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Cyclisme/Tour de France-Lenny Martinez se prend au jeu du général
information fournie par Reuters 13/07/2026 à 18:17

par Vincent Daheron

Lenny Martinez vit un Tour de France 2026 bien différent de l'an passé : alors qu'il comptait déjà plus de neuf minutes de retard sur les favoris après la première étape pourtant relativement plate en 2025, le Français de 23 ans pointe cette année à la huitième place du classement général après neuf jours de course.

"C'est très bon", a-t-il répondu lundi à Reuters au sujet du bilan de sa première semaine. "L'an dernier, dès la première étape, j'étais très loin. Donc il fallait passer les premiers pièges du Tour. Je suis plutôt content, ça a beaucoup changé par rapport à l'an passé."

Jouer le classement général n'était pourtant pas un objectif prioritaire pour le grimpeur de poche au départ de son troisième Tour de France.

"De base, c'était vraiment le maillot à pois (de meilleur grimpeur) et les étapes. Pour l'instant, c'est un peu toujours le cas", explique-t-il depuis l'hôtel de son équipe Bahrain-Victorious lors de la première journée de repos. "Pour l'instant, on est un peu entre deux chaises : le maillot à pois, ce n'est pas fini et le général, je suis encore dans le match."

Huitième du général à quatre minutes et 21 secondes du maillot jaune Tadej Pogacar (UAE Team Emirates-XRG), Lenny Martinez est à 54 secondes de la troisième place actuellement détenue par le Mexicain Isaac del Toro (UAE Team Emirates-XRG). Il compte surtout cinq minutes et neuf secondes d'avance sur la 11e place, rendant complètement plausible l'éventualité d'un premier top 10 au général sur un grand tour.

"C'est ça le problème. Quand j'ai vu ça, je me suis dit que ce serait bête de les perdre bêtement et c'est un avantage à ne pas négliger", a-t-il souri.

Car les favoris du Tour de France ne laissent jamais s'échapper un coureur dangereux au classement général et jouer une victoire, à la pédale, face à ces mêmes coureurs relève presque de la mission impossible.

"Ça se trouve, il y a un jour qui ne va pas aller et je vais basculer sur les points ou une victoire d'étape, mais c'est bien d'avoir les deux choix pour l'instant", estime-t-il.

Formidable scoreur, en témoignent ses 11 victoires professionnelles, dont quatre au niveau World Tour (la première division mondiale), le Tricolore a rarement réussi à tenir le coup sur des courses par étapes. Un jour sans passait souvent par là, particulièrement dans les courses de trois semaines.

Mais cette année, le fils de Miguel Martinez, champion olympique de VTT en 2000, se plaît à jouer le classement général. Cinquième de Paris-Nice, avec une victoire d'étape devant le double vainqueur du Tour Jonas Vingegaard (Visma-Lease a bike), deuxième du Tour de Catalogne et troisième du Tour de Romandie : il a clairement passé un cap.

"Avant, je ne voyais pas trop l'intérêt, mais depuis cette année, j'ai vraiment appris à aimer le général", reconnaît-il. "Depuis Paris-Nice, et maintenant sur le Tour, je commence à bien aimer, car tous les jours on a un objectif et je trouve que le Tour avance plus vite."

De là à sacrifier l'émotion si unique d'une victoire, de surcroît sur la plus grande course cycliste du monde ?

"Le niveau est incroyable pour faire un top 10 au général cette année, donc si je fais top 10, je suis content", assure-t-il. "Et ça ferait un gros cap de passé par rapport à l'an dernier."

Il faudra pour cela résister dès mardi lors de la 10e étape, 166,6 km et 3.800 m de dénivelé positif entre Aurillac (Cantal) et Le Lioran (Cantal).

(Reportage de Vincent Daheron à Capdenac-Gare, édité par Benoit Van Overstraeten)

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