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De LFI au RN, le classement extrêmement sensible des partis politiques
information fournie par AFP 09/02/2026 à 19:11

Dans un bureau de vote à Illkirch-Graffenstaden, pour les élections législatives, le 7 juillet 2024 ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

Dans un bureau de vote à Illkirch-Graffenstaden, pour les élections législatives, le 7 juillet 2024 ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

La décision - inédite - du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez de classer La France insoumise à "l'extrême gauche" de la classe politique relance l'épineux débat sur la classification des partis, pour laquelle les avis peuvent diverger entre Beauvau, le Conseil d'Etat et les médias.

La manoeuvre se voulait subtile. Une circulaire en date du 2 février, adressée aux préfets, détaillant les "nuances" attribuables aux formations politiques dans les communes de plus de 3.500 habitants, en vue des élections municipales des 15 et 22 mars.

Au détour d'un tableau, cette nouveauté: dans le "regroupement" par "blocs de clivages" (utilisé pour la synthèse des résultats), la France insoumise est désormais classée, pour la première fois, à l'extrême gauche. Au même titre que Lutte ouvrière (LO) ou le Nouveau parti anticapitaliste (NPA).

Inacceptable pour les Insoumis, Jean-Luc Mélenchon en tête dénonçant un "trucage" digne d'une "république bananière", son lieutenant Manuel Bompard faisant valoir une "volonté d'arriver au pouvoir par les urnes" à LFI contrairement à d'autres formations d'extrême gauche qui "considèrent les élections comme une tribune".

Ce qui n'empêche pas LFI d'entretenir des liens privilégiés avec le Parti ouvrier indépendant (POI), d'extrême gauche, dont les locaux parisiens accueillent régulièrement des conférences de M. Mélenchon - lui-même ancien membre trotskiste de l'Organisation communiste internationale.

Dans l'attente d'un recours devant le Conseil d'Etat, annoncé par le tribun et ses troupes, le ministre de l'Intérieur a encore défendu lundi sur BFMTV son "nuançage" censé "rendre les résultats électoraux plus lisibles" grâce un découpage en "six blocs" basé sur "un faisceau d'indices".

La France insoumise, mouvement connu pour sa forme ultra radicale et son style empreint du "bruit et de la fureur" théorisé par Jean-Luc Mélenchon, se voit requalifiée en raison de sa "remise en cause très forte de l'autorité judiciaire" et ses "accusations systématiques" contre "la police (qui) tue", preuves pour M. Nuñez d'une "évolution vers une forme de radicalité" avec "des appels à la désobéissance civile".

"On ne truque pas les étiquettes politiques", a insisté le locataire de Beauvau, assumant de reclasser une organisation qui "s'éloigne un peu de nos valeurs universalistes républicaines en donnant la primauté aux aspects communautaires (et) identitaires".

"Classer à l'+extrême gauche+ une formation politique qui assume son opposition au pouvoir, sa critique des alliés du gouvernement et de ses relais médiatiques, c'est un raisonnement d'extrême droite", a taclé en retour le député et cadre insoumis Paul Vannier.

- "Comme une insulte" -

Dimanche, Sébastien Chenu s'est plu à qualifier la formation mélenchoniste de "parti passionnément antisémite". Citant le philosophe Raphaël Enthoven, qui avait eu gain de cause en justice sur la possibilité de le caractériser ainsi, le vice-président du Rassemblement national s'est par ailleurs félicité de cette nouvelle appellation officielle "extrême" attribuée à ses adversaires.

"LFI répond aux critères de ce qu'est l'extrême gauche, c'est-à-dire un parti violent, anticapitaliste (et) pas démocrate", a insisté le député du Nord, tout en récusant le qualificatif d'extrême droite pour son propre parti qui a "démontré (son) parfait républicanisme" et a entrepris depuis des années de dédiaboliser son image.

Pourtant le RN, qui avait contesté pour "excès de pouvoir" son classement dans ce "bloc de clivage" à l'occasion des dernières sénatoriales en 2023, avait été débouté par le Conseil d'Etat qui n'y avait décelé ni atteinte au "principe de sincérité du scrutin" ni "erreur manifeste d'appréciation".

Et avait confirmé que LFI et le Parti communiste français pouvaient bien être rangés dans le bloc "gauche".

Pas de quoi stopper un Jordan Bardella qui se définit comme "patriote" et martèle cet adjectif, comme samedi pour ouvrir la porte à des "listes d'union (...) au cas par cas" face au "danger de voir l'extrême gauche s'emparer d'un certain nombre de municipalités".

Longtemps isolé dans son combat, le parti à la flamme est aujourd'hui rejoint par d'autres figures, comme Sarah Knafo, candidate à la mairie de Paris et eurodéputée Reconquête, qui "prend comme une insulte" cette étiquette d'extrême droite qui la "blesse".

Plusieurs logiques s'affrontent également dans la presse, entre certains quotidiens qui continuent de désigner le RN, Reconquête et leurs alliés par ce vocable, et d'autres qui ont opté pour des qualificatifs moins contestés comme "nationaliste".

2 commentaires

  • 19:19

    LFI qui joue a la vierge effarouché... LOL !


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