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Danemark et Groenland face à Vance pour une réunion à fort enjeu à la Maison blanche
information fournie par Reuters 14/01/2026 à 14:16

Le vice-président américain JD Vance visite la base spatiale militaire américaine de Pituffik au Groenland

Le vice-président américain JD Vance visite la base spatiale militaire américaine de Pituffik au Groenland

par Jacob Gronholt-Pedersen et Tom Little et Gwladys Fouche

Les ministres des Affaires étrangères danois et groenlandais doivent rencontrer le vice-président américain JD Vance à la Maison blanche mercredi, alors que Donald Trump affirme depuis des semaines ses visées sur le Groenland, un territoire autonome du Royaume du Danemark.

Le président américain fait valoir que ‍l'île, située stratégiquement et riche en minerais, est vitale pour la sécurité des États-Unis et que ces derniers devraient en être propriétaires pour empêcher la Russie ou la Chine de l'occuper.

"L'Otan devient bien plus redoutable et efficace avec le Groenland entre les mains des ÉTATS-UNIS. Tout ce qui est en deçà est inacceptable", a-t-il écrit mercredi sur son réseau Truth Social avant la réunion à la Maison blanche.

Le Groenland et le Danemark, ‌auquel des pays de l'Union européenne (UE) ont apporté leur soutien ces derniers jours, disent quant à eux que l'île n'est pas à vendre, que les menaces de recours à la force sont irresponsables et que les préoccupations en matière de sécurité doivent être traitées entre alliés.

Le ministre danois des Affaires étrangères Lars Lokke Rasmussen et son homologue groenlandaise Vivian Motzfeldt devraient s'entretiendront avec JD Vance et ​d'autres responsables américains, dont le secrétaire d'État Marco Rubio, lors d'une réunion prévue à partir de 15h30 GMT.

"L'objectif final est de trouver une forme d'arrangement ou de conclure un accord (...), ou au moins ⁠de calmer suffisamment la rhétorique de Donald Trump", a déclaré à Reuters Andreas Osthagen, directeur de recherche à l'Institut Fridtjof Nansen, basé à Oslo.

Selon Noa Redington, analyste et ancien conseiller politique de l'ex-Première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt, le Danemark et le Groenland craignent que leurs ministres des Affaires étrangères subissent le même traitement que le président ukrainien ⁠Volodimir Zelensky, publiquement humilié en février 2025 lors d'une rencontre avec Donald Trump et ‍JD Vance à la Maison blanche.

"Il s'agit de la réunion la plus importante de l'histoire moderne du Groenland", a-t-il déclaré à Reuters.

TRUMP "NE SAIT RIEN" ⁠DU PREMIER MINISTRE GROENLANDAIS

Les dirigeants groenlandais semblent avoir changé d'approche dans leur gestion de la crise diplomatique, mettant désormais l'accent sur l'unité avec le Danemark après avoir insisté sur le droit de l'île à l'autodétermination.

"Ce n'est pas le moment de jouer avec notre droit à l'autodétermination alors qu'un autre pays parle de nous annexer", a déclaré le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen lors d'un entretien au quotidien Sermitsiaq publié mercredi.

"Cela ne veut pas ​dire que nous ne voulons rien pour l'avenir. Mais ici et maintenant, nous faisons partie du royaume, et nous sommes aux côtés du royaume. C'est crucial dans cette situation grave", a-t-il ajouté.

Dans un communiqué publié mardi par l'ambassadeur du Danemark aux États-Unis, Vivian Motzfeldt a envoyé le même message : "Nous choisissons le Groenland que nous connaissons aujourd'hui, qui fait partie du Royaume du Danemark."

Interrogé par les journalistes, Donald Trump a rejeté mardi les précédentes ⁠déclarations de Jens-Frederik Nielsen indiquant que le Groenland resterait partie intégrante du Danemark s'il devait faire le choix d'une appartenance au royaume scandinave ou aux Etats-Unis.

"C'est leur problème. Je ne suis ​pas d'accord avec eux. Je ne sais pas qui il est. Je ne sais rien de lui, mais cela va être un gros problème ​pour lui", a déclaré Donald Trump.

Les responsables de la ​Maison blanche ont discuté de divers plans visant à placer le Groenland sous le contrôle des États-Unis, y compris avec un recours potentiel à l'armée américaine et le versement de sommes forfaitaires aux Groenlandais pour les ​convaincre.

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a déclaré que la phase la plus délicate du différend sur l'avenir du Groenland ⁠entre les deux pays, alliés au sein de l'Otan, pourrait être à venir.

"ON NE PEUT PAS ACHETER UN AUTRE PEUPLE"

"Il ne s'agit pas seulement du Groenland ou du royaume, il s'agit du fait qu'on ne peut pas changer les frontières par la force, qu'on ne peut pas acheter un autre peuple et que les petits pays ne devraient pas avoir à craindre les grands pays", a-t-elle déclaré mardi.

Le Danemark et le Groenland avaient initialement demandé à rencontrer Marco Rubio dans l'espoir d'une discussion entre diplomates de haut niveau pour résoudre la crise.

Mais Lars Lokke Rasmussen a déclaré que JD Vance avait également souhaité participer à la réunion et que le vice-président l'organiserait lui-même ‌à la Maison blanche.

Mercredi, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré que le Groenland pouvait compter sur le soutien de l'UE. "Nous respectons les souhaits et les intérêts des Groenlandais, et ils peuvent compter sur nous", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Le président français Emmanuel Macron a pour sa part assuré que Paris ne sous-estimait pas les déclarations relatives au Groenland.

"Si la souveraineté d'un pays européen et allié était touchée, les conséquences en cascade seraient inédites", a-t-il dit, selon des propos rapportés par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. "La France suit la situation avec la plus grande attention et inscrira son action en pleine solidarité avec le Danemark et sa souveraineté."

(Reportage Jacob Gronholt-Pedersen à Nuuk, Tom Little et Stine Jacobsen à Copenhague, Terje Solsvik et Gwladys Fouche à Oslo, avec Jan Strupczweski à Bruxelles et Jean-Stéphane Brosse à Paris, ‌version française Benjamin Mallet, édité par Augustin Turpin et Kate Entringer)

5 commentaires

  • 14 janvier 12:55

    De toute façon on pavoise pour ou contre c’ est pas le problème mais plutôt le déclin économique de l’ Europe toute entière.


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