Des avions de combat Rafale sur porte-avions Charles de Gaulle en mer, au large d'Hyères, le 23 janvier 2020. ( POOL / PHILIPPE LOPEZ )
Le Conseil d'analyse économique (CAE) remarque qu'actuellement, "un tiers des équipements militaires européens est importé" et que "plus de la moitié des importations provient des États-Unis".
Objectif : faire surgir "les opportunités économiques offertes par le réarmement" européen actuel. Le Conseil d'analyse économique (CAE) appelle à un changement de politique en Europe. En effet, après trente ans de sous-investissement, les dépenses de défense de l'UE devraient atteindre en moyenne 2% du PIB en 2025, norme minimale historique de l'Otan, avec une cible désormais portée à 3,5% en 2035. "Les opportunités économiques offertes par le réarmement ne se concrétiseront pas d’elles-mêmes", observe la note présentée mercredi.
Le CAE, un organisme rattaché à Matignon, remarque qu'actuellement, "un tiers des équipements militaires européens est importé" et que "plus de la moitié des importations provient des États-Unis". La France est le deuxième exportateur mondial d'armement mais elle n'est que le troisième exportateur vers l'Europe derrière l'Allemagne. Les économistes du CAE remarquent que les types de systèmes d'armement majeurs sont cinq fois plus nombreux qu'aux Etats-Unis (98 contre 18, dont trois programmes d’avions multirôles contre un, sept modèles de chars contre un, neuf modèles d’obusiers contre deux et sept véhicules de combat d’infanterie contre deux).
Viser "35% d'achats en commun au sein de l'UE d'ici à 2030"
Cette fragmentation "empêche les économies d'échelle et alourdit les coûts de production et de maintenance", estime la note, qui souligne aussi un retard dans l'investissement en recherche et développement européen militaire : 13 milliards d'euros en 2024 soit environ un cinquième des 84 milliards de dollars des Etats-Unis en 2022. Dans ce contexte, elle recommande à la France d'instaurer "une commission indépendante, habilitée secret-défense et rattachée au ministère des Armées", pour "évaluer la performance des contrats d’armement et de maintenance", mais aussi "s'assurer du partage de la valeur au sein de la filière entre maîtres d’oeuvre, sous-traitants et nouveaux entrants", comme les drones, pour lesquels "la France n'a pas pris à temps le virage".
Pour "développer l'échelle européenne", le CAE estime qu'il faut "encourager la consolidation" du secteur pour les grands systèmes d’armes, et viser "35% d'achats en commun au sein de l'UE d'ici à 2030, en privilégiant les équipements européens". Il recommande aussi de "renforcer significativement la part de R&D dans les investissements de défense en doublant le budget du Fonds européen de défense", à au moins 3 milliards d'euros par an. Les auteurs soulignent enfin la difficulté qu'ils ont eue à obtenir des données dans le secteur militaire, plaidant pour "avoir accès à des outils" leur permettant de mieux évaluer cette politique publique.
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