luttant contre l'instrumentalisation du droit ("lawfare") et promouvant la "confiance en soi civilisationnelle" en Europe.

"Soyons clairs. La France et les Européens ne toléreront aucune tentative d’ingérence étrangère dans ​leurs processus électoraux, d'où qu'elle vienne", a écrit Jean-Noël Barrot.

Strictement encadrée, la procédure de nomination d'un ambassadeur à Washington est soumise à l'approbation du gouvernement américain. En France, un ambassadeur est nommé en Conseil des ministres par le président de la République, sur proposition du ministère des Affaires étrangères.

Certains détracteurs du chef de l'Etat français l'accusent de placer ⁠des fidèles à des postes clés afin de défendre son bilan et de prévenir une éventuelle arrivée au pouvoir du parti d'extrême droite Rassemblement national lors de l'élection présidentielle l'an prochain.

Au pouvoir depuis 2017, l'impopulaire Emmanuel Macron ne peut pas briguer un troisième mandat consécutif.

Ces derniers mois, il a nommé l'ancien secrétaire général de l'Elysée à la tête de la Banque de France après avoir placé son allié Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel et Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, l'institution chargée de certifier les comptes publics.

A la question de savoir si la nomination d'Arnaud Lechevallier s'inscrivait dans cette même logique, l'Élysée n'a fait aucun commentaire.

(Reportage Gabriel Stargardter, Humeyra Pamuk, Gram Slattery et Andrea ​Shalal, avec Elizabeth Pineau, édité par Benoit Van Overstraeten)

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