par Vincent Daheron
ORCIÈRES-MERLETTE, Hautes-Alpes, 23 juillet (Reuters) - L 'Alpe d'Huez sera le théâtre vendredi et samedi de deux arrivées successives à son sommet, au terme d'un éprouvant triptyque alpestre, où le classement général du Tour de France pourrait évoluer jusqu'à la veille de la dernière étape dimanche à Paris.
Quatre ans après la précédente arrivée à l'Alpe d'Huez, lors d'une étape remportée par le Britannique Tom Pidcock, les organisateurs ont frappé fort pour le retour de la course dans la station iséroise.
"Deux arrivées à l'Alpe d'Huez, sur deux versants. Certains sont assez friands de ce genre de défis, donc je pense qu'on va assister à une bagarre entre les costauds du classement général", a déclaré Gilles Maignan, responsable sportif de l'organisation.
La 19e étape, vendredi, sera assez courte avec 127,9 km au départ de Gap (Hautes-Alpes). L'arrivée sera jugée à l'Alpe d'Huez après le passage par l'ascension classique et ses fameux 21 virages (13,8 km à 8,1% de pente moyenne).
"Demain, on peut assister à une montée sèche avec les principaux favoris du classement général sur une montée iconique", a prédit jeudi Julien Jurdie, le directeur sportif de l'équipe Decathlon CMA CGM de Paul Seixas, quatrième du général.
Et samedi, les coureurs feront face à "un gros morceau", selon Gilles Maignan : 170,9 km au départ du Bourg-d'Oisans (Isère) avec 5.450 m de dénivelé positif et quatre ascensions répertoriées, dont trois hors catégories.
"Il y a la volonté d'avoir ce qui est sans doute la plus rude étape de montagne de l'histoire du Tour à la veille de l'arrivée finale", annonçait Christian Prudhomme, le patron du Tour, lors de la présentation du parcours en octobre dernier.
"Quel que soit le maillot jaune à 48 heures de l'arrivée finale, quelle que soit son avance, on ne pourra pas dire qu'il a gagné", avait-il ajouté.
ACCÈS À L'ALPE D'HUEZ FERMÉ AUX VÉHICULES
Alors qu'ils partiront au pied de la station, les coureurs iront chercher le col de la Croix de Fer (24 km à 5,2%), le col du Télégraphe (11,9 km à 7,1%), le col du Galibier (17,7 km à 6,9%) puis l'Alpe d'Huez via le col de Sarenne (12,8 km à 7,3%), inédit dans le sens de la montée.
"C'est un enchaînement d'ascensions mythiques, que des cols qui ont fait l'histoire du Tour de France", a résumé Gilles Maignan.
Pour Julien Jurdie, cette étape est "assez affolante au niveau des statistiques en termes de dénivelé et de cols".
Tadej Pogacar, quadruple vainqueur de la Grande Boucle, est particulièrement attendu dans l'un des rares lieux mythiques du cyclisme qu'il n'a pas encore conquis.
"Les étapes sont tellement dures que ce sera obligatoirement une explication entre les meilleurs", a estimé Mauro Gianetti, son directeur sportif chez UAE Team Emirates-XRG.
"On espère bien que Tadej (Pogacar) puisse essayer de jouer la gagne sur l'Alpe d'Huez. Parce que c'est important pour le classement général, parce que c'est l'Alpe d'Huez, parce que c'est le Tour."
Quatrième du classement général à 20 secondes de la troisième place détenue par le Mexicain Isaac del Toro (UAE Team Emirates-XRG), Paul Seixas va découvrir le mythe.
"Ce sont les jambes qui vont parler", a déclaré jeudi le prodige tricolore de 19 ans. "C'est incroyable, j'espère surtout ne pas tomber dans la montée parce que je pense qu'il va y avoir beaucoup de spectateurs".
L'affluence promet effectivement d'être folle dans l'Alpe d'Huez, à tel point que la préfète de l'Isère a fermé jeudi, à partir de 14 heures, l'accès à la station aux véhicules dans le sens de la montée, et ce jusqu'à dimanche minuit.
(Reportage de Vincent Daheron à Orcières-Merlette)

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